Une grande rêveuse

Des petites choses que j'aimerais bien dire à quelqu'un

jeudi 15 mai

Chagrin des autres

fauteuil_louisianneJe reçois un mél ce matin : Voilà c'est fini... Au moins je suis fixée, mais quand même ça me fait ...

Mon cœur a fait un bond à la lecture de ce mél de mon Athéna.

Ce n'est pas la fin du monde. Ça faisait quoi 3 semaines, deux...

Non ce qui a été le plus dur à vivre c'est l'étendue de la lâcheté de (certain) mâles... Pas de nouvelles !
Oui il y a pire que ceux qui rompent par mél, par sms, par lettre : il y a ceux qui font le mort,  ne répondent plus au téléphone etc...
C'est vrai que ça a toujours existé (même avant les portables, les sms)
Mais c'est insupportable !
Bien sûr qu'elle le voyait venir... Plus distant, changeant...
Elle lui avait même dit que si il voulait arrêter qu'il le dise !

Puis il repart dans Grande ville du sud et là plus de nouvelles.
Le premier jour c'est un cri dans la cuisine : "Maman", elle pleure et je la console.
Pas une copine n'a répondu à son appel... Il y en avait une qu'elle a visiblement dérangé, et l'autre absente.
- je n'ai personne à qui en parler !
- si tu as ta vieille mère !
Je passe plusieurs jours à la consoler, à lui dire de patienter, de ne pas le harceler. À l'écouter me raconter des détails,  ou se faire des films...
Plusieurs jours à regarder ses yeux verts se remplir de larmes, Artémis est partie chez son père quelques jours, alors je suis en tête à tête avec ma blonde.
Elle m'appelle au bureau, m'envoie des sms : appelé, laissé message, réponds pas..
Il lui envoie tout de même un sms laconique du style : "je vais bien", histoire d'avoir la paix sans doute. Lui qui, contrairement à ses prédécesseurs, semblait préférer le téléphone aux SMS et MSN (ce qui à mon sens est plus mature) se met à communiquer par sms !

J'ai la gorge nouée. Mais au bout de plusieurs jours, j'ai envie de le pilonner moi aussi ! C'est quoi ce comportement de gamin de 14 ans ? 
Mieux vaut  encore un poltron "j'ai besoin de  prendre du recul" qu'un grand silence  !

Je déteste la lâcheté ! Je vais lui botter les fesses moi à ce type, qui m'avait pourtant fait une bonne impression !
Mais bon sang pourquoi les hommes croient toujours qu'on va sauter dans la Seine si ils ont le courage de rompre ? Ils ne parlent pas pour ne pas nous faire souffrir ! Sauf que c'est pire ! On préfère être fixée !
Et même si on sait qu'il vaut mieux éviter de harceler le mâle, ben un tel comportement donne envie de le harceler ! Alors qu'une femme normalement constituée ne va pas harceler un homme qui la quitte, ou lui envoyer des tueurs à gage. Et comme celui qui nous quitte est censé nous connaître un peu, il devrait le savoir !

Je ferais quoi moi à sa place ? Ben au bout de 3 semaines de silence, 1 mois, 10 ans, peu importe, je m'arrangerais pour lui parler, au téléphone ou en face et lui dire  : 
- Félicitation pour ton courage !

Puis enfin Athéna réussit à lui parler par mél, après une enquête minutieuse pour obtenir son adresse mél.
Et lui demande si elle lui fait peur ! Le jeune homme accepte de parler sur msn.
Elle rit presque en me le disant, je suis soulagée que le feuilleton prenne fin... 
Je lui  dis "c'est bon les poltrons osent tout sur msn !"
En fait elle sait ce qui l'attend...  Mais je vais me coucher, ça m'a épuisée tout ça !

Et ce matin je reçois ce mél.... Et c'est là en fait où je voulais en venir : le chagrin des autres...

Il m'a fait un drôle d'effet ce mél : j'ai eu l'impression que j'en avais reçu un presque semblable... Qui commençait par :  voilà c'est fini...

Et je me suis rappelée c'était le mél de Servane lorsque son mari l'a quittée ce 14 juillet là...

La gorge serrée, les émotions, les larmes, le cœur qui bat,  les coups de sang, je monte et je redescends. Quand mes filles m'annonce un nouveau copain je saute de joie pour elles, il pourrait être poilu, rasé, repris de justice, habitant de Mars, je m'en moque... Et quand ça ne va plus pour elles, je suis là aussi. 
Artémis a plus de mal à parler, mais un jour pourtant elle a fini par m'appeler en larmes pour m'expliquer pourquoi ça n'allait pas depuis 3 jours (encore un qui faisait le mort !)
J'ai suivi aussi au jour le jour les souffrances de Servane.

Et dans ces moments là je me dis que je n'ai pas besoin d'histoire d'amour, et surtout pas de chagrin...
Le chagrin des autres me suffit. J'ai le sentiment parfois que je suis à l'abri, que tout ça n'est plus pour moi, même si je sais que c'est faux.

Mais vivre le chagrin des autres, ça aide aussi à relativiser. Athéna a 20 ans, si j'avais du vivre la même chose qu'elle, je serais moins émotive qu'à 20 ans, et j'oublierai plus vite.
L'expérience ça aide : "quoi tu me fais souffrir, c'est ça que tu m'apportes, alors qu'on est ensemble depuis 3 semaines ? Ok je suis aussi bien toute seule ! Et ça ne me fait pas peur, la solitude je connais !"

Et puis je me dis aussi que si c'est mon tour un jour, pas sûr que je trouve une oreille attentive, et peut-être que je n'essaierais même pas d'en trouver une ! Je serais ma propre meilleure amie !

Posté par louisianne à 15:00 - État d'âme - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 12 mai

Accident du matin chagrin....

roue1Le 8 mai c'était une trêve... Le calme n'allait pas durer !

Le vendredi Athéna rentre de Grande ville du Sud avec trois copains.

Artémis, elle attend une copine de petite ville du sud qui doit arriver par le train du soir pour le week-end.

En fin de soirée, Athéna et ses copains partent à Paris. J'emmène Artémis à la gare à Paris, (en voiture pour une fois parce qu'il est tard) chercher sa copine et je les emmène directement dans leur boîte préférée...

Le temps de faire tout ça, il est presque 1 h 30. Je rentre au moment où Athéna et ses copains rentrent. Il fait un temps magnifique, nous buvons un verre dans le jardin, les garçons doivent dormir dans la tente.

Je me couche, et je les entends parler encore un peu, puis Athéna monte se coucher, je ne dors pas avant 2 h 30.

Puis vers 5 h ou un peu plus, Artémis m'appelle pour que j'aille les chercher... Je mets mon tee-shirt à l'envers, pas grave, j'en ai pour peu de temps.

Je roule sur l' A 86, peu de circulation à cette heure là. Il fait nuit. Je passe sous un tunnel limité à 70... Je suis sur la file de droite. Dans un virage je vois un type sur le trottoir qui gesticule. Je ne comprends pas ce qui se passe, je me dis qu'il fait du stop, qu'il est bourré, mais je ralentis.

Puis tout se passe très vite. Je vois une clio grise garée à moitié sur le trottoir, à moitié sur la route. Tout se passe très vite dans ma tête aussi. Impossible de doubler, une voiture rouge me double. Si elle accélérait je pourrais peut-être, mais j'ai l'impression qu'elle est presque à l'arrêt. Je sais que ma voiture freine bien, mais j'ai peur quand même. Je freine à fond, et j'ai le temps de penser : la file de gauche va passer, la file de droite, NON on va me rentrer dedans...

Crissement de freins, et un gros boum... Je me suis arrêtée, je n'ai pas percuté la voiture. Cette fois c'est la fin, je ne suis pas morte, mais ma voiture sûrement.

Pendant plusieurs minutes qui me semblent une éternité, je ne bouge pas, je ne regarde rien à part mon volant, mon cœur bat à 200 à l'heure. Je pense aussitôt à Artémis en regardant le panneau devant moi, presque désespérée : "mon dieu j'étais presque arrivée ! Et elle et sa copine sont en petite tenue à m'attendre"...

