Une grande rêveuse

Louisianne : une grande rêveuse

samedi 04 juillet

Pierrick

Vous vous souvenez de Pierrick ?  Cours de rattrapage ici.

C'était l'été dernier. J'étais avec Camomille et Martine à la messe à PetiteColline, ce qui n'arrive que deux fois par an, quand je ne sèche pas la messe de minuit.

A la sortie nous voyons Mme B, la maman de Pierrick qui a l'age de ma mère. Nous nous parlons comme chaque été, et elle dit à Martine : "vous avez de la chance d'avoir des enfants en bonne santé... il va un peu mieux, mais il a encore des traitements".

Martine répond, Camomille et moi pensons qu'elle parle de son mari et prenons un air compatissant sans dire quoi que ce soit de peur de faire des gaffes.

Puis une fois seule avec Martine, nous lui posons des questions. Elle nous apprend que Pierrick a eu un cancer de l'estomac et qu'elle le sait depuis Pâques. Ma sœur et moi lui passons un savon "tu aurais pu nous en parler, imagine si on avait rencontré Mme B ou Pierrick, nous aurions l'air maligne".

Martine nous répond que ça l'avait choqué et qu'elle n'en avait pas parlé. Ce qui est faux bien entendu. Martine peut répéter dix fois la même chose, et oublier l'important. Elle n'a même pas l'excuse de l'age vu qu'elle a toujours été comme ça.

Je suis furieuse ! Je lui demande comment elle l'a su à Pâques, elle dit qu'elle a vu Mme B. J'ai une mémoire d'éléphant, c'est faux, elle a du l'apprendre par nos voisins agés, quand je l'ai emmené boire le café.

Martine s'en prend plein la figure par ses deux filles. Mais avec sa mauvaise foi habituelle, elle continue à dire qu'elle n'a rien dit parce que ça la choquait donc qu'elle n'a pas parlé, alors qu'elle est incapable de tenir sa langue, surtout pour une chose aussi grave. Martine est prise en flagrant délit de son incapacité à écouter les autres. Donc à retenir ce qu'ils disent !

Puis je l'abandonne et je pleure seule dans la rue, je rejoins Athéna au café du centre et je lui raconte ce que je viens d'apprendre. Les souvenirs reviennent, même si Pierrick m'a déçue car depuis nos mariages respectifs, quand je le croise ça se limite "Ca va bien et les enfants ils vont bien ?", il n'empêche qu'il reste l'ami connu à 18 ans avec qui j'ai tant de souvenirs !

Quelques jours passent, c'est le 14 juillet. Athéna et moi, nous avons décidé d'aller écouter le fanfare et le discours du maire de PetiteColline, à condition d'être attablée à la terasse du café !

En arrivant sur la place je tombe sur Pierrick. Athéna très discrète file faire une course. Pierrick me dit aussitôt qu'il va mieux, heureusement que j'ai appris quelque jours plus tôt pourquoi sinon j'aurais fait une super gaffe. Il me parle, j'écoute, il s'est arrêté de travailler un an, a vécu la joie des rayons et des hopitaux, me parle de sa femme et ses enfants. Il a les cheveux très courts, forcément. Il dit que pour lui mourir ce n'est pas grave, c'est pour ses enfants que ce serait dramatique. Je lui dis arrête tes conneries, et je caresse sa joue. Puis Athéna revient et nous nous quittons.
Athéna me dit : je voulais te laisser, je savais que tu voudrais lui parler. Je la remercie son intuition et de sa discrétion. Puis nous allons au café. Plus tard Athéna verra le fils de Pierrick qui a beaucoup maigri. Surement que ça marque cruellement une famille, ce genre d'épreuve.

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vendredi 03 juillet

La tuile

panne

Dans la côte de Meudon, ceux qui pensent que le bassin parisien est plat je les invite, ma voiture se met à brouter et un message apparait "défaut catalyseur". Quelle galère ces voitures électroniques avec leurs messages bizarres.

Je fais taire les filles, j'éteins la musique. Et je prie pour arriver quand même chez moi. Même si l'assistance de l'assurance c'est bien, je m'en passe pour ce soir !

J'arrive quand même chez moi. Et je n'arrive pas à trouver le sommeil ! Ca ne pouvait pas tomber plus mal ! D'abord je suis censée réviser à la maison et je sais comme le temps file et comme on perd du temps dans ce genre de démarches ! Je vais voir le garagiste, dans 10 minutes, je suis de retour à la maison... Ça c'est la théorie, la pratique c'est que devant vous il y a un client qui n'en finit pas de discuter et de payer, que quand c'est votre tour le téléphone sonne et le garagiste répond, puis qu'il en a pour vingt bonnes minutes à s'occuper de votre cas.

Dur quand on regarde sa montre tout en culpabilisant de n'être pas au boulot ! D'autant que je n'ai aucun mal à me laisser distraire par moi même !

Tiens c'est l'occasion d'appeler Mandarine jamais joignable du bureau, et puis tiens un café en passant, tiens un poil de sourcil qui dépasse, où est ma pince à épiler, et mon vernis qui s'écaille. Inutile de détailler, le télé travail ce n'est pas pour moi, je serais incapable de tenir en place à mon bureau !

Et si il n'y avait que la perte de temps ! Il y a aussi mon week-end, prévu depuis novembre, et j'y tiens ! Je sais que ma copine n'a pas sa voiture, il est prévu que j'aille la chercher et elle m'a dit en profiter pour mettre la sienne au garage. Servane n'a qu'une petite voiture, Camomille prêterait bien la sienne seulement si elle demande à son mari, et Cédric vient de s'en acheter une neuve, je ne lui demanderai même pas, j'aurai trop peur de l'accidenter même si ça ne m'est jamais arrivé.

Le lendemain je me lève à l'aube, pour être à 8 h chez le garagiste. Incroyable ma voiture a l'air de rouler normalement. Plus de message bizarre, plus de perte d'accélération.

J'explique donc mon cas au garagiste qui me dit qu'il est débordé bien entendu. Que le catalyseur ça peut être cher et qu'il faut commander les pièces. Mais que si je n'ai plus de message bizarre, le mieux est de rouler au moins 1/2 heure, pour voir ce que ça donne. Et il me donne un rendez vous lointain.

Je n'ai pas vraiment envie de rouler, encore une heure de perdue facilement, sans compter que si je tombe ne panne, je fais quoi ? Je me fais remorquer jusque chez mon garagiste débordé qui n'a pas d'endroit où stocker ma voiture ?

J'appelle mon frère. Après m'avoir dit qu'il ne peut pas me prêter sa voiture, me demander pourquoi je n'y vais pas en train

Parce que je vais  sur une ile ! Sur place je fais quoi ? Du roller ? Sans compter que les billets de train à la dernière minute, c'est hors de prix. Il me dit d'y aller en train et de louer une voiture sur place, je lui dis qu'à choisir, je la loue chez moi et je pars avec. Et lui aussi me dit de rouler 1/2 heure pour tester la voiture, génial !

Bon quand il faut y aller. Je prends ma voiture à une heure calme (heureusement que je ne travaille pas finalement) et je roule. Tout va bien, je mets la musique à fond, trop beau, je vais pouvoir partir avec ma voiture ! C'est limité à 110, mais sur autoroute je roulerai plus vite, je tente un essai, j'appuie...

C'était trop beau, de nouveau message et de nouveau "broutage". Paniquée à l'idée de ne pas rentrer chez moi, je ralentis, je fais demi tour. Au bout de 2 kilomètres d'allure modérée, elle roule de nouveau normalement. Trop risqué. Impossible de partir avant.

Je rentre saine et sauve. Il y a un loueur de voiture à côté de chez moi. Ce serait l'idéal, car sinon je devrais demander à Athéna de m'emmener chercher la voiture au centre commercial et de idem pour le retour.

Ils ouvrent à 15 h ces fainéants. Bon sang ma ville fait vraiment ville de province entre midi et deux ! Et avec tous ces allers et retour, j'ai abandonné mes révisions !

Coup de chance, le loueur a une clio disponible tout de suite. Et bien entendu tout cela prend une bonne demi heure. Je n'en peux plus ! Néanmoins je suis contente, je me dépêche d'aller faire quelques courses avec. Mon week-end est sauvé !

Il me reste à trouver mes marques, où puis je mettre la petite bouteille qui a une place près du frein à main dans la mienne ? Je prépare mes CD, j'accroche mon GPS. La voiture, c'est ma deuxième maison, j'aime bien qu'il y ait tout ce qu'il faut, y compris un stock de mouchoirs en papier !

Et voilà, le samedi matin je pars chercher ma copine sorcière avec sa valise diabolique, persuadée que je viens avec ma break ! Mais pas de problèmes, la valise tient dans le coffre !

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jeudi 02 juillet

Les stars chez le coiffeur

cheveux

Athéna et Artémis ont décidé de se faire mettre des extensions dans les cheveux. En effet elles ont fait des massacres en voulant faire des coupes maison. Pas trop grave les cheveux ça repousse.