Un homme qui a mis un gilet de sureté jaune (c'est drôle il y a deux jours j'ai pensé que je devais acheter le kit de sécurité sans attendre que ce soit obligatoire) vient me parler à la fenêtre. Sur le coup je me dis : "c'est celui de derrière qui m'est rentré dedans il veut faire un constat". C'est ma hantise faire un constat alors que je suis morte de peur, et j'ai toujours peur de me faire engueuler par de mauvais coucheurs !

Non il me demande juste : "ça va madame". Je lui réponds que j'ai eu très peur. Puis reprenant un peu mes esprits, je réalise que je peux sortir de la voiture. La circulation est arrêtée. Nous sommes presque à la sortie du tunnel mais il fait sombre. Je fais le tour de ma voiture, et je regarde l'arrière. Rien... Je ne comprends pas, personne ne m'est rentré dedans à l'arrière. Toujours obsédée par ma fille, je me dis presque "ouf c'est bon je repars". Puis je m'aperçois que ma roue arrière gauche a éclaté, la jante est tordue. C'est alors seulement, avec mon cerveau qui se remet à marcher très très lentement que je vois la voiture sur ma gauche : une Opel rouge, complètement défoncée. C'est elle la cause du gros boum, c'est la voiture qui me doublait qui a percuté ma roue... J'ai eu une chance folle.

Mais je n'ai pas le temps de penser. Une femme, Mme X se précipite sur le type en gilet jaune :"vous êtes de la sécurité". Lui dit non bien sûr. Puis elle me saute dessus :

- ça fait une demi heure qu'on est là en panne ! Personne ne vient ! Vous avez appelé la sécurité ? Vous avez le numéro ?

- Euh non, je viens d'arriver voyez ! Et je ne vais les appeler si vous l'avez fait ! Ils ne vont plus rien comprendre.

Puis elle commence à me souler en me disant qu'elle est avec son fils (l'homme qui faisait des signes) et sa cousine et qu'elle a un vol à Orly à 6 h 30, qu'elle doit appeler Easy Jet, sinon on ne lui remboursera pas son vol... Qu'il faut qu'elle parte...

- vous avez le numéro d'Easy Jet ou d'Orly ?

Je dis non, je réponds à peine, j'écoute à peine. M. X son fils, quand il arrive à en placer une m'explique qu'il a une roue crevée. Je lui demande pourquoi il n'a pas appelé son assurance, il me dit qu'il ne sait pas.

Puis c'est au tour du chauffeur de l'opel rouge, M. Opel de me parler. Il est immatriculé en province, il a le A de nouveau conducteur, c'est un antillais visiblement pas très réveillé. Il me dit :

- pourquoi vous n'avez pas doublé la voiture en panne ?
Je le regarde, je suis encore ahurie, encore sous le choc.
- je ne pouvais pas doubler, parce vous étiez en train de me doubler.
- mais j'ai fait le nécessaire pour ne pas gêner la circulation.

Je lui montre ma voiture. Je suis à 20 mètres de la voiture en panne.  Ya pas ma voiture, c'est la meilleure, ou alors c'est le chauffeur !
- Regardez ! Ma voiture est dans sa voie, toute droite, elle n'a pas bougé d'un pouce ! Je n'ai rien à me reprocher.

Il me sort encore quelques propos incohérents. En gros il ne veut pas avoir tort et me répète 2 ou 3 fois, "vous vous n'avez rien, moi ma voiture est foutue"...

Je remonte dans ma voiture. J'appelle Artémis.
- J'ai eu un accident
Elle se met à pleurer : "du calme, si je te parle c'est que je suis vivante, j'ai une roue crevée, je vais voir si ta sœur peut venir te chercher, je te rappelle".
Puis j'appelle Athéna. Pas de larmes, mais de la panique :
- tu te sens d'attaque pour aller chercher ta sœur ? Sinon on trouvera un autre moyen. Je te rappelle.

J'essaye d'appeler mon assurance. Mais la dame m'agace elle ne comprend pas mon numéro de contrat et me fait répéter 3 fois. Elle finit par me dire qu'on ne dépanne pas sur autoroute, que je devrais appeler plus tard quand la dépanneuse sera là. À ce moment la police vient à ma fenêtre et me dit :
- on va ranger tous les véhicules à gauche madame.

La Clio se gare loin devant l'Opel rouge accidentée. Puis je me gare devant, un peu surprise d'entendre le moteur tourner normalement, de rouler... au pas, mais de rouler...

M. X était totalement paniqué à l'idée de rouler 10 mètres avec une roue à plat...
Puis la police vient demander les papiers. Deux hommes et une femme. Je donne mon permis mais je ne trouve pas mes papiers de voiture. Alors que je les ai toujours avec moi ! Je suis affolée ! Athéna aurait pris mes papiers et ne les aurait pas remis dans mon sac ? Bizarre quand elle emprunte ma voiture elle ne prend jamais les papiers. J'essaye de l'appeler mais ça ne marche pas.
Non bien sûr je ne suis toujours pas dans mon état normal : je suis trop près de la voiture, je n'ai débranché le blue tooth, Athéna doit hurler dans le haut parleur et moi je n'entends rien dans mon portable. Je vais à la voiture débrancher le blue tooth, le policier revient vers moi. J'ai vidé mon sac et retrouvé les papiers ouf ! Le policier me dit de venir au véhicule de police.

Entre temps Athéna rappelle en râlant :
- bon j'ai plus de batterie là ! T'arrêtes pas de raccrocher !
- c'est bon la police m'interrompt à chaque fois ! Tu vas chercher ta sœur ou non ?
- je suis sur la route ! En plus elle m'a appelée et elle me parle comme à un chien !
Pendant que je vais au véhicule de police, Artémis m'appelle aussi :"c'est bon ta sœur arrive !

Bon sang je déteste ça ! Ça fait trois fois que les policiers me parlent que j'ai le portable scotché à l'oreille alors que ce n'est pas du tout mon genre !

Mme X se précipite sur la femme policier pour raconter sa vie : je peux prendre un taxi, j'ai un vol, pas remboursé etc....

La femme lui répond poliment que ce n'est pas de sa faute si elle a eu un accident. Qu'elle peut partir si elle veut tant que le conducteur du véhicule reste sur place. Mme X me demande si je connais le numéro des taxis.
- non
- et vous avez le numéro des renseignements...

Je commence à perdre patience. J'ai déjà dit ce que je pensais des gens pas dégourdis... J'aime pas non plus ceux qui racontent leurs problèmes à tout le monde ! Surtout dans ces circonstances ! Il est 5 h 30, l'autoroute est bouchée, un accident ça fait peur...  J'ai presque envie de lui chanter : 118 000.
Non mais elle regarde jamais la télé ?

Mme X et sa cousine sortent leurs valises sur la route derrière la Clio.

Le chauffeur de la Clio M. X n'a pas les papiers de sa voiture. Je lui ai parlé un peu. Il est gentil mais il a 2 de tension. Mais bon je ne lui en veux pas trop, avec la mère qu'il a le pauvre !
Les policiers nous interrogent. Se débarrassent de la famille X : vous, vous êtes en panne, vous n'avez pas été percutés. C'est entre les deux autres véhicules. M. Opel continue avec ses propos incohérents. Le policier me regarde, visiblement soulagé de parler à une personne calme et me demande ce qui s'est passé, je n'ai pas grand chose à dire :
- je ne pouvais pas doubler, j'ai freiné, me suis arrêtée et j'ai entendu un gros boum.

Sur la file de droite, ça circule très vite, c'est impressionnant, il y a beaucoup de camions,  la circulation est devenue dense, je regarde si je vois la voiture d'Athéna passer. Je demande aux policiers si une dépanneuse est prévue pour moi aussi.

Mme X vient me voir : "vous ne pouvez pas nous emmener à Orly ?"
Je reste le plus calme possible :
- Voyez vous j'ai une roue crevée moi aussi. Sinon je serais déjà partie ! Et pour aller chercher ma fille, pas pour vous emmener à Orly !
Puis je l'entends dire à son fils :"tu as vu le bol ! On est tombé en panne juste à côté d'une borne".
J'ai envie de l'étriper !

Le dépanneur arrive. Il me fait penser à Jean Reno dans le grand bleu. Immense, bronzé les yeux bleus. Il prend les choses rapidement en main :
- mais c'est quoi ce bazar, ces deux voitures (la mienne et la clio) roulent ! Il faut les garer plus loin...
Il monte la voiture rouge sur le camion en un éclair. Pendant ce temps M. Opel traverse la voie de droite où ça roule très vite ! Le dépanneur hurle :

-Oh là Oh ! Mais il fait quoi lui, il veut mourir ! Que fait la police !