Enfin c'est ce que je croyais, que nenni, je n'avais rien compris ! Les cheveux ça ne repousse pas, il faut faire poser des extensions !

Les voilà donc à faire des devis, à prendre un rendez vous chez un coiffeur. C'est très long 4 heures chacune, et il est surbooké en ce moment, mais il propose un rendez vous  vers 18 h, le soir à Paris, et si il n'y a plus de train, elles m'appelleront.

Et bien entendu ça dure trop longtemps et je dois aller les chercher.

Le GPS me fait quelques blagues, il y a un  monde fou à la Place de la Concorde, mais je finis par me garer devant le salon de coiffure. De loin c'est à peine si je reconnais mes filles avec leurs cheveux blonds pour l'une, bruns pour l'autre jusqu'à la taille. Le coiffeur vient me parler à la fenêtre, me dit que je suis une maman formidable, et me montre mes filles :

- voyez le résultat, elles sont magnifiques, pas de problèmes elles reviendront pour le service après vente (ah bon !).

Un deuxième coiffeur accompagne mes filles, leur fait la bise, et me dit "la prochaine fois c'est vous"

Je ris, non sans façons, les miens poussent trop vite, ils ont plutôt besoin d'un coup de ciseaux et payer une fortune pour me faire coller des cheveux qui poussent tout seul, on verra ça plus tard.

Trois coiffeurs viennent faire la bise aux deux stars, ils s'échangent leurs numéros de portable et patin couffin.

Dans la voiture les filles n'arrêtent pas de parler de leurs cheveux, usent le miroir de courtoisie, fouillent dans mon sac à la recherche d'un autre miroir puis racontent leur succès, moi je plaisais à Pedro, toi à Marco.

C'est jeudi.. Samedi matin je pars en week-end. J'ai fait changé mes pneus et mes freins.

Hélas c'est là que les ennuis commencent.

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mercredi 01 juillet

Sensations d'été

arbre

2 h du matin, arrivée à la maison. L'arrivée n'est pas la même que les autres, même si je ne suis pas encore en vacances, c'est l'été et j'ouvre la maison pour deux mois. C'est toujours une grande satisfaction, un sorte de grand départ, c'est parti pour l'été, cette fois c'est la bonne.

Et puis une autre satisfaction beaucoup plus terre à terre, c'est que je range pour longtemps les volets qui se vissent, les portes, les barres, que ce n'est pas demain la veille que je vais ressortir les tournevis, les pinces, les vis (quoique on ne sait jamais).

L'herbe est tondue, et déjà jaune, des paquets de paille volent un peu partout, le nouveau jardinier n'est pas super soigneux, il trouve que nous ne le payons pas assez, on ne le fait venir qu'une fois, alors que pour lui, il faudrait au moins 3 tontes, mais la taille du terrain est inversement proportionnelle à celle de nos portefeuilles. 

Comme toujours je vais allumer le compteur dans le noir, puis ouvrir la maison. Martine et Jolinette se couchent en haut, je descends dans ma chambre, pas encore accessible de l'extérieur.

J'ai l'impression que c'est la première fois depuis des siècles que je suis seule pour la première nuit. Mes filles ne sont pas là, d'habitude je leur dis "allez vite, faites vos lits et on dort". Elles ne se rappellent plus où sont leurs draps et couvertures, elles sont surexcités et n'ont pas envie de dormir, normal c'est moi qui conduit, et puis elles retrouvent des souvenirs partout, des affiches des bals de village, des photos de l'an dernier, les signatures des copains sur les montants du lit superposés. Du coup nous discutons jusqu'à 4 heures du matin.

Mais pas cette fois ci. Je peine à trouver le sommeil, je pense à la longue journée que j'ai vécu, les yeux fixés sur les poutres. J'ai du mal à croire que ce matin je passais un oral de concours dont je revis encore chaque moment et que cette nuit je dors à la Sauvageonne.

La sensation de nostalgie d'été s'accentue le matin. Il fait très beau, le soleil entre par la fenêtre. La photo de Gaël me sourit sur l'armoire. Puis je vais à la cave, où un cubi de bière vide me rappelle notre dernière escapade aux trois brasseurs, avec les filles, Alex et Gaël. Je fais le tour de la maison, la piscine encore fermée, les granges où quelques bouchons de canettes de bière trainent encore.

Les souvenirs de fêtes en même temps que cette angoisse, cette peur que tout s'arrête, qu'un jour je me retrouver seule dans cette grande maison...

Une fois de plus... Oui car tout ça je l'ai déjà vécu. Le temps des fêtes, des amis, et un jour mes soeurs et mon frère et mes amis,  envolés vers un mariage heureux ou non, et moi malheureuse en ménage, amoureuse de mes filles, mais n'en souffrant pas moins de solitude.

La vie est faite de deuil et j'ai toujours la sensation que je vais être abandonnée comme une petite fille au bord de la route, tandis que les autres traceront la route. Que suis je sinon une petite fille ?

Vers 10 h, je parle à Gaël, il est à GrandeVilleduSud. Je le savais, bien sûr, d'habitude il est là le jour même de mon arrivée. Un jour aussi je regretterais de ne plus voir sa voiture monter le colline.

Ça ne va pas tarder d'ailleurs vu qu'on va lui retirer son permis, ça évitera les courses poursuites !

Il me dit qu'on se verra peut être dimanche, qu'il ne sait pas quand il rentre.

Plus tard je parle à mes filles. Elles me bombardent de questions, presque jalouses de ne pas être avec moi.

Je me dis que j'ai encore quelques belles années devant moi !

Et puis la journée commence. J'ouvre les portes, les volets, les fenêtres, avec Jolinette dans mes jambes qui me demande : "tu n'en as pas marre de faire ça, pourquoi c'est toujours toi".

Au bout que 4 fois je lui dis que personne n'a envie de le faire, mais que ça m'est égal. J'aime la Sauvageonne, et je ne supporte pas de la voir fermée.

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mardi 30 juin

Journée intense

femme_court

Vendredi donc c'était l'oral.

Et j'avais tant de choses en tête, que j'étais pressée que ça se termine, j'avais même trois livres que je n'avais pas ouvert, tellement j'étais plongée dans mes révisions.

Je déteste avoir un emploi du temps de ministre, mais là  j'étais débordée. J'avais pris deux ou trois rendez vous chez l'esthéticienne avant le vacances, pour faire toutes ces choses urgentes avant les vacances (Rv pris avant de savoir que je devais réviser bien sûr) mes filles m'ont poussée à aller quand même dévaliser Sépassa, où pour la première fois nous avons eu un sac entier d'échantillons.

Et pour couronner le tout, ma voiture était au garage, je raconterai la panne plus loin.

Le garagiste était débordé et ne pouvait me la prendre que le 25, comme je ne savais pas si c'était grave ou non, je n'étais pas sure de pouvoir partir avec. Nous étions résolues à prendre la voiture d'Athéna, plus petite, moins confortable... et sans musique !

En tout cas, jeudi aucune nouvelle du garagiste ce qui n'était pas bon signe ! J'en avais aussi profité pour faire réparer des petites choses, remises sans cesse au lendemain, faute de sous : mes deux rétros, ma vitre chauffeur capricieuse, mes ampoules (fini le bon temps où on changeait ses phares soi même) bref, le garagiste, tout comme d'autres en ce moment, est ravi de me voir arriver !

Vendredi matin après mon oral, c'est la course. Je dois vite faire quelques courses pour le voyage et pour Artémis qui reste à la maison. Rentrer assez vite pour manger avec Athéna. Elle n'a qu'une heure pour manger et comme je lui emprunte sa voiture, je vais l'accompagner à sa boite.

Le midi je la saoule en lui racontant mon oral, elle rit comme une folle. Puis je l'accompagne à son travail, et je file à la Fennec, aussi impatiente qu'une enfant le jour de Noël.

Et oui avec tout ça, le concours arrivé si vite, je n'ai pas eu le temps de dépenser (enfin si un peu) de m'acheter tout ce qui me fait rêver depuis si longtemps. Enfin si j'aurais eu le temps, mais je savais que si je le faisais, j'aurais abandonné mes fiches et me révisions pour jouer avec mes nouveaux jouets.!

A la Fennec j'arrive avec mes fiches (oui encore des fiches) de mes choix imprimés sur le site. Au rayon des PC je tombe d'abord sur un incompétent qui ne comprend rien à mes fiches, et me montre des PC "qui y ressemblent". Mais ça n'a rien à voir, dis-je, il m'envoie vers un autre vendeur qui va vérifier sur sa "bécane" comme il dit.

Le vendeur est content de me voir arriver. Pour l'utra portable, c'est ultra rapide, il est dispo. Puis le portable pour Artémis, et le portable pour moi. Discussion technique, et ça et ça, et je veux ça, et mes filles se moqueraient de moi et me traiteraient de Geekette si elles étaient là. Le vendeur me rajoute avec ça un chou fleur et des carottes (une garantie, un pack en solde). Et c'est parti !

C'est lourd tout ça jusqu'à la voiture ! Je regard l'heure, anxieuse, à 17 h je dois retourner chercher Athéna.

Trois PC à mettre en route, c'est sur j'aime ça, mais je n'en avais jamais fait plus de deux en même temps !

Des cartons partout, des notices qui ne disent rien et ne servent à rien, des étiquettes qui m'agacent et ne se décollent pas !

Avantage, je suis dans le jardin, plus agréable. Je commence par celui d'Artémis, le mien peut attendre, je ne l'emmène pas. Vers 16 h alors que j'ai fini celui d'Artémis et commencé le mien, coup de fil du garagiste : ma voiture est prête, il croit que je travaille met me dit de venir à 19h, non non tout de suite, c'est mieux.

Vite tout rentrer dans la maison, tout fermer. Le garagiste est bavard, il ne me lâche pas comme ça, il a des conseils à me donner pour une révision, des sous encore, payer toujours payer, nous sommes des robots juste bon à payer !

Vite je file chercher Athéna. Je la dépose à la maison, et je repars chercher Martine et Jolinette. Martine est en retard, comme d'habitude chaque fois que je viens la chercher pour partir en vacances !
Artémis est chez sa grand mère, elle a fini son stage, et ne va pas prendre le train pour rentrer alors que je viens en voiture !

Puis retour à la maison où Athéna finit son sac. Elle veut attendre Alex qui doit passer lui dire au revoir. Nous mangeons des sandwiches dans le jardin, tandis que hyper stressée comme à chaque départ, je distribue des ordres : rangez la vaisselle, éteignez la télé, débranchez moi ces fers à friser, c'est quoi ce bazar, c'est pire que d'habitude et d'habitude c'est déjà pas terrible !

Artémis ceci, Athéna cela, Martine arrête de me poser des questions, quoi le code ? Artémis ne le passe qu'en septembre, je te l'ai déjà dit, ce n'est pas le moment de me saouler !

Mais comme il faut attendre Alex, je laisse à Martine la vaisselle et la cuisine, et je monte m'amuser  à finir d'installer mon PC ! L'ultra portable je l'emmènerai dans son carton pour m'amuser dans le Sud. 

Quand Alex arrive je lui montre tous mes achats, il rit en disant que je suis mieux équipé que lui. Athéna n'aime pas que je parle informatique avec son Jules, samedi il doit aller m'acheter deux disques durs externes.

Puis enfin nous partons. La voiture enfin !  Finalement, conduire ça va me reposer !
Nous disons au revoir à Artémis. Alex nous accompagne dehors, dit au revoir à Athéna qui ne veut pas le lâcher.

Une fois assise à côté de moi, Athéna soupire  :

- j'ai pas envie, le voyage c'est long ! Tu m'en veux si je ne viens pas ?
- descends et vite !
- tu es sure ?
- oui !
Toute contente, elle saute de la voiture, appelle Alex qui est au coin de la rue : fais demi tour !
Puis nous dit au revoir, Alex revient et me dit "souvent femme varie ! ça ne te gêne pas de conduire seule ?"

Et dire qu'il fallait attendre Alex pour lui dire aurevoir avant de partir !

Ouf c'est parti. Jolinette va parler tout le voyage, Martine va ronfler comme un sonneur, mais ça va mieux, le stress est passé !

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dimanche 28 juin

Orgueil, Narcissisme

mere_fillette

La modestie est une qualité qui ne sert à rien. Si si c'est de moi !

Attention ne pas tout mélanger ! L'humilité, elle, est nécessaire, mais la modestie, surtout qu'elle est bien souvent fausse, je n'en veux pas dans mon catalogue de qualités !

L'orgueil est utile. L'orgeuil j'en ai. Point trop n'en faut bien sur.

Mais sans orgueil nous nous ferions piétiner, mépriser, rabaisser. L'estime de soi est primordiale.

Des années durant, des religieuses ont répété à Martine, pensionnaire que se regarder dans le miroir était péché d'orgueil.

Ridicule, quand on sait qu'on ne peut pas aimer les autres si on ne s'aime pas soi même. Moi j'ai passé mon temps à lui dire :

- arrête de t'effacer, arrête de te cacher derrière ton mari, ou tes enfants !

Et Martine n'est pas un cas dramatique : heureusement elle a toujours exigé le respect de ses enfants, et n'aurait jamais été jusqu'à se faire piétiner. Il n'empêche qu'elle est trop modeste, trop timorée.

Il fut un temps aussi où on disait "ne dites pas aux enfants qu'ils sont beaux, vous allez les rendre prétentieux !"

Ridicule ! Françoise Dolto a prouvé que les enfants "narcissisés" étaient mieux dans leur peau. Et ce ne sont pas les parents qui pourraient rendre prétentieux les enfants, mais plus tard leurs conquêtes, si ils ne savent pas faire la part des choses.

Je répète cent fois par jour à mes jours à mes filles qu'elles sont belles, et il y a encore des imbécilles pour me dire que j'ai tort.

Un souvenir me revient. C'était à l'anniversaire de mariage de Camomille et de Luc.

En fin de soirée, nous étions les seuls sur la piste, Artémis et Athéna dansait avec ses cousines Coralie et Manuréva. Je parlais avec ma belle soeur Marianne. Puis Artémis et Athéna a s'approche de nous, et Marianne leur dit qu'elles ont de la chance :

- quand je vous vois danser, quand je vous vois bien dans votre peau, je me dis que c'est grace à Louisianne. Vous avez eu la chance d'avoir des compliments, d'être narcissisée. C'est sur Louisianne, elle a bien su le faire !

Puis tandis que mes filles ne savent pas trop quoi dire, Marianne se met à pleurer :

- moi je n'ai pas eu cette chance.

Je la console, mes filles aussi. Bien sûr elle avait un peu bu, raison de ce coup de blues sans doute.

Plus tard, comme Cédric n'était pas très frais non plus, bien qu'ils n'habitent pas loin, Marianne me demande de prendre ses filles dans ma voiture, vu que je suis la seule à marcher droit, et je les dépose devant chez elles.

Le lendemain mon frère m'a appelée, il avait vu sa femme pleurer de loin mais ne savait pas pourquoi.

Mais j'ai bien retenu cette histoire. Et je ne suis pas très étonnée, connaissant les parents de Marianne.

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vendredi 26 juin

Souvenirs de blogs

femme_rire_pc

Le blog c'est tout ce qu'on a déjà dit...

Mais c'est aussi pour moi des supers souvenirs de fous-rires !

Premier souvenir :

C'était à la Toussaint, j'étais dans le Sud avec Artémis dans la maison de vacances mal chauffée. Nous étions à PetitevilleduSud où j'ai déposé Artémis et sa copine à la gare, elles partaient s'amuser à GrandeVilleduSud.

Une longue soirée froide et solitaire m'attendait, et à part me réfugier sous la couette, et regarder un film sur mon PC, je n'avais rien à faire. Je vais donc passer une heure au chaud au cyber café, voir mes blogs préférés.

Je vais sur le blog de Ceucidit qui ne poste plus, voir la réponse à un de mes commentaires. Et là sa réponse me fait hurler de rire, un fou rire contrôlé car je ne suis pas seule, mais ça m'a vraiment réchauffée au propre et au figuré !

Deuxième souvenir :

Un jour où la sorcière nous donne le lien d'une gamine blogueuse Skytruc qui a copié ses articles. Donc bien sûr tout le monde va y jeter un œil et y va de son petit commentaire chez la sorcière. Cela énerve la gamine qui n'ose commenter chez la sorcière, mais nous insulte dans ses billets et les change toute la journée.

Nous finissons à trois ou quatre par faire "forum" dans les commentaires du billet, Calpurnia n'est même pas là pour en profiter, elle ne peut pas bloguer au boulot.!

Jusqu'au soir, ça dure.! Je me revois encore à 22 h, le PC sur les genoux, pliée de rire en lisant les blagues de Marcus, sous l'œil consterné de mes filles.!

Troisième souvenir :

Là c'est Denis qui avait publié sur son blog, un lien vers un autre blog, recensant des textes érotiques douteux avec des commentaires hilarants. C'était aussi le soir, où j'essayais de regarder une série en même temps, que je n'ai pas pu suivre, je hurlais de rire, j'en pleurais, je m'étouffais.!

Les autres souvenirs : il y en a plein, parfois c'est juste une phrase dans un billet qui me pleurer de rire, parfois un billet tout entier. Parfois un commentaire chez moi ou chez les autres.

Voilà mes souvenirs de fous rires.!

Bonus : c'est aujourd'hui que je passe l'oral, et ce soir que, soulagée, je prends la route pour emmener Martine, le chat, la tortue pour deux mois,Athéna. Athéna  et moi nous revenons. Artémis ne partira que le week-end prochain avec moi.

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jeudi 25 juin

La relation aux autres

femmes_cartes

Je ne crois pas trop au coup de foudre, à part quand j'avais quinze ans et que la seule chose qui me venait en voyant un être du sexe opposé c'était :

- Waouw il est trop Booooooooooooo !