La police fait ralentir le flux. Le dépanneur ordonne à M. Opel de monter dans le camion et de ne plus bouger.
Puis le dépanneur me dit d'avancer cent mètres plus loin pour me mettre sur une bretelle :
- mais ça roule aussi sur cette bretelle !
- oui mais, on ne sera plus sur l'autoroute !
- la police va faire la circulation ? " lui dis-je, je n'ai pas trop envie de me lancer à 10 à l'heure sur une route où tout le monde roule très vite.
- ça va aller, pas de problèmes !
Puis il engueule les dames X : "mais remettez moi ces valises dans le coffre, c'est quoi ce bordel !"

Le dépanneur est parfait. Il bloque la route avec son camion le temps que j'aille sur la bretelle. Cela circule peu et je me gare plus loin près d'un muret. Puis c'est au tour de la Clio.

M. X a toujours 2 de tension. Le dépanneur lui explique que si il colle sa voiture au muret, il ne pourra pas changer la route de droite.

- Vous avez une roue de secours ?
Et les voilà repartis à nous saouler de paroles, oui surement, on en a une ou pas ? où elle est et blabla... Un taxi arrive et se gare devant nous. Je me dis "ouf elles vont partir ! Je ne vais plus les entendre".
Mais non ces dames renvoient le taxi ! Mais quel culot ! 
- j'ai un autre vol à 11 heures" me dit Mme X ! 
C'était bien la peine de nous saouler.

Le dépanneur change la roue puis leur demande si ils ont appelé leur assurance (ben non pourtant ça fait une heure que je leur dis).
- on a pas le numéro...

J'ai l'impression d'être une instit parlant à ses élèves : "vous prenez le petit papillon vert sur le pare brise, le numéro est derrière".
Puis Madame X recommence à me saouler :"on ne va pas payer, ça fait des années qu'on paye l'assurance on a jamais eu d'accident"...
Bon sang mais ils descendent de quelle planète :
- c'est une panne, pas un accident ! Et non vous n'allez rien payer !

Le dépanneur prend les choses en main, téléphone à leur assurance, fait la prise en charge.
- vous pouvez repartir.

Ben non ce serait trop beau ! Ils ne vont pas nous faire des vacances. Puis le dépanneur vient vers moi, visiblement soulagé de parler à une personne normale. J'ouvre le coffre. Il ne sait pas trop comment ça marche, je lui sors la notice de la voiture.

Puis comme je commence à reprendre mes esprits, je lui demande si la police a fait un constat. Ils sont partis depuis longtemps. Il me dit non je ne crois pas. Je prends un constat dans ma voiture et je commence à tout remplir à faire un dessin. Puis je vais voir M. Opel dans le camion et lui demande son nom pour le constat. Il refuse :
- vous n'avez rien, et ma voiture est foutue.
- j'ai une roue à changer, et si vous voulez être remboursé il faudra bien le déclarer.
Silence.
- vous avez donné vos papiers à la police et vous ne voulez pas me donner votre nom ?
Silence. Je passe à l'arrière et note le numéro de l'Opel. Puis je demande à M. X son numéro de téléphone comme témoin. Mme X en profite pour me sauter dessus et me demander de lui envoyer la photocopie du constat pour se faire rembourser son vol. Elle me le répète 3 fois.
- si je vous le dis je le fais OK !
Puis elle me dit : "c'est incroyable on est en panne et personne ne s'est arrêtée pour nous aider".
Je me retiens. Ben non ma vieille, tu es sur l'autoroute pas sur une route de campagne, on ne s'arrête pas comme ça ! Et puis une roue crevée, même si on ne sait pas la changer, on appelle l'assistance de son assurance !

Encore 5 minutes et je vais lui montrer que je connais des gros mots !

Artémis m'appelle. Elle est dans la voiture de sa soeur sur la route du retour.
- tu es où ?
- A la sortie du tunnel, on me change ma roue. Athéna ne m'a pas vue à l'aller ?
- elle a vu ta voiture mais pas toi. Ah ça y est je t'ai vue !

Moi je n'ai rien vu ! Si je vois que mon tee-shirt est à l'envers, l'étiquette visible devant !
Bon sang il ne faut jamais dire "pas grave, je ne sortirais pas de la voiture". Je ferme mon blouson.

Le dépanneur appelle mon assurance, fait la prise en charge. Puis il me dit de repartir. M. X vient le revoir. Le dépanneur lui dit que sa roue de secours est en mauvais état, de rouler lentement.
J'ai fait changer récemment mes pneus, même la roue de secours, mais j'ai peur quand même, je demande au dépanneur si ma roue est en bon état, il me dit :

- Oh oui ! Vous ça va !
Pour un peu je vais recevoir un bon point : conductrice qui garde son sang froid et a une voiture en bon état.

Je repars enfin. Demi tour. Retour au bercail, Athéna a pris ma place devant le portail, génial. La maison est silencieuse. Les jeunes sont déjà remis de leurs émotions et dorment.

Je bois un café dans le jardin. Puis je m'allonge sur le canapé et je pense que je vais dormir. Non. Les images défilent dans ma tête et mon cerveau refonctionne...

Cent mètres à faire pour sortir de l'autoroute. Mais c'est qui ce M. X qui a 2 de tension ? On peut rouler avec une roue crevée. Il n'avait pas mis ses warning... Il aurait fait cent mètres il aurait évité de provoquer un accident.

Et cette femme qui a provoqué un accident, qui y a assisté et qui ne pense qu'à sa pomme : qui me saute dessus pour me demander si j'ai appelé la sécurité, ou me parler de son vol à Orly...

Je ne comprends pas non plus les policiers. M. X méritait presque d'être verbalisé, ou au moins qu'on lui explique qu'il aurait pu dégager un peu plus loin. Il n'avait pas ses papiers et on ne lui a rien demandé.
Quand à M. Opel, son comportement était bizarre. Personne n'a soufflé dans le ballon.

Le matin les 3 copains d'Athéna, Artémis et sa copine m'ont écouté me défouler et raconter tous les détails de l'histoire.

Le lendemain j'ai appelé l'assurance, non c'est un week-end férié, rappeler mardi.  J'ai vu que mon bas de caisse était un peu rayé. Mardi j'ai réussi à avoir l'assurance. Ils m'ont dit de trouver quels policiers sont intervenus. J'ai appelé le commissariat d'Antony, qui m'a conseillé celui de l'Haye les roses, lesquels m'ont donné deux numéros de PC des CRS. Le premier était le bon. C'est ainsi que j'ai appris que le rapport de police disait  5 h 39. J'ai raconté mon histoire pour la Xième fois (M. Opel n'a pas voulu signer, mon assurance veut le constat etc.). Le CRS très gentil m'a dit que le rapport serait fourni à l'assureur et m'a donné l'adresse...
J'ai rappelé M. X pour lui demander si il voulait toujours le constat (d'ailleurs l'assurance va le contacter aussi, comme témoin). Il me dit qu'il a emmené sa mère et sa cousine à l'aéroport (ça va lui faire des vacances) et qu'il attend que la police le contacte parce qu'ils ont gardé son attestation d'assurance. Ça m'étonnerait qu'on le contacte !

Ouf....

Pendant deux trois jours j'étais un peu secouée, triste... À la fois soulagée d'avoir eu autant de chance... (Pas de blessés, et des dégâts matériels moindres) et en même temps consciente que la vie ne tient qu'à un fil...

Revenant sans cesse à cette première pensée : ma fille... ma fille est elle en sécurité, je dois repartir...
Si mon dernier jour arrivait sur que je n'aurais qu'une seule pensée : mes filles.

Et je les ai engueulées aussi : tout ça c'est votre faute, je suis épuisée à force de faire le taxi... Yen a marre quoi....

Mais j'ai recommencé le lendemain. Ben oui la copine de petite ville du sud était là pour s'amuser !

Et le lendemain tous les copains du sud, déjà au courant m'ont appelée ! Ça m'a fait chaud au cœur !

Posté par louisianne à 10:46 - Quotidien - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 09 mai

Retour aux sources...

artemisC'était hier le 8 mai...

Un jour bizarre... Athéna est toujours dans Grande ville du Sud et reporte son retour, pour cause de jour férié... Et oui ma blonde avec qui on ne s'ennuie jamais s'est retrouvé un copain à distance...