Mais on évolue (un peu) et je me rends compte en regardant mon CV sentimental, que finalement je ne tombe amoureuse que de quelqu'un que je connaissais déjà, au moins un peu.

Une des raisons à laquelle je n'avais jamais réfléchi, mais qui me paraît évidente aujourd'hui est la suivante :
j'ai besoin de savoir comment se comporte mon futur amoureux en société.

Comment est il en public, comment se comporte il quand on le présente à des inconnus, comment est-il dans un groupe.?

Raison pour laquelle un speed-dating me ferait fuir et tant mieux.!

Ma copine Bérangère, qui n'est pas la seule dans ce cas, m'a fait réaliser l'importance de la relation aux autres, sans le vouloir.

Bérangère, je ne la vois qu'au travail, je l'ai rencontrée en stage, et nous "cantinons" régulièrement ensemble.

On se raconte nos histoires de filles, de boulot, nos chefs, nos familles, nos enfants etc.

Il y a pourtant un truc qui me choque régulièrement, bien que l'on ait pratiquement jamais l'occasion de parler toutes les deux à une tierce personne, c'est sa relation aux autres.
Je m'explique : quand je discute avec elle, je discute. Je ne dirais pas que je me fiche de l'environnement, mais presque.

Et souvent je remarque le regard assassin qu'elle jette à la femme qui a bousculé sa chaise en passant, ou à celle qui parle trop fort à notre droite. Je me dis que si on venait à lui adresser la parole, elle mordrait peut-être, non ?

Je suis probablement une trop grande rêveuse, mais à moins qu'une même personne me bouscule trois fois de suite, me mette un couteau sous la gorge, ou me vole mon sac, je ne m'offusque pas.! Je m'offusque d'autant moins que je passe un bon moment.! Je pourrais m'énerver si j'étais seule et que mon avion a 10 h de retard.!

Il y a des choses plus grave que ça dans la vie, non ?

Bérangère n'est pas la seule dans ce cas. Il y a celle qui fait des réflexions haut et fort pour un oui ou pour un non, qui prend mal le petit mot gentil du serveur, voire qui anticipe l'agression. Exemple ma sœur Camomille, un jour où nous étions dans une file d'attente, devant une cabine téléphonique, (avant les portables bien sûr) Camomille me voyant trop cool, me dit :

- fais attention à ne pas te faire doubler.! Les filles derrière nous ont des têtes à vouloir nous gruger.!

Vous allez surement dire que je triche parce que j'aime les hommes, mais je trouve qu'ils sont beaucoup moins casse pieds dans ces cas là.! Ils se souviennent surement pas de la tête de leurs voisins de table au resto,  mais au moins il ne lui ont pas jeté un regard assassin.!

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mercredi 24 juin

Pouvoir magique

sorciere

Vous avez déjà rêvé d'avoir un pouvoir magique ?

Moi oui de nombreuses fois.!

Non surtout pas lire dans les pensées, ça doit être atroce, à part pour deviner le numéro de la CB que vous vous apprêtez à voler, mais sinon, entendre les pensées de votre jules ou de votre meilleure amie, le jour où vous les saoulez, bof !

Le don d'ubiquité : Ah ça oui.! Une au travail, une à la maison, plus jamais de courses contre la montre, plus de retard dans les rendez-vous, et plus de choix à faire entre la communion de mon neveu et le week-end au soleil.

La téléportation : mon rêve aussi.! Fini les temps d'attente dans les gares, fini le métro. À 8 h 55 je suis devant ma porte, à 9 h 00 tapante au bureau, et le soir idem. Une petite soirée sur une plage d'Ibiza pour décompresser, pas de soucis, c'est comme si c'était fait. À bien y réfléchir à quoi bon payer un loyer ? Je squatte une chambre au Ritz, et je disparais le matin.!

Être invisible : ça aussi ça doit être rigolo.! Combiné aux autres encore mieux. Ouh la la je vais en apprendre des choses intéressantes.!

Il y a en a d'autres, plus classique, qui me tentent moins : les visions, le pouvoir de faire apparaître des choses, (des billets de banque à la rigueur, mais avec tous mes dons précédents, est ce bien nécessaire ?).

Transformer sa belle mère en crapaud, ou la rendre muette pour un soir, c'est vrai que ça pourrait être sympa, mais je laisse ça à la sorcière.!

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mardi 23 juin

L'amour sans fin (fin)

femme_brune_reve

Pourtant j'ai l'impression de ne pas avoir tué tous mes démons. Même si l'histoire s'éloigne. Quand Martine en parle, je lui dis "ça fait 40, 41" facile à trouver les chiffres, c'est mon âge.

Et puis vient le jour où Eugène quitte ce monde.

Cette fois le passé est bien mort. La tombe grise est reléguée loin, loin.... Merci Lucien de m'avoir donné la vie.

Ma détresse, mon chagrin d'orpheline, mes souvenirs d'enfance, mon passé, ils sont là dans cette tombe rose.
C'est là que je vais me recueillir, c'est là que repose mon père, le seul que j'ai connu, le seul que j'ai aimé.

Le secret pourtant était encore solide, et c'est dommage, je trouve.

Un dimanche en famille où nous regardions des photos, Chris, mon filleul, 15 ans environ, tombe sur une photo de moi bronzée :

- ma parole, ce que tu es noire.! On dirait une black.!

- Normal" lui dit Artémis, elle est réunionnaise.

Il rit presque : "pourquoi elle et pas les autres ?"

Je le regard étonnée : "tu ne sais pas ?".

Non il ne sait pas. Les filles lui explique. Il est tout tremblant, troublé. Je le console presque :

- ça ne change rien, tu sais.! C'était mon papa, et le grand père des filles.!

Je me suis dit que c'était dommage, pourquoi de tels tabous ? Pourquoi devait il apprendre tout ça après la mort de son grand père bien aimé ?

Pourtant ce n'est pas leur histoire, à mon avis ce n'est pas non plus celle de mes filles, ou alors de très loin.

Quand aux autres enfants de Camomille ils ne sauront probablement jamais, je pense que les enfants de Servane ne le savent pas non plus, seul Cédric en a parlé à ses filles.

Maintenant c'est loin tout ça. Mes différences, je les connais, je les aime. Quelque part je suis créole, je me définis souvent aussi comme une bohème organisée.

Et ce n'est pas un hasard si je me sens plus chez moi, si un jour j'ai trouvé mes racines, dans le Sud, quand mes parents ont commencé à y aller en vacances en 1965. J'avais trouvé mes racines, dans un coin de France dont je ne suis pas originaire.

Je ne ressemblerai jamais complètement à mes sœurs et mon frère, mais aujourd'hui je me dis que si je suis rebelle alors qu'ils sont plutôt moutons, c'est que c'est comme ça, c'est mon caractère.

Je ne vis plus avec eux, je ne suis plus obligée d'expliquer l'été pourquoi je bronze. Et quand je rencontre des personnes nouvelles, vu que Eugène n'est plus de ce monde, si je ne ressemble pas à Martine c'est que je ressemble peut être à l'absent.

J'avais une propension à me poser des questions, un goût pour l'introversion. Mais j'ai fait mon chemin seule. J'en suis sortie plus forte. J'ai une envie de vivre qui ne s'éteint pas, un appétit de tout connaître, surtout les gens.

Aujourd'hui quand Martine m'envoie des petits piques, ça me laisse de marbre, je le prends même avec humour :

- tu aimes bien dire des méchancetés à ta fille.!

Martine a toujours été très possessive, très intrusive, et son amour excessif peut parfois basculer dans une haine surprenante. Si ça lui fait du bien.! Pourtant je reste sa préférée, la plus disponible, la plus facile à vivre, malgré les petits agacements.!

Un jour début avril, Martine me dit  : ça fait 50 ans que Lucien est mort.!

- tu y penses encore.?
- ça ne s'oublie pas ces choses là.!

Lucien avait promis à Martine de lui envoyer un homme bien. Il avait tenu promesse. Les rêves à messages, les miens et ceux de Martine avaient cessé. Et pourtant pour les 50 ans de sa mort, Martine m'a raconté un rêve troublant :

Martine est dans sa rue, elle sort de chez elle, et elle tient par le main une petite fille brune.

Elle voit Lucien qui hésite devant une porte cochère,  qui cherche son chemin, elle lui dit :

- mais que fais-tu là ?

- C’est Eugène qui m’a dit de venir te voir, pour voir si tu allais bien.!

- mais tu te trompes de numéro, j’habite au 36.!

Et puis tout à coup, Martine hésite, elle se dit qu’elle va l’emmener dans une maison qu’il ne connaît pas, qui n’est pas la sienne.

Elle lui dit :

- tu sais ça fait très longtemps que tu es parti.! J’ai refait ma vie…

Il lui dit : “ non rien a changé, ne t’en fais pas.! ”

Il prend l’autre main de la petite fille brune et ils marchent tous les trois.