Artémis attend le retour de sa soeur, et une copine qui vient passer le week-end... Elle est un peu nostalgique...

Une longue journée s'annonce. Il va faire chaud dans le jardin. Mais je n'ai rien de prévu, ni sortie, ni visite. De plus la brocante bloque les rues pas loin de chez moi, je n'ai pas vraiment envie de prendre la voiture.
Le matin tandis qu'Artémis est encore au lit, en bougeant la souris je vois un document word ouvert, un poème, je lis trois lignes et je comprends qu'elle parle de la maison de campagne
Je ferme vite de peur d'en lire plus, de me faire lyncher...

Je la comprends : j'y pense aussi beaucoup quand le soleil revient. Un week-end prolongé, j'y serais allée. J'entends le vent dans les feuilles, je ferme les yeux et j'y suis. J'en rêve souvent.

Artémis émerge vers midi. Nous mangeons, je finis un livre au soleil. Artémis se fait bronzer, refuse de m'accompagner faire un tour à la brocante...

Vers 20 heures je me dis que je vais prendre la voiture et y aller. Dans une heure j'y suis. J'aimais bien ces soirs où on arrivait vers 21 h, il faisait encore beau, et cette impression d'avoir changé d'univers en pleine campagne...
Puis je pense à autre chose. Et vers 20 h 30 nous mangeons dehors Artémis et moi. J'essaye de la faire parler, pas facile. Je lui dis : "tu veux qu'on aille à la campagne"
- maintenant ?
- oui....
Elle me pose des questions :
- on pourra rentrer ?
- non pas la nuit, mais si on y va dimanche, on pourra.
- tu connais le propriétaire ?
- oui bien sûr, je l'ai vu plusieurs fois et je l'ai vu chez le notaire aussi.

Je lui pose des questions à mon tour :
- ça ne te fait pas peur ? Tu ne vas pas pleurer ? Tu sais qu'il y a une maison neuve dans le champ ?
- j'en rêve toutes les nuits,  j'y serais allée de toutes façon !
- comment ? 
- en stop. Je veux être toute seule.
Je frémis à cette idée. "tu iras avec moi et tu ne seras pas seule".

Je lui demande encore si elle ne préfère pas un autre jour.
- non tu l'as dit on le fait !

Elle se prépare pendant que je débarrasse la table. Elle me dit où elle veut se garer. Je dis qu'il fera nuit c'est mieux, je n'ai pas envie de croiser mes anciens voisins qui se demanderont ce que je fais là et voudront m'offrir un café. C'est un pèlerinage pas des retrouvailles. Artémis me demande pourquoi je veux y aller.
- je veux exorciser mes démons. Je n'en rêve pas toutes les nuits mais très souvent.

Je lui demande si on n'est pas folles. Elle dit non. Au prix de l'essence, c'est sûr je suis folle. Mais Artémis n'est pas gênée d'avoir une mère folle.

Nous partons. J'ai peur de me dégonfler. Je lui dis que si je me dégonfle, je la laisserais au carrefour. Mais je ne pense pas. J'ai peur pour Artémis. Je lui dis "je ne t'en voudrais pas si tu renonces au dernier moment".

En route Athéna appelle sa soeur. Vous allez où ?
- En Normandie
J'entends Artémis, pas Athéna : "ben à ton avis il y a quoi en Normandie. Des vaches ! Oui tu as raison on va traire les vaches ! Tu es blonde ou quoi ? Tu veux que je t'achète un cerveau... Ah ! Ça y est tu trouves ! Comment ça elle existe plus ! Elle n'a pas été rasée, banane ! Oui on sait qu'elle n'est plus à nous !"

Quelques kilomètres avant je pleure... Mais ça passe. La nuit est tombée depuis peu. C'est mieux. Nous arrivons au ralenti. Nous passons devant la nouvelle maison, banale comme les autres. Puis la "notre". Je vois qu'elle n'a pas changé, qu'elle est même plus jolie qu'avant.

Je me gare un peu plus loin dans les bois. Artémis descend vite, pour être seule avant que j'arrive. Elle me dit que le voisin a un détecteur de présence, que je dois passer là pour éviter que la lumière ne se déclenche. J'avais oublié, pas Artémis qui se baladait le soir avec ses cousins.

Je prends mon temps. Il fait nuit. D'ici je ne vois pas les maisons neuves, je ne vois que la voisine de droite qui a toujours existé et la mienne. J'avance. Artémis est accroché au portail. Ça me gêne même si la maison parait vide, aucune lumière même au travers des volets. Tous les arbres sont là. Le merisier, les sapins, le cerisier. Les barrières ont été repeintes, le bas de la maison refait, elle est plus jolie. Il y a un trottoir en pavé, sur lequel est ma fille. Bonne idée, en plus c'est joli. Je prends des photos sans flash. Bien sûr le jardin est rétréci.

La maison de gauche, celle qui me faisait si peur ? Elle est banale, quelconque. Elle n'a rien à faire dans mes souvenirs, et il n'y a plus rien de reconnaissable dans le terrain sur lequel elle a été construit : plus un seul arbre. Derrière cela n'a pas changé, mais on ne peut pas le voir. Je m'attendais à tellement pire, je m'attendais à avoir tellement mal que je suis soulagée.

Je dis plusieurs fois à Artémis de s'éloigner. Si une voiture passe. Elle s'éloigne du portail et cueille des feuilles du buis, lui aussi toujours là. Je me rappelle que le propriétaire avait même gardé les meubles de ma grand mère. Puis nous partons. Artémis râle un peu parce que j'ai parlé, et je l'ai gênée.

Dans la voiture, je tourne la tête plusieurs fois vers elle. Elle ne pleure pas. Elle me dit qu'elle est contente. Moi aussi. Quelques kilomètres plus loin je ne pense même plus à ce qu'on a fait.

J'avais toujours pensé le faire. Mais pas comme ça, pas sur un coup de tête. Mais je pense que j'ai du attendre inconsciemment le temps qu'il fallait. Et j'ai fait quelque chose d'important pour Artémis...

Posté par louisianne à 12:22 - État d'âme - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 07 mai

L'âge des hommes

Jusqu’à un peu de plus de 40 ans, je ne me posais pas de questions. Un homme devait avoir mon âge, voire quelques années de plus, pas plus de 5 ! On se comprend mieux, on a les mêmes références, on a aimé les mêmes groupes de musique…

La beauté n’est pas le critère essentiel pour moi. Quand je trouve une personne belle (homme ou femme) c’est plutôt pour l’art, le plaisir des yeux, et ce n’est pas forcément quelqu’un qui fait l’unanimité.

Un homme n’a pas besoin d’être beau pour me plaire. Il peut m’attendrir, je regarde le détail : de belles mains, une belle voix, un beau profil (alors qu’il peut être passable de face). Jusqu’à 40 ans et un peu plus.

Seulement voilà je n’aime pas les dégarnis, les chauves, je n’aime pas les cheveux gris, et je n’aime pas les gras du bide. J'ai toujours aimé les bruns, pourquoi devrais-je me mettre à aimer les "gris" ?

Un homme vieillit trop vite, trop mal. Pour peu qu’il ne soit pas propre sur lui, pas tout à fait nickel, BEURK ! Là je ne suis pas du tout attirée !

Attention je n’ai pas fermé la porte ! Je pourrais parfaitement tomber amoureuse d’un quadra chauve et gras du bide, si sa personnalité me séduit, mais ce ne sera pas bien sûr au premier regard. S’il m’approche, qu’il sait y faire, il aura déjà beaucoup de points d’avance !

Seulement les hommes de mon âge, je me suis vite aperçue qu’ils étaient tous pareils : mariés, deux enfants, une grosse voiture. Comme dans les séries télés ! Donc enchaînées, empêtrés dans leurs contraintes !

Puis j’ai regardé les trentenaires. Un homme à 30 ans est beau. Il a encore des cheveux, il n’a pas encore de ventre. Il n’est plus un ado, mais il reste encore jeune d’esprit. Et puis 30 ans ce n’était que 10 de moins que moi, pas impossible quoi ! Bien sûr, je me demandais quand même si certaines choses n’allaient pas me gêner! Je réagirais mal si il riait en apprenant que j’ai connu la télé en noir et blanc, et que j’ai vu Nounours, Pimprenelle et Nicolas à la télé ! Ce n'est pas parce qu'ils sont beaux à cet âge, que je vais avoir des affinités avec eux !