FIN

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lundi 22 juin

L'amour sans fin (partie 10)

femme_brune

Nous arrivions à être fâchés sans l'être durant cette période. Nous ne sommes pas du genre à ne pas nous voir pendant dix ans. Quelques cris, des portes qui claquent et il y en a toujours un pour rappeler l'autre.

Eugène et Martine dormaient toujours dans le lit acheté par Lucien et Martine. Ce lit je l'avais cassé en sautant dessus, plus jeune. Non pas si jeune, 20 ans.!

Vu qu'Eugène est bricoleur, il avait réparé le montant cassé.

Durant cette période difficile, un soir le lit se re-casse.

Eugène s'écrit : Louisianne nous en veut, voilà que le lit se casse.!

Je raconte cette anecdote à Laurent, et il me dit :

- c'est le lit dans lequel tu as été conçue.!

Je tombe des nues ! Bon sang mais c'est bien sur.!

Je l'ai dit Laurent a du talent pour la psychologie.

J'avais 40 ans et j'ai emmené mes filles en vacances sur la côte d'Azur. J'ai présenté mes deux filles à ma tante Liliane et mon oncle Colin. Ils ne les avaient vu que petites.

Liliane me montra des photos. Elle avait réuni dans un album, son frère Lucien, les photos de moi et celles de mes filles. Puis j'en vis de très vieilles que je n'avais jamais vues.

Lucien tout jeune sur des patins à roulettes. Puis je vois étonnée une photo de Lucien qui tient par les épaules une Martine un peu gauche.

Je réalise que pour la première fois à 40 ans, je vois une photo de mon vrai père et de ma mère ensemble.

Cela aussi je l'ai raconté à Laurent. Il m'a dit "c'est génial, tu vas faire un grand pas en avant".

Un jour, à la maison de campagne, je regardais Eugène bricoler une vieille gazinière. Eugène a toujours des choses bizarres de bric et de broc qu'il sort d'on ne sait où.
Je lui demande :

- d'où ça vient, ça ?

- c'était celle que ton père et ta mère avaient chez eux.

Je ris :

- tu es bizarre, toi papa.!

Je me dis que Eugène est tellement généreux que si ça se trouve, il aime mon père biologique.

Le temps passe. Je sors de ma crise. Je commence à vivre enfin. J'ai l'impression de n'avoir jamais vraiment vécu avant, j'étais une luronne contrariée.

Je soigne mon cœur blessé, Laurent m'aime, mais pas comme je le voudrais. Pourtant je sais que je ne l'ai pas rencontré par hasard, lui aussi a des problèmes à régler, lui aussi a besoin de moi.

Je passe des années à vivre pour moi, à écrire, à apprendre qui je suis, ce que je veux, où je vais. Je vis aussi pour mes filles. Je panse mes plaies.

Je pardonne à ma tribu.C'était plus long à faire qu'à écrire.

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dimanche 21 juin

L'amour sans fin (partie 9)

deux_femmes

Avec mon père, le pardon a été rapide. Il m'avait toujours profondément aimée, et il a vite compris son erreur de jugement sur Benjamin.

Pour mon frère et ma sœur, les choses ont été plus dures. Je pouvais comprendre que des gens de la génération de mes parents soient contre le divorce, mais pas eux. Après un été épique avec moultes engueulades, je lui ai pris tous les deux en face à face pour que l'on s'explique. Pas trop de problèmes avec Cédric, nous en avons même reparlé des années plus tard. Il s'en est voulu de n'avoir pas tendu une main.

Camomille s'est montré d'une mauvaise foi incroyable,  mais elle avait toujours été jalouse à l'instar de beaucoup de sœurs.

Je me suis promis de ne jamais être comme eux, de ne jamais me venger. Au contraire d'ouvrir ma porte et mes bras le jour où ça irait mal pour eux.

Durant cette difficile période, je n'avais que Laurent. Lui avait appris ma décision de divorce avant tout le monde, il m'en voulait un peu de ne pas lui en avoir parlé mais pas tant que ça.

C'est sur son épaule que je venais pleurer, raconter ce que me faisait ma tribu. Lui qui admirait ma famille, qui nous comparait à "la petite maison dans la prairie" tombait des nues. Mon ami a été d'une patience d'ange, très intuitif et merveilleux. Je suis tombée folle amoureuse de lui ce qui n'a pas altéré notre relation. Malgré nos nombreuses disputes, bien qu'il veuille garder le rôle d'ami et pas moi, il ne m'a jamais envoyée balader. Pour lui c'était à moi de décider si c'était trop dur de le voir ou non. Il avait compris contrairement aux autres que j'étais en pleine crise.

J'ai vécu alors une longue crise. Peu importe son nom, qu'elle soit d'adolescence, de la quarantaine ou autre, toutes les crises se ressemblent.

Je rejetais mes parents, leurs valeurs. Je sentais à quel point, enfant timide et introvertie, j'avais été phagocytée, combien ma mère surtout avait pensé à ma place.

Je voyais tout ce qui ne se voyait pas, derrière la façade. Je voyais que cette famille de bons vivants, unis, n'en vivait pas moins en autarcie, que même si ils étaient accueillants, je n'avais jamais pu ouvrir mes ailes découvrir le monde et les gens.

Cédric m'a dit un jour que nos parents ne nous avait pas appris à être attentif aux autres, ce qui était vrai.

C'est pour ça que j'ai toujours voulu envoyer mes filles en colonie, ou dans des centres de vacances, je ne voulais qu'elle ne connaissent que la famille, que les vacances en famille.

Durant la période où Martine comptait encore me faire changer d'avis, elle m'avait emmené faire un long tour dans les champs. Je pensais qu'elle allait me parler de mon divorce, mais pas du tout.

Elle m'a raconté sa vie, sa jeunesse. Elle m'a parlé de Lucien et m'a dit des tas de choses qu'elles ne m'avaient jamais dites.

Puis elle m'a enfin parlé de son blocage. Elle m'a expliqué que son blocage avait pris fin à la naissance d'Athéna.
Le fameux rêve il n'est pas tout à fait mort il reste quelque chose...

Ce quelque chose qu'elle ne voyait pas.! Non pas qu'elle ne voyait pas sa fille, mais elle ne voyait pas Lucien comme mon père, mais comme un jeune homme, mort beaucoup trop jeune.

Et le jour où Athéna est née, ce fameux déclic dans ma tête, elle a compris qu'il n'était pas tout à fait mort, son vœu s'était réalisé : il avait une descendance.

C'est amusant de penser que je suis une fille. Un garçon c'est différent, il n'aurait pas porté dans son ventre la descendance de Lucien, tout comme mes filles porteront peut être dans leur ventre, la descendance de Lucien.

Je n'ose imaginer ce que serait devenue Martine si je n'avais pas eu d'enfant.

Un jour elle m'a donné le livre "Le voile noir" avec un petit mot me demandant de lui pardonner de ne pas m'avoir parlé du passé, en me disant qu'il n'y avait pas d'explication logique à cela.

J'ai pleuré et je lui ai pardonné.

Même si durant cette période tout le monde avait voulu me rendre responsable. Ma mère qui m'en voulait d'avoir choisi le nom de Eugène qu'elle s'était battu pour avoir. Eugène qui m'en voulait de ne pas être sa fille biologique (un comble) et qui était un peu jaloux du passé de ma mère.

Quelquefois je me demandais même si mes parents, inconsciemment sans doute, ne m'avaient pas mise devant un choix impossible, sans que je ne le réalise vraiment. Choisir un nom, c'était choisir entre deux.

Et j'ai eu vraiment l'impression que mes parents règlaient leurs comptes "sur ma tête". Tous ces non dits qu'ils ne s'étaient jamais dits.

Mon frère et ma sœur pour des raisons obscures, la jalousie sans doute, de la place à part que j'occupais. Place pourtant pas si enviable que ça.

D'ailleurs après ma crise, tous ont fait une crise. Une amie avait été étonné de l'influence que ma décision avait eu sur ma tribu. Famille idéale et fusionnelle, diraient les psys à qui je n'ai rien demandé.

Avec les années j'ai trouvé des circonstances atténuantes à Martine qui n'avait jamais été écoutée, qui aurait tellement eu besoin que quelqu'un prenne le temps, thérapeute ou ami. Tout comme j'ai pardonné à mes sœurs et mon frère, et cesser de vouloir les analyser. C'était leur problème, pas le mien.

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samedi 20 juin

L'amour sans fin (partie 8)

crise

La vie ne se déroule pas toujours comme on l'aurait voulu. C'est ainsi qu'après moult débat intérieurs, moultes souffrances cachées, je décide de divorcer. Athéna a 7 ans, Artémis 5 ans.

J'avais choisi de ne pas en parler à ma tribu. Ce sont des gens très bien, mais très bavard, inutile de dire "garde le secret". J'aurais surement eu droit à une conférence un dimanche pour tenter d'en savoir plus ou tenter de me faire changer d'avis, Martine restant très à cheval sur la religion, et sûrement qu'un petit malin, tout en gardant le secret, aurait tenté de donner de bons conseils à Benjamin qui ne voyait pas sa femme partie dans ses rêves depuis longtemps. Et qui ne voyait rien venir.