L’ennui c’est que les trentenaires sont à l’âge du début du couple, avec souvent un bébé voire deux. Ça ne les empêche pas de me faire des propositions, au contraire ! Certains se sentent déjà en prison et ont envie de faire un petit tour ailleurs. Sauf que moi un homme avec un bébé je n’ai jamais trouvé ça sexy !
Ben oui, je suis assez bizarre, j’avoue !

Acte I - La jeunesse :  je rêve de mariage, d’une famille, de bébés, seuls les garçons tendres qui aiment les enfants et en veulent m’intéressent.

Acte II - L’âge adulte : J’ai deux filles, j’ai réalisé mon rêve !  Mais je suis divorcée. Après une courte période durant laquelle je serais prête à recommencer, (un nouveau mec, un nouveau bébé) je me ravise.

Acte III - L’après divorce : dilemme : un homme qui a déjà des enfants ? Bonjour la galère ! Un homme qui n’en a pas ? Il les supporte ? Il va accepter les miennes ? Faut-il vivre ensemble ou non ?

Acte IV - L’âge des hommes : J’y suis.

Ce n’est pas si simple. On fait du chemin, on évolue... Alors on recherche quelqu'un qui a fait du chemin aussi.

Vieillir ensemble ! Ça doit être tellement plus simple ! Là je m’en moquerais pas mal qu’il ait perdu ses cheveux, ou qu’ils soient devenus gris, ou qu’il ait pris du ventre…

Je disais que le physique n'était pas essentiel ? Il faut croire que si !
Quoiqu'on aime, quoiqu'on dise, on a besoin d'être attirée !

Edit du 8 mai : A lire les commentaires j'ai l'impression qu'on interprète mal mes propos !

Je n'ai pas dit que TOUS  vieillissent mal, et j'ai aussi dit que je pouvais tomber amoureuse d'un chauve !
Et je comprends parfaitement que certaines aiment les hommes plus agés qu'elles !
J'ai dit aussi que vieillir ensemble c'est différent...

J'explique mon cheminement voilà tout ! En deux mots aujourd'hui je vois moins d'hommes de mon âge qui m'attirent qu'il y a dix ans !
Et je partage ce constat avec des femmes de mon âge...

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lundi 05 mai

La vie des autres

fleur_bleueJ'entre dans sa vie par une petite porte...
Sans bruit, par curiosité souvent.... Et puis je reste...
Je ne ne vois sa vie que par une petite porte... Un petit morceau seulement ce qu'elle veut bien me montrer. Des photos, des images, des mots... Quelquefois c'est "lui" mais le plus souvent c'est "elle".

Je devine derrière la page, derrière les mots, ce que je ne sais pas. J'aime bien ça deviner, c'est comme lire un roman d'Agatha Christie et chercher des indices. Je suis contente quand je vois que je ne me suis pas trompée.

Je ris, je souris, je suis triste, je me trouve des points communs avec elle. Ça me rassure souvent : je ne suis pas seule. Souvent On écrit bien mieux qu'on ne dit comme le dit Jean-Jacques Goldmann.

Ça devient vite une drogue, je suis comme ça, moi... Excessive ? Non je préfère dire passionnée ! Je ne fais jamais les choses à moitié... J'aimerais bien la connaître...

C'est comme dans la vie, comme l'entourage : il y a les gens qu'on va voir tous les jours (parce qu'on en a envie) et ceux qu'on va voir une fois par semaine, et puis d'autre qu'on verra une fois par mois, ou tous les six mois, ça dépend.
Et dont on se dit "ça fait longtemps, qu'est ce qu'elle devient"...

Mais la vie ce n'est pas un roman, ni une page colorée. Les autres vivent. Ils ont leur joie, leur peine. Un  jour  j'entre par la petite porte et elle dit qu'elle va la refermer cette petite porte... Parce qu'elle vient de vivre une rupture, un deuil, une déception. N'importe quoi qui fait qu'elle n'a plus envie de nous montrer sa vie  par ce bout de lorgnette... Ce bout de lorgnette c'est un blog, ce qu'on veut montrer...
Mais qu'est ce que c'est un blog ? Rien, du vent, de la poussière sur laquelle l'auteur peut souffler du jour au  lendemain.

Alors je suis triste. Je me dis que je n'aurais plus jamais de nouvelles. Que je ne saurais jamais plus ce qu'elle devient. Je n'avais pas d'autre porte... Dans la vie quand une personne, même celle qu'on ne voyait que tous  les six mois déménage, on a toujours quelque chose : une adresse mél, un téléphone portable. Même si un jour les liens se distendent, si on s'oublie ça rassure d'avoir quelque chose !

Je lui envoie un mél pour lui dire que je suis triste, j'envoie un mél à un faux nom, à un pseudo. Pour lui dire que je suis là si elle veut m'écrire... Je n'ai pas d'autre porte...

Je suis sans doute trop sentimentale...   

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vendredi 02 mai

Besoin de changer de décor...

Il y a les états d'âme... Et puis il y a le quotidien, le décor....

Si j'étais riche je déménagerais tous les 10 ans. Pour changer de décor, pour racheter des meubles. Pour jeter l'inutile et racheter du futile...

Ça ne date pas d'hier. J'ai l'impression que tout a commencé quand j'ai recommencé à travailler à temps complet. Avant j'arrivais à m'organiser pour repasser le mercredi, faire un peu de ménage... Mais il n'y a pas que l'organisation... Il y a tout...

L'usure normale : ma maison vieillit. Même si les fenêtres et les volets roulants sont neufs. Le salon est toujours vert d'eau, mais le papier peint a vieilli et puis je n'aime plus le papier peint. Le plafond est toujours blanc mais il est fissuré. La cuisine devient sale. Bien sûr rien de choquant au premier coup d'œil. Personne ne me dit  : pouah  quelle horreur chez toi !

La moquette murale de l'escalier bleu marine, je la déteste, je voudrais du jaune pale.
Les chambres des filles ? Ça peut aller, à part le bazar, les murs ont disparu sous les posters et la moquette sous les vêtements. La salle de bain aussi aurait besoin d'un coup de frais.  Les portes de placard grincent, se coincent... Mais comment faire des travaux quand les fins de mois sont difficiles ?

Ma mère propose de venir avec un pinceau. Je réponds :  surtout pas ! J'ai déjà du mal à gérer le quotidien alors pousser les meubles et les remettre ensuite, non merci ! Et puis je la connais, ma maman ! Elle va s'embarquer dans des travaux titanesques (ton père y arrivait bien, on peut le faire aussi) et s'apercevoir trop tard qu'à nous deux on ne peut pas gérer tout ça !

Mais si il n'y avait que ça ! Une usure normale et un ordre relatif !
Il y a d'abord mon retard : avant j'arrivais à gérer grosso modo : deux paniers de linge sale à la cave, deux panier à repasser ! Maintenant j'en suis à 3 paniers qui débordent à la cave et je dois attendre que ça sèche pour remettre une machine en route. Et 3 paniers de linge à repasser : rien que de les voir les bras m'en tombent ! Le soir je fais le minimum syndical, le week-end je n'ai pas trop envie. Ou alors je repasse 1 heure et j'en ai marre. Et même quand j'ai réussi à repasser, je monte les paniers. Mais les armoires des filles débordent et elles ne rangent pas, je râle et le chat se couche dans les paniers...

Ce qui m'amène à l'autre gros problème : la maison est trop petite. Je n'ai pas de chambre, pas d'armoire, je squatte des bouts d'étagères. Les filles ne jettent rien, moi un peu plus, mais pas assez !
Les choses s'entassent et ne trouvent plus de place dans les placards (pourtant nombreux) qui débordent. Même la cave n'a plus un cm2 à offrir.

Avant quand j'avais fini un livre il trouvait une place dans la bibliothèque. Plus maintenant. Il y en a au dessus, en travers, partout, c'est moche. Le placard à chaussures est plein aussi. Le placard à paperasses déborde et mes extraits de compte trônent dans le salon avec les factures, je n'ai pas de bureau non plus...
Sous la télé il n'y a plus de places non plus pour les DVD, ils sont entassés sur une étagère cachée derrière la télé (étagère qui déborde aussi).

Il y a des meubles partout (ce que je  ne voulais pas au départ), et dans les endroits où il devrait y avoir  RIEN il y a des choses...

Quand Athéna est revenu de chez Martin, elle a vidé sa chambre : elle a fait un grand carton soi disant pour descendre à la cave. Sauf que le carton est trop lourd et qu'il est resté sur le palier... Il me reste à trouver deux petits cartons et refaire un tri et ensuite les descendre à la cave... Où ça, à la cave d'ailleurs ?

Artémis ne met jamais les pieds dans sa chambre à part pour se changer et rarement dormir (depuis que sa soeur est revenue elle dort avec elle, ne veut plus la quitter).
Elle fait tout dans le salon : maquillage (4 trousses qui débordent sur la table) fer à lisser, à friser, à gaufrer, chargeur de portable. Quand on a besoin de la table pour manger (seulement le dimanche ouf) il faut enlever le PC, le maquillage, les factures... Pour les mettre où ?

Pour me rendre service ma mère achète des corbeilles et les mets dans des endroits où il devrait y avoir RIEN... Chez mes parents c'était comme ça, pas un endroit vide ! Et je ne voulais surtout pas ça chez moi !

Une corbeille pour les chaussures au pied de l'escalier. Oui mais c'est moche. Et les filles ne savent pas viser ! Une corbeille pour les sèches cheveux et fer à lisser d'Artémis : oui, mais sur la malle que je ne peux plus ouvrir après ! Et puis là c'est le salon, ce serait pas mieux dans une armoire ? Une autre corbeille pour son maquillage, oui mais là c'est le salon etc...
Une autre pour les livres, cahier et trousses : pourtant elles ont toutes les deux un secrétaire pour les affaires scolaires !
Pareil en haut : une corbeille pour les trucs qui ne vont nulle part et qui traînent : chargeur de batterie, sacs à mains vides, ceintures : mauvaise idée, ça reste six  mois comme ça  et en plus elles vont y jeter leur linge sale et l'oublier là...

Ce n'est pas que je sois une maniaque du rangement !  Je ne demande pas que tout soit au cordeau !  Je ne râle pas pour 3 chaussettes et deux chaussures dans le salon, c'est vite rangé... Mais moi j'aime que tout soit dans des placards fermés. Mais il n'y a rien à faire la maison est trop petite.

Oui je sais, on entasse trop. À quoi bon garder des livres déjà lus, des DVD déjà vus, des tas d'albums photos et de diapos ? Je pourrais rêver d'une grande benne dans le jardin, mais je rêve plutôt d'une maison de campagne avec un grand grenier et une pièce spéciale "photos, diaporamas, bibliothèque, cinémathèque".

Quand on rentre de vacances qu'il faut vider les sacs et qu'on se demande où on va mettre tout ça, c'était où d'ailleurs ? Quand c'est Noël et qu'il n'y a pas de place pour les nouveaux objets.

Je rêve de trois chambres, trois grands lits, trois grandes armoires : une chacune. Maison ou appartement, je m'en fiche un peu, même si la maison a des avantages : le jardin, la cave qui sert aussi pour la machine à laver.
Pas le peine de me dire que mes filles partiront : 1) ça me sape le moral, 2) elles auront toujours une chambre et j'aurais toujours besoin d'espace ! Je ne compte pas finir ma vie dans une chambre de bonne sous prétexte que je suis seule !

Je rêve d'une grande pièce avec du parquet ciré, des murs blancs, une pièce où il y aurait de l'espace, pas de meubles partout, des recoins vides. Des armoires où il reste des porte manteaux vides, où les vêtements ne sont pas serrés. Un bureau (une vraie pièce) pour le PC et tous les papiers, et une buanderie.   

Parce que j'aimais ma maison, j'aimais mon décor, et je ne l'aime plus. Alors je me sens noyée, débordée, oppressée, découragée... Je crois que toutes les femmes ont besoin d'aimer leur  intérieur.

smiley_triste

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mercredi 30 avril

Hommage à mon papa

muguetÇa fait longtemps que je veux lui rendre hommage... Mais c'est difficile, c'est comme profaner une tombe... Toucher à l'intouchable. Demain c'est le premier mai. Il m'apportait toujours un petit brin de muguet ce jour là. Depuis sa mort en 2003, mon frère a pris la relève pour que je ne sois pas en manque de muguet, parce que mes filles oublient souvent...

Il me manque encore bien souvent. J'entends sa voix. Je pense à lui quand je lis un livre que j'aimerais lui faire lire, quand quelque chose casse chez moi et que je ne peux plus l'appeler pour bricoler, quand je vois un objet qui lui aurait plu, un événement, une maison, un endroit... et que je sais ce qu'il aurait dit, ce qu'il aurait pensé...

Mon papa Eugène c'était mon dieu, mon idole, je l'admirais, je le craignais un peu, j'étais fière de lui comme il était fier de moi...
Il était à la fois bricoleur et érudit, ce qui a toujours forcé mon admiration. De plus il avait un peu touché à tout : il savait jouer du violon et peindre. Il collectionnait les antiquités, les beaux objets.

C'était un homme intègre, sérieux, un mari et un père aimant. Même si il a toujours pris son travail au sérieux, il ne vivait que pour sa femme, ses enfants, sa famille. Rien ne comptait plus que cette vie là. Sa maison et sa maison de campagne, c'était aussi un fils attentif qui s'est occupé de ses parents jusqu'au bout.
Il n'aimait pas les voyages. Avec ma mère ils recevaient quelques amis, mais pas beaucoup. Pourtant il a toujours été charismatique, apprécié pour sa gentillesse, son intelligence et son humour, mais les amis comptaient peu pour lui. Sa famille c'était sa bulle.

Il rêvait d'avoir un seul fils et plein de filles parce qu'il aimait l'ambiance que mettent des filles dans une maison. C'est sûr que le maquillage qui traine, c'est mieux que les chaussures de foot ! Pari réussi avec trois filles et un garçon. Et mon frère est un garçon plutôt doux, normal avec 3 sœurs il n'avait pas intérêt à jouer les machos !

Ce que Eugène aimait par dessus tout c'était partir en vacances avec ses quatre enfants dans la voiture. Il ne voulait pas qu'on le quitte. Il rêvait, comme dans Dallas, d'une immense maison où nous aurions tous vécu, ses filles avec maris et enfants, son fil avec femme et enfants. Il a très mal vécu nos départs, s'en plaignait à ma mère.

Il faisait rire un de mes beaux frères, car dès que l'une de nous avait un coup de blues, il disait à ma mère :
"ben qu'elle revienne à la maison". Sous-entendu : le mari on le laisse, (un détail) les enfants pas de problèmes, elle les prend ! 
Ma mère lui expliquait que revenir chez ses parents c'était régresser et pas si simple !
Il a été aussi un grand père parfait. Patient, poussant les landaus, regonflant les vélos, trois petites filles à la fois sur les genoux, lisant une histoire ou regardant un dessin animé...

Mes premiers souvenirs sont très lointain. Je devais avoir 3 ou 4 ans. J'étais à la maison de campagne, je regardais mon papa en pantalon de velours côtelé bêcher pendant des heures. Puis quand il s'apprêtait à rentrer dans la maison, je posais ses chaussons à la porte, et je courrais me cacher. Mon papa me cherchait pour me prendre sur ses genoux, m'apprivoiser... La raison de ma timidité ? Je l'ai totalement oublié mais mon père a passé deux ans en Algérie. Nous avons du refaire connaissance...

Mais Eugène c'était aussi l'élégance. Quand il travaillait, il portait un feutre et un costume trois pièces. J'étais fière de lui, j'aimais caresser sa cravate. Il m'emmenait à la maternelle et je ne voulais pas le quitter, alors il me donnait son grand mouchoir à carreaux pour que je sente son odeur.

J'ai une photo de cette époque. Mon père qui ressemble à Humphrey Bogart avec son chapeau, ma mère en tailleur, talons aiguilles et chignon banane, et moi toute petite au milieu, cheveux noirs et courts et robe en organdi. Photo d'une époque lointaine où on a l'impression que tout était rose : les couples s'aimaient pour la vie, l'homme était sérieux et fidèle, la femme ne se posait pas de question existentielle.