Je mets donc la tribu devant le fait accompli, c'est comme ça et c'est tout.

C'était  ma première décision d'adulte et je ne le savais pas. La première fois que je faisais quelque chose qui ne plaisait pas à mes parents.

La réaction ne se fit pas attendre. Au lieu du soutien attendu, des questions attendues : "mais tu souffres, mais tu étais malheureuse et tu ne le disais pas ?"

Je n'eus droit qu'à des jugements, des leçons de morale, Eugène qui aimait bien mon mari, refusa de me parler plusieurs jours, ne voyant que les conséquences pour lui. Perdre son bras droit, son gendre préféré.

Martine me fit mille discours bien pensant, axés sur la religion, je lui raccrochais au nez. Ou alors elle me reprochait de vouloir faire le malheur de mes filles, même quand je lui expliquais que c'était tout le contraire :

Je préfèrais être une mère seule et épanouie, qu'une épouse malheureuse pleurant depuis 5 ans en cachette.!

Même Cédric et Camomille se montraient furieux d'avoir "une sœur divorcée" et ne prirent jamais ma défense lors des clash familiaux.

La seule à avoir un comportement normal fut Servane, ma petite soeur. Sans doute parce qu'avec 10 ans d'écart, on évite la rivalité. Elle n'aimait plus Benjamin depuis longtemps, elle ouvrit les yeux à mon père sur certains comportement que mon mari avait avec moi. Et quand mon père disait "moi je", elle lui répondait :

- Quoi moi je ? Tu penses à Louisianne ? Tu ne te demandes pas pourquoi elle prend cette décision ?

Il y eut quelque scènes épiques, comme celle où Martine voulut venir un soir me faire la morale, Eugène se trouva un peu gêné une fois dans la place. A bout d'arguments Martine me dit des tas de méchancetés : je n'étais jamais contente, la preuve je ne voulais pas porter le nom Amour, je ne méritais pas ma chance etc.

Je ne répondais plus, je pleurais assise sur un tabouret. Eugène, gêné se mit à tourner en rond et dit à Martine qu'ils se mêlaient de ce qui ne les regardait pas. Puis je dis "allez vous en", ce que Martine prit très mal.

À ce moment Athéna et Artémis pourtant au lit depuis longtemps, mue par une intuition, descendirent en chemise de nuit et m'entourèrent de leurs petits bras pour me consoler.

Martine demanda alors à Athéna si sa maman pleurait souvent. Athéna ne répondit pas.

Plus tard Athéna aura cette belle phrase : "je les aime quand même, mais quand ils sont méchants".

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vendredi 19 juin

L'accident ménager

menage

J'étais très jeune. J'avais moins de 3 ans, puisque ma sœur n'était pas encore née.

J'habitais encore au numéro 16, au troisième étage pour ceux qui suivent.

Martine, ma maman était en train de nettoyer les carreaux et je trainais derrière elle, car je n'avais pas le droit de me pencher à la fenêtre, et que là, vu que la fenêtre était ouvert c'était génial de regarder ce qui se passait dans la cour.!

Martine pose le genou sur une petite table basse. Le plateau est fait de verre trempé très épais.
Je l'ai toujours connue cette table.

Soudain le drame. Le genou de ma mère s'enfonce dans la table. Sa jambe se plie, le verre s'enfonce profondément. Elle ne peut plus sortir tant sa jambe est encastrée dans les énormes morceaux de verre.
Le sang gifle, une cicatrice est particulièrement impressionnante. Je crie "Maman".!

Mais ma maman reste relativement calme. Elle me dit de me pencher à la fenêtre et de crier "au secours".!

Terriblement impressionnant.! Au secours c'est dans les livres, dans les films, quand on joue mais dans la vraie vie, jamais je n'aurais cru crier cela.! Et qui va me croire.?

Un voisin lève la tête, et finalement je n'ai plus grand chose à faire. Martine n'est pas loin de la fenêtre, elle peut lui expliquer ce qu'elle a.

Je ne souviens plus du tout du reste. Comment ma mère est sortie de là, comment elle est descendue.
Je sais juste qu'une vieille voisine est venue me garder et que j'ai regardé, désespérée, ma maman partir dans la voiture du voisin, à l'hôpital, proche heureusement.

La vieille voisine me disait que ce n'était pas grave, de ne pas m'inquiéter.
Mais si c'était très grave, c'était horrible, on emmenait ma maman et il y avait du sang partout.!

Martine s'en est tiré avec des points de suture et une cicatrice très profonde encore visible. Eugène s'en est voulu d'avoir acheté cette table. Il a remplacé le verre par une planche en faux bois, elle est beaucoup plus légère depuis.!

Nous l'avons encore.!

Martine depuis déteste les tables basses en verre. Elle passe son temps à dire, non ne vous appuyez pas dessus, non ne laissez pas les enfants s'asseoir dessus. Même les tables hautes en verre, elle n'ose pas poser le coude dessus, on la comprend.!

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jeudi 18 juin

Soir de Gala

dessert

Pour fêter la fin de l'aventure immobilière,  j'ai invité mes filles et Alex à dîner dans un restaurant grande classe, au Trianon Palace à Versailles (ils ne m'ont pas payé pour leur faire de  la pub, je doute qu'ils connaissent les blogs)

Le nom du restaurant change tout le temps, selon le chef. Pendant une période c'était "Les trois marches". Pour tout dire moi je m'en moque, vu que l'hôtel, le décor reste le célèbre Trianon Palace, celui où j'allais au Piano bar (pas trop cher) quand j'étais jeune, où on peut aller prendre le thé le dimanche. Malgré mon frère qui râle en me disant "mais non le resto c'est pas le TP !". Très chic versaillais le TP, ça montre tout de suite les initiés !

Bon revenons à nos moutons, d'ailleurs le Trianon Palace a une vue imprenable sur le parc du château, le célèbre parc à vaches, lui même caché derrière l'enclos des moutons.

D'abord il faut choisir une date, pas si simple, car les week-ends sont chargés. Nous finissons par nous mettre d'accord pour un jeudi soir.

Athéna et Artémis sont très stressées et toute la journée je reçois des méls :

- est ce que je pourrais parler ? Est ce que je dois surveiller mon langage ?

- qu'est que je dois faire en entrant ?

Je leur explique un peu tout. D'abord il y a un voiturier et ça tombe mal, ma voiture est au garage pour changer les pneus et les freins. Donc nous prendrons la ford escort décapotable d'Athéna. Athéna dit qu'elle n'est pas d'accord, c'est trop la honte, pas question, on se gare plus loin !

Je proteste ! Pour une fois qu'il y a un voiturier, on ne va pas se garer plus loin et venir à pied, non mais !

Je leur explique qu'on va prendre leur manteau, que les serveurs ne seront pas toujours derrière nous, mais seront là pour le vin. Que l'on ne doit pas prendre le pain avec les mains, mais attendre qu'il utilise la pince.

Je dis à Artémis : si tu ne sais pas, tu ne fais rien ! Et pas d'inquiétude, ils sont à ton service, même si tu fais une méga gaffe et que tu t'étales en te prenant les pieds dans la nappe, pas de soucis, le client est roi !

Alex sera le seul homme, je le briefe un peu, (mais pas assez) car vu qu'il est plus agé qu'Athéna, je me dis qu'il a déjà du manger dans ce style de restaurant. C'est lui qui aura forcément la carte avec les prix, le choix du vin, et qui devra le gouter. Et bien sûr rentrer le premier et dire "nous avons réservé à ce nom".

Le soir à la maison, préparatifs des filles totalement excitées, essayages divers, discussions existentielles : ce sac à main là, il va bien avec mes chaussures ? Je prends une veste ?

Alex arrive ensuite avec une veste de costume, ce qui n'arrive pas souvent.

Je conduis, Athéna est trop stressée pour ça. Je leur rappelle pourtant que nous n'allons pas à l'échafaud, ni à l'oral du BAC.! Nous parlons des menus, car nous avions déjà choisi sur Internet ceux qui nous intéressait, sauf Alex qui comme tout homme qui se respecte, a lu mon mél en diagonale et oublié de cliquer sur le lien !

À l'arrivée tout se passe bien. Le voiturier nous aide à descendre, et nous passons la porte tournante vitrée, arrivée dans un grand couloir digne de la Galerie des glaces. Il y a plusieurs restaurants, et je précise le Gordon Ramsay, on nous indique le chemin.
Quand nous arrivons dans la première salle du Gordon Ramsay, je suis surprise de ne voir aucune table mise.

Alex, trop stressé par son rôle a oublié le nom du resto. Il finit par dire aux serveurs qui nous attendent au garde à vous :  "on a réservé, mais on ne sait pas où".
Du coup c'est moi qui dit le nom du restaurant, et quand on nous demande à quel nom, il ne sait plus non plus et c'est moi qui le dit ! C'était bien la peine d'avoir un homme sous la main.!