Eugène était fonctionnaire. Il appartenait à cette génération où on est fier d'être fonctionnaire, où on se sent investi d'une mission.  Il était chef et a toujours laissé le souvenir d'un homme intègre et juste.  Humain juste  ce qu'il faut, intraitable avec les tires au flan. Il était respecté car respectable.

Papa c'était aussi le patriarche. Il n'a jamais levé la main sur nous, mais quand il élevait la voix on savait qu'il  fallait se tenir à carreau. Même si il n'avait rien dit, on savait d'instinct que certaines choses ne plairait pas à papa.

Il me fait penser aussi au Lino Ventura de "la gifle", un homme gentil, mais capable de coups de gueule.
C'était lui qui "affrontait" le monde extérieur : réclamation dans les magasins, hopitaux, copropriété. Pour sa tribu il se battait (pas physiquement bien sûr).

Mais ce n'était pas seulement en famille qu'il en imposait. Il forçait le respect. Aucun de nos amis ne se serait mal comporté devant lui ou ne se serait montré familier. Même ses gendres ont toujours gardé une certaine réserve. Le seul qui n'était pas intimidé était Laurent (qui lui ressemble beaucoup j'en parlerais plus loin).

Sans doute que les gens de l'extérieur ne voyait pas sa sensibilité. J'avais lu "La conversation amoureuse" d'Alice Ferney et je lui avais prêté, nous en avons beaucoup parlé. Peu d'homme lisent et commentent ce genre de livre. Il avait un côté si romantique, qui frisait parfois la naïveté. Il aimait les beaux films, les grands sentiments. L'amour, la famille, les enfants, les vraies valeurs. Parler ou regarder des films sur la guerre ne lui faisait pas peur, il connaissait et son père aussi.  Mais la porno*graphie, le v*iol, l'in*ceste et toutes ces horreurs, cela dépassait son entendement il en était presque naïf. Il était abasourdi quand ses filles lui racontaient de quelle manière certains hommes se collaient (enfin une certaine partie de leur anatomie) à elles dans le métro... C'était à des années lumière de lui...

Il était jaloux de ses filles, peu de garçons trouvaient grâce à ses yeux. De toutes façons bien peu étaient des courageux, capables d'avoir un vrai métier sérieux.

Ma relation avec lui

Fille aînée, fille préférée (aux dires de mes sœurs) j'ai toujours été proche de lui. Si je faisais un cauchemar je criais "papa".

Tout n'était pas tout rose : mon père avait du caractère moi aussi !  Pour lui j'étais trop paresseuse à l'école. 
Nous nous disputions, qui aime bien châtie bien !  Il avait une vision de la femme pas très claire, sans doute  à cause  de cette génération charnière...
Il aurait voulu que ses filles soient des femmes au foyer accomplies (comme sa mère et sa femme) mais en même temps bardées de diplômes (comme lui) parce qu'il faut bien vivre.
Or ne pas travailler je m'y voyais bien (mais pas pour devenir une ménagère accomplie) et munie du diplôme de grande rêveuse je m'y voyais bien aussi !
Pourtant, plus tard il a été fier de moi dans mon rôle d'épouse et de mère, et aussi de mon travail... Je pense qu'il se faisait surtout du souci pour moi...

Je disais souvent à mon père que j'étais son fils et sa fille. Pour Cédric mon père était un dieu, un modèle, jamais il ne se serait opposé à lui. À 30 ans il appelait encore mon père pour qu'il le conseille pour son travail.

Les disputes politiques c'était avec moi, le bricolage aussi (mon frère a deux mains gauches). Je lui disais souvent que je voulais bien l'aider mais que je ne pouvais pas porter de lourdes charges. À la fin de sa vie, il m'appelait pour changer ses essuie glace et soupirait "tu es plus douée que moi, tu m'as dépassé, je ne suis plus bon à rien !".
Il pouvait aussi avoir des discours intolérants, parce qu'il ne comprenait pas qu'on ne vive pas comme lui. Mais il était intelligent et quand je lui expliquais, il comprenait.  Une grande force : admettre ses erreurs, ne pas être buté...

En grandissant j'ai réalisé que mon père cherchait le conflit en public. À table le dimanche ou devant ma mère. En tête à tête nous ne disputions jamais.  Je m'asseyais près de lui dans le jardin, nous marchions doucement bras dessus bras dessous, nous parlions de livres, de films, de mes filles. Il m'appelait sa petite fille. Quand j'ai compris cela, les disputes ont cessé,  je désamorçais tout de suite le conflit, ça n'en valait pas la peine.

J'ai travaillé avec lui. Il m'a fait rentrer dans son service pour un job d'été. Quand j'allais le voir dans son bureau, j'aimais sa façon de reboucher son stylo plume et de me dire "comment ça va ma petite fille" alors que j'avais 20 ans. Plus tard je suis rentrée dans l'administration comme lui. Ma mère était un peu jalouse de notre complicité, et pourtant elle faisait tout pour s'effacer, comme trouver une excuse pour ne pas aller à un enterrement et m'y envoyer avec mon père. Servane a toujours été agacée par le fait que ma mère soit si timorée et se cache derrière mon père pour les mondanités...

Mon ex mari était un bricoleur.  Le bras droit de mon père et son préféré.  Pourtant  quand j'ai  divorcé mon papa a été heureux de bricoler à nouveau pour moi.  Il a été aussi un grand père parfait pour  mes filles.  Souvent nous allions manger  chez eux le  mardi soir, parce que mes filles restaient le mercredi chez leur grand parents. Il les aidait à faire leur devoirs, regardait des livres avec elle. J'aimais cette ambiance, tous autour de la table, la famille que j'aurais rêvé d'avoir... 

Souvent il conduisait. Il venait me chercher avec mes filles, nous emmenait à la maison de campagne. Vers la fin mes sœurs et mon frères n'y allaient plus que pour les grandes occasions : pâques ou week-end prolongé. Mes filles et moi étions toujours là. Quand mes filles partaient en colo (rarement) il m'emmenait car il était impossible de se garer à Paris, il fallait rester au volant. À la fin il était épuisé, moi je conduisais, et lui était content d'admirer Paris. Je ne peux pas rouler sur les berges de la Seine sans penser à lui.

Difficile de trouver un homme qui lui arrive à la cheville. Jeune, j'ai pu flirter avec de beaux garçons sans cervelle, mais je savais très bien que ce ne serait pas le bon.
Je voulais un intellectuel et bricoleur. Le seul que je connaissais comme ça était Laurent. Mon ami d'enfance estimait et admirait mon père et c'était réciproque. Mon papa aimait l'imagination, l'intelligence et l'aisance de Laurent. Et puis Laurent n'était pas dangereux : il était mon ami et rien d'autre. Son regard aurait sans doute changé si Laurent était devenu un soupirant...  Mon ex mari était bricoleur, pas intellectuel, manuel. Mon papa a toujours eu un plus grand respect pour les manuels, pour l'amour du travail bien fait. Jamais je n'aurais pu épouser un homme qui ne plaise pas à mon père. Mon papa a eu de la peine lors du divorce  mais il a bien vite compris ma décision.

Athéna l'appelait par son prénom parce qu'à 14 mois elle avait imité ma mère qui l'appelait. Elle lui écrivait des poèmes et le faisait rire. Elle lui disait qu'il était son grand père mais pas mon père, faut pas rigoler hein !
Artémis était l'enfant timide qu'il a du apprivoiser comme moi. Elle lui disait qu'elle voulait un père comme lui. Il a été son père de substitution quand le sien a été moins présent. Aujourd'hui elle en parle encore en disant qu'il était le seul à l'aimer.  Et je regrette qu'elles n'aient pas eu ma chance, et je m'en veux.

Je parlais récemment avec Calpurnia la gentille sorcière (qui a aussi un père formidable, des parents unis) de la difficulté de trouver un homme bien, de la chance qu'ont eu nos mères... Et elle m'a parlé  de cette belle chanson de Linda  Lemay que je ne connaissais pas honte à moi...  Le plus fort c'est mon père...

Je pense à toi souvent papa. Je t'entends me parler. Quand je démonte un truc et que je ne sais pas quoi faire, je te dis "aide moi" et je trouve aussitôt l'outil adéquat. Quand je craque je te demande de m'aider. Et je pense souvent à cette phrase :
Ne pleurez pas celui qui vous a quitté, réjouissez vous de l'avoir connu.

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mardi 29 avril

La vie sans GPS ou les 20 ans d'Athéna...

voiture1Ça fait un moment que j'y pense déjà... Une nuit où j'ai du aller chercher Athéna au fin fond d'une banlieue, où elle avait choisi d'aller en boîte. On se parlait par téléphone : il y a une route, un carrefour, route de machin. Moi aussi je voyais des routes, des carrefours et la route de machin. Et encore heureux que les portables existent !

Finalement de guère lasse, à 4 h du mat, je lui ai dit : "je suis à tel rond point de tel ville, prends un taxi pour me rejoindre". Le taxi, d'ailleurs en passant avait un GPS, mais était incapable de trouver le rond point (que j'avais pourtant nommé). Il a fallu que je fasse le tour du rond point pour lui dire le nom des rues.

Athéna me promit de m'acheter un GPS... Ben oui plutôt que d'admettre que c'était sa faute, qu'elle n'aurait jamais du partir sans savoir comment revenir, (et même pas pour aller dans sa discothèque habituelle), il fallait bien calmer la colère de sa mère ! Alors c'était la faute de ma voiture qui n'a pas de GPS !

Les 20 ans d'Athéna

Ou pourquoi le GPS revient dans les conversations...

Pour ses 20 ans, Athéna ne veut rien faire comme tout le monde, rien de ce que je lui propose. Un repas de famille avec quelques amis ? Une soirée ? Un repas avec ses copains du Sud et un goûter en famille en rentrant de vacances ?
Non rien de tout ça !

Après beaucoup de discussions et surtout du harcèlement de ma part, parce que si elle n'envoie pas d'invitations rapidement, personne ne sera dispo, elle se décide... Le jour même de ses 20 ans, le samedi, un pique nique au bord de l'eau, avec tous ses potes du Sud, dans Grande ville du Sud, ensuite ceux qui veulent iront en boîte. Je suis invitée... à faire les sandwiches et le chauffeur ?
Non j'exagère, ma fille veut que je sois là, et puis ses potes je les ai connus tout petits (ou presque).
Pour la suite de l'organisation (qui n'a rien à voir avec le GPS), un repas avec les copains à la maison de vacances, et au retour une soirée resto avec la famille !

Je trouve ça un peu compliqué tout ça : faire venir les copains de Petite ville du Sud à Grande ville du Sud, même si ils y vont souvent, tous ne veulent pas aller en boîte. L'un d'entre eux a un studio en ville et l'autre une chambre d'étudiant. Pour dormir à 10 c'est peu. Mais bon Athéna a 20 ans on ne va pas la contrarier !

Quand à moi, pas folle, j'ai réservé une chambre à l'hôtel. Mes filles me jurent qu'elles ne dormiront pas de la nuit, et que même je peux squatter chez Anthony... Euh comment dire... Non merci ! Je veux bien boire une bière avec eux, mais pour le reste j'ai une certaine idée du confort !!!

Nous voilà donc parties de la maison de vacances. Nous emmenons une copine des filles, Solène. Depuis la veille j'ai reçu 10 000 textos des potes de mes filles : tu peux m'emmener ? tu as combien de places dans ta voiture ? au retour on peut ramener machin ?

Le coffre est plein de victuailles, et avant toute chose je veux passer à l'hôtel déposer mes affaires. Athéna connaît certains quartiers de la ville, (c'était la ville de Martin), mais pas tous. Quand j'ai cherché l'hôtel sur Internet, j'ai évité les zones industrielles, elle m'a dit quels quartiers éviter (tu vas trop flippé la nuit à pied par là). J'ai choisi le Nibis centre le moins cher des deux. Sur le plan c'est à deux pas d'une place facile à retrouver, place sainte Jeanne.
L'heure tourne, nous avons droit aux embouteillages. Nous avons un plan, mais c'est compter sans les sens interdit. Solène aussi connaît un peu Grande ville du Sud. À elles deux elles m'embrouillent. À droite, non à gauche. On est où là ? C'est la gare ça ?
Athéna n'a jamais différencié la droite de la gauche :
- à gauche, mais à gauche, tourne !
- mais il n'y a pas de rue à gauche !
- mais je voulais dire à droite ! C'est malin c'est trop tard !
Le record du bétisier de ma blonde : "passe sous le pont"
Moi, docile je passe sous le pont !
- Non je voulais dire PAS SOUS LE PONT !

Bref l'ambiance se dégrade dans la voiture. Et aucun panneau pour indiquer la place Sainte Jeanne, ou la place Saint Jules ou les rues que nous repérons sous le plan. Finalement une dame nous indique une rue. Et dans cette rue l'hôtel Nibis centre est fléché. Après deux flèches et 3 rues nous le trouvons (impossible à trouver sans les flèches, complètement paumé dans des rues d'immeubles sans aucun repère). Heureusement il reste une place au parking. Ben oui on ne me l'a pas dit ça : le parking est petit, si il est plein on me propose un ticket pour la place Sainte Jeanne (génial je la trouve comment) et en plus il est payant.
Tout bien pesé avec les suppléments non annoncés, j'aurais pu prendre l'hôtel plus cher et plus facile à trouver !

sud

Peu après nous nous retrouvons sous les ponts avec les amis de ma fille. J'aurais préféré qu'on s'assoit dans l'herbe, mais Athéna a 20 ans on ne va pas la contrarier. Le pique nique se passe bien, plusieurs copains de Grande ville du Sud passent dire bonjour. Martin, venu en avion de Paris exprès pour l'occasion, nous rejoint.

Au bout d'un moment, je commence à fatiguer. Je dis à Athéna que si elle n'a pas besoin de moi pour l'emmener en boîte je vais me coucher. Athéna n'a plus envie d'aller en boîte (j'en étais sûre) vu que tout le monde est là et à part les filles, personne n'est tenté par la discothèque.
Anthony, qui a un studio me propose gentiment de m'héberger, je décline, il me dit qu'il hébergera mes filles. Mes filles décident de rester Place des bars, où il y a de l'animation. Je leur précise bien que je ne ressortirais pas de l'hôtel pour aller les chercher : il est trop dur à trouver, et je risque de perdre ma place de parking.

Je prends ma voiture. À l'hôtel j'ai pris un plan du centre, petit et coloré plus facile que le classique plan de ville. À priori ça a l'air facile, avec les feux rouges, j'arrive à lire en conduisant. Et le calvaire commence. Place des bars, Église Saint Cyprien, sens interdit, parking du centre, bar de la pétanque. Traversée de la rivière, erreur, retour au point de départ  : place des bars.

Bon je recommence, j'ai du me tromper là, j'essaye une autre rue. Église Saint Cyprien, c'est là que ça cloche. Rue Jean Moulin, parking du centre, bar de la pétanque, merde la rivière encore ! Retour place des bars... Je le refais avec quelques variantes. Direction autoroute, non je sors de la ville, c'est pas bon. J'appelle Athéna ça coupe.
Je n'en peux plus. Je me dis que je vais garer la voiture dans un parking payant et me débrouiller à pied (je n'aurais pas les sens interdis) ou alors prendre un taxi. Beaucoup de frais en plus, mais là je n'en peux plus !

Je m'arrête devant le bar de la pétanque, que je connais pour y être allée avec mes filles. J'appelle Athéna : "je suis devant le bar de la pétanque, tu ne peux pas me guider". J'entends à peine ma fille dans le fond sonore : "mais nous on est pas au bar de la pétanque ! Viens nous rejoindre au bar Maxime". Énervée je raccroche. Solène la copine me rappelle, je te passe Martin. Martin essaye de m'expliquer : "revenez vers la place des Bars, et ensuite retournez vers l'église saint Cyprien et prenez à droite"
- c'est ce que je fais depuis une heure !
- si vous ne trouvez pas, revenez place des bars, et je vous emmènerais !
Je refais un tour gratuit. Ça va faire une heure que je suis en voiture. Je roule dans des rues où il y a beaucoup de monde, des piétons sur la route, des petites rues, génial ! Je suis passée 15 fois place de bars, mais maintenant que je veux y retourner j'ai du mal !

Enfin j'y arrive ! De peur de me perdre encore, je me gare n'importe où (au feu rouge avec les warning) et j'appelle Martin. Il me rejoint. Je lui demande comment il fera après : "vous me ramènerez ici !"

- alors tu as intérêt à me montrer l'aller et le retour !

Martin me guide, mais lui aussi est surpris, les rues ont changé de sens depuis