Athéna me dira plus tard que je ne l'avais pas assez briefé ! C'est sûrement que je suis trop habituée aux hommes qui savent quoi faire et quoi dire en arrivant dans un restaurant, même le plus classe.!

Mes deux filles sont installées sur un immense canapé de cuir blanc, Alex et moi en face. Nous sommes la seule table de 4.

Pour commencer nous choisissons entre plusieurs champagnes.

Ensuite, on nous amène les menus. Le serveur nous recommande certains plats :
- Pour cette première lecture, vous avez pu voir...

Au début je dois me retenir d'éclater de rire, car je pense au sketch de Gad Elmaleh sur le resto classe, où on se croirait au théâtre ce soir : Mesdames et messieurs, pour vous ce soir !

Puis ensuite heureusement je me calme ! Je tourne le dos le plus souvent aux serveurs et c'est très bien !

Nous choisissons tous le menu dégustation, sauf Artémis qui a un petit appétit. Je lui dis qu'elle va s'ennuyer, mais finalement non, car il y a plusieurs petits "extras" compris dans le menu.

Au moment de commander son pigeon royal, Artémis acquise pour la cuisson rosée, et nous avoue ensuite qu'elle a cru qu'elle allait avoir un verre de rosé avec !

Puis Alex tourne les mille pages de la carte des vins, de loin j'aperçois un prix : 700 €, euh non pas celle là. Il me demande dans quelle fourchette il doit prendre. Puis on nous propose l'eau plate ou gazeuse. Ce sera une bouteille d'Evian, mais je pense que nous en avons bu deux. Les bouteilles sont sur une petite table, un peu cachée par le canapé et les serviettes qui les entoure.

Quand on se lève, (rarement) notre serviette est bien repliée en triangle au retour.

Les petits canapés sont délicieux, puis viennent les pains, dont on tente de retenir la description pour choisir. Et à chaque plat, récitation en détail. Impossible de retenir tout ça.

Je tombe des nues car j'ai entendu "dessous foie gras" etc. En fait, dès que nous avons fini le première entrée, trois serveurs soulèvent en choeur l'assiette sous laquelle se cache le foie gras !

Alex s'amuse du ballet des serveurs qui viennent du fond à trois ou quatre pour chaque plat, nous verse la sauce de concert. Même pour débarasser, ils le font tous d'un seul coup.

Avant le plat, Athéna et Artémis veulent aller aux toilettes. Je leur dis de faire vite. Hélas elle se perdent dans la galerie des Glaces (ou presque) et mettent longtemps. Les plats arrivent, les leurs sont cachés sous une cloche en argent. Du coup à leur retour d'un geste théâtral, deux serveurs soulèvent les cloches et on explique les plats à ces dames. Je manque de rire quand il dit à Artémis, mon bébé : "pour vous madame". C'est plutôt rare qu'on lui donne du madame.

Alex et Athéna se demandent quand il pourront fumer, je me moque d'eux, c'est dingue d'être aussi intoxiqués.!

J'en profite pour aller aux toilettes que je retrouve sans problèmes. Il y a même des peignes, des savons, des chiffons pour les chaussures.! A la limite on se demande si on a le droit d'utiliser le papier, tant c'est beau.!

Le serveur nous sert un plat en disant donc avec des marats des bois... Tout le monde sait ce que c'est ?

Je dis non car je sens qu'il a envie d'expliquer et le voilà parti dans le coupage d'une fraise des bois et d'une fraise des champs (en fait je dis n'importe quoi, allez plutôt voir Wiki), il aurait été impossible de tout retenir.!

Puis nous avons encore un dessert "pour patienter" avant le dessert. Et comme nous ne prenons pas de cafés, nous avons les mignardises, oui même le nougat et les pépites de chocolat ont un pedigree.!

En faisant tourner une assiette, Alex tente une blague : Ici nous avons... des trucs à bouffer.!

Mal lui en prend, car Athéna et moi sommes prises d'un fou rire ininterrompu.! Et plus nous nous regardons plus nous rions, alors qu'Artémis nous regarde d'un air navré. J'en pleure, je tousse,  je me cache derrière ma serviette. Sans nul doute, bien que moins stressée que ma tribu, je n'en contrôlais pas moins mes gestes, et les nerfs lâchent.!

Alex avoue qu'il a d'autres sketches, mais qu'il préfère les garder pour la voiture, de peur de déclencher un autre fou rire.!

Ensuite nous nous demandons si il faut demander l'addition, ou si ils attendent que nous ayons fini les migniardises. Mais finalement nous la demandons. Je confie mon portefeuille plein de billets à Alex pour qu'il s'amuse à compter, je n'ai jamais su compter. De toutes façons c'est à lui qu'on donne l'addition.

Puis les serveurs nous amène un joli sac avec un cake à l'orange pour le petit déjeuner le lendemain, et un menu souvenir, quel luxe ! Les filles gardent les rubans estampillés pour s'en faire des noeuds dans les cheveux.!

Super souvenir, nous en parlons encore !

Les photos ici !

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mardi 16 juin

Un jour on sera vieux !

Un jour nous serons vieux, j'ai souvent des doutes, je ne m'y vois pas du tout !
Mais hélas les faits sont là.!

Donc, disais-je, un jour nous serons vieux, et nous discuterons sous l'œil ébahi de nos petits enfants.!

- tu te souviens quand on bloguait.!

- ah oui, ça remonte.! C'est pas comme ça qu'on s'est connu d'ailleurs.?

- ah oui, c'est vrai maintenant que tu le dis.! Oh ! Tu te souviens de ce soir d'orage où Twitter est tombé en rade.!

- Twitter, mais tu délires, on tchattait avec MSN.!

- MSN, ça me ferait mal ! Tu étais allergique ! C'était avec Skype qu'on tchattait.!

- mais non, banane, avec Skype on se téléphonait ! C'est peut être avec Face de bouc, qu'on tchattait.!

- Face de bouc ? C'est pas le mec qui a eu un procès retentissant parce qu'il vendait les infos persos ?

- oui c'est ça.! Tu vois tu perds pas la mémoire quand tu veux.!

- Ya pas à dire c'était mieux avant ! Au moins on avait un clavier, une webcam, un micro. Maintenant ils ont l'air chouettes les jeunes avec leur téléphone qui fait nip nip et qui envoie des infrarouges aux voisins, ils ne chattent même plus avec leurs doigts ou leur voix.!

- oui j'avoue, mais comme technique de drague, c'est bien non.? Tu repères une fille dans le bus, tu fais nip nip, et tu as son profil complet qui s'affiche sur ton téléphone.!

- mouais, moi je préfèrais le bon temps : "je suis sur facebook" ou "vous avez une adresse mél", ça avait de la gueule, du cachet, c'était romantique quoi.!

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samedi 13 juin

Le maillot de Martine

plage_femme

Nous étions encore enfants, en vacances dans le Sud en famille.

Nous étions tous dans la 404 familiale par un bel après midi de soleil, en balade, je ne sais plus pour quelle raison.

Et voilà qu'au détour d'une petite route, nous apercevons une petit coin tranquille pour nous baigner dans la Louvoise.

C'était imprévu, nous les enfants, nous baignons en culotte petit bateau, pas de complexes, Eugène qui a horreur de l'eau nous regarde et Martine se baigne en combinaison et sous vêtements, c'est dire si ça date. Quoiqu'elle doit encore mettre des combinaisons, il va falloir que j'enquête.!

Mais voilà qu'une famille très équipée, glacière et maillots de bain arrive sur la petite plage tranquille, tandis que nous sommes dans l'eau. Martine, très gênée demande à Camomille de lui amener son maillot de bain, qu'elle avait dans la voiture ce qui est un comble.!

Camomille fait la chose qui lui parait logique, je l'aurais fait aussi, elle amène le maillot à sa mère dans l'eau, pour que Martine puisse se changer et sortir de l'eau dans une tenue décente.

Mais non ce n'est pas ce que Martine voulait.! Elle voulait se changer mais au sec.!

Du coup comme il n'y a plus moyen de se changer au sec, Martine remet sa robe, après avoir enlevé ses sous vêtements.

Le problème c'est qu'après nous allons au supermarché. Et Martine est persuadée que tout le monde sait qu'elle n'a pas de cu*lotte.!

Pire, vilà qu'ils rencontrent des connaissances, Martine rougit, n'a qu'une envie : que la conversation s'abrège.!

Plus tard elle dira à Eugène : pourquoi faut il que nous rencontrions les Duroc, le jour où je n'ai pas de cu*lotte. Ce qui le fera bien rire.

Elle racontera longtemps cette histoire, en reprochant mille fois à Camomille d'avoir mouillé son maillot de bain.!

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vendredi 12 juin

Imposteuse !

femme_telephone

Ce n'est pas parce qu'on a 18 ans qu'on est grand.!

Les premières démarches avec des administrations obtuses, des banquiers rigides sont parfois un vrai parcours du combattant.! Surtout quand on est un chouia timide.!

Comme tout le monde, j'ai fait allo maman bobo.!
Quoi appeler le banquier, et je lui dis quoi, je sais pas quoi dire moi.! Une mutuelle, c'est quoi ça ?
Pourquoi je dois demander ça à l'assurance, c'est quoi une garantie ?

Donc Martine appelait ces gens bizarres en se faisant passer pour moi.
Et ça lui arrive encore, quand il faut appeler aux heures ouvrables, un numéro impossible à joindre du bureau, musique d'attente 3 heures, ou numéro en 08...

Et voilà que je connais les mêmes joies avec Athéna. La Sécu, mais j'y comprends rien, moi je dis quoi.?

Son employeur qui voulait l'obliger à prendre une mutuelle, alors qu'elle est en CDD, et qu'elle en a déjà une, comme je disais "non pas question" et qu'elle n'avait pas envie de se renseigner, il a fallu que j'appelle la fameuse mutuelle. Très gentils d'ailleurs.!

Bien sur ça m'est arrivé très souvent d'appeler en disant "ma fille a tel problème".
Sauf que maintenant qu'elle a 21 ans, je n'ose plus trop dire que j'appelle pour ma fille.
Donc je me fais passer pour elle.!

Voilà qu'hier c'est la Sécu, toujours elle, qui réclame encore des papiers qu'elle a déjà envoyé.
Donc voilà que je les appelle.

J'avoue je n'aime pas trop ça.! Pas de problèmes pour dire que je m'appelle Athéna, que je suis née à telle date, que désormais je travaille, car j'ai quitté la Fac, Hihi.!
Mais j'ai toujours peur en cours de discussion de m'emmêler les pinceaux, oui c'est bien ça, ELLE a été embauchée en février.!

Ou pire que l'on voit à ma voix de personne très vieille, que c'est pipeau, je ne peux pas avoir 21 ans.!

Ce qui est parfaitement ridicule, les filles ne muent pas, j'ai probablement la même voix qu'à 20 ans, vu que je ne suis pas encore en âge de chevroter, d'ailleurs quand  je m'entends sur un répondeur, je trouve ma voix limite gamine.!

Mais hier quand la dame en fin de conversation (où je n'ai fait aucune gaffe) m'a dit :

- aurevoir Mademoiselle.!

Ça m'a fait tout drôle, je me suis demandée si elle ne moquait pas moi, l'air de rien.! Hihi.!

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jeudi 11 juin

La question qui tue !

conversation

Plantons le décor : vous êtes invité au mariage d'une amie, ou on vous présente les cousins issus de germain, que vous verrez tout au plus deux fois dans votre vie.

On papote un peu, on fait connaissance. Et voilà qu'arrive la première question :

- vous faites quoi dans la vie, variante, c'est quoi votre job, vous faites quoi comme travail.

Déjà celle là je ne l'aime pas !

D'abord parce que c'est le week-end, je n'ai pas envie de dérouler mon CV, si il y en a qui aiment se faire mousser, je n'en fais pas partie.! Ensuite parce que bon, flute, je vous connais à peine, dans deux minutes vous aurez oublié mon métier.!

Je m'en tire souvent en restant dans le flou artistique, fonctionnaire, le nom de mon Ministère suffira bien, surtout pas de grade trop obscur, ça demande des explications, ou ça génère des clichés : mais quelle horreur vous êtes militaire, comment ça inspecteur des impôts, mais vous piquez mes sous.!

Mais ce n'est pas la question qui tue, la voilà :

- quels sont vos loisirs, vous faîtes quoi pour vous distraire ?

Pire que la première, j'ai un mouvement de recul, vous êtes qui pour me demander ça ?
On est pas intimes, mes loisirs c'est privé !

Et puis je n'ai jamais su quoi répondre à cette question !
Ça doit être facile si on dit "planche à voile, plongée sous marine"...

Mais moi je dis quoi :

- euh rien pourquoi ? Je fais griller des saucisses pour ma tribu dans le jardin.!

De toutes façons, toutes les réponses appellent aussi des clichés :

J'aime lire, écrire : ah bon et vous avez déjà publié ?

J'aime la photo, : vous êtes photographe professionnelle ? Vous avez déjà développé vos propres photos, vous avez un labo ?

Le mieux est que je prépare une liste toute faite :

- Je suis blogueuse, mais vu que vous n'y connaissez rien, inutile d'en parler.!

- J'écris mais je ne publie pas

- Je lis, mais surement pas le truc à ne pas louper, branché pseudo intello.!

- J'aime le cinéma, mais j'ai loupé plein de bons films, idem pour le théâtre

- J'aime les voyages, mais je n'ai pas pu beaucoup voyagé.

- J'aime la photo, les prendre et les regarder, mais je ne suis pas pro.

- Je m'intéresse à l'informatique, mais je ne programme pas, et je ne démonte pas les PC.

- J'adore manger, mais moins faire la cuisine.

- J'aime aussi ne rien faire, m'écrouler le week-end devant la télé.

- L'été, j'adore aller danser, me saouler à la bière et rouler bourrée pour rentrer.!

- Accessoirement j'ai deux filles, et j'adore piquer des fous rires avec elles, et faire des trucs rock and roll.!

Voilà je crois que c'est tout, ça vous embêterait de remplir mon verre ?

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mercredi 10 juin

L'homme blessé

ll a quarante ans. Il est comme tout le monde ou comme beaucoup. Marié, deux enfants, une maison, une grosse voiture, un métier.

Il est comme tout le monde en apparence. Sauf qu'il s'est réveillé un matin en se demandant ce qu'il avait fait de sa vie, si c'était bien de cette vie là qu'il voulait.

Il s'est réveillé un matin en se demandant s'il existait toujours pour sa femme. S'il ne faisait pas partie du décor, celui qui tond la pelouse, répare les fuites, et emmène les enfants à leurs activités les week-ends.

Et puis il apprend qu'il va bientôt être licencié. Il est inquiet bien sûr, qui ne le serait pas.! Il n'est pas seulement celui qui tond la pelouse, il est aussi le pilier de la famille, celui sur qui tout repose, cela fait tant d'années que le rôle des hommes est gravé dans le marbre : le chef de famille. Celui qui gagne le plus gros salaire, et pas un instant on imagine qu'il va faillir.

Il n'a pas pu en parler ou si peu. Elle n'est pas une oreille attentive, l'a t-elle jamais été ?

Et puisqu'il pense aussi à mettre un terme à son mariage, il se dit qu'il n'a rien construit à part les enfants.

Et il a envie de recommencer une nouvelle vie. Il n'est pas trop tard, il n'est jamais trop tard.

Une opportunité s'offre à lui : une formation d'un an loin de son foyer, avec un métier à la clé, et un stage dans une entreprises différente de la sienne.

Il fait donc ses valises. Il n'a encore rien dit à son épouse. Pas facile de dire à une épouse qui n'a rien vu venir qu'au retour, à la fin de sa formation il ne défera pas ses valises.

Il profite de ses soirées en solitaire pour perdre ses kilos en trop. Il court tous les soirs et mange peu, c'est efficace, il reprend très vite la ligne.
Car bien sûr il rêve de séduire de nouveau, de se voir dans les yeux d'une femme, d'exister de nouveau.
Pas de projets tout de suite, non il rêve d'éphémère, d'une belle aventure, sans promesse, pour le rêve, pour y repenser plus tard quand il vivra des périodes sombres.

Dans son groupe il y a des hommes et des femmes sympathiques. Il est plutôt sympa, il se lie facilement.

Il a juste perdu le mode d'emploi. Ses souvenirs de drague remontent à ses 20 ans. C'était facile, on sortait en boîte, ou ailleurs. Mais si il n'a plus 20 ans, les femmes non plus.
Lorsqu'après deux semaines d'échanges, de sympathie, alors qu'il fait tout en douceur, galant, délicat, il croit avoir franchi un ou plusieurs paliers, et se voit redescendre au sous-sol à vitesse grand V pour un mot de trop ou un geste maladroit. Non même pas un geste déplacé !

Les femmes sont exigeantes. Les femmes n'attendent pas après lui. Si, il y en a tout de même, mais celles là sont trop évidentes, lui font du rentre dedans, et ça non plus il ne connaissait pas.!

Quand il rentre chez lui les week-ends, il a quand même le secret espoir au fond de lui que tout n'est pas terminé, que peut-être il a manqué à son épouse, il rêve d'une seconde lune de miel.

Mais hélas tout ce qu'il attend c'est une liste des choses à réparer, du sous sol au grenier. Et si elle attend son retour définitif, c'est pour que les choses soient de nouveau sur des rails.

De plus en plus résolu, mais toujours en secret, il commence à regarder les maisons à vendre dans le coin, même en ruines.

Mais le temps passe. Comme un écolier qui a fait le tour d'horizon de sa classe, il sait qu'il ne trouvera pas sa belle aventure dans son groupe.

Puis arrive le jour du stage en Entreprise. Encore un nouvel univers, encore un nouveau milieu.

C'est là qu'il m'a rencontrée.

Posté par Louisianne à 00:00 - Rêves - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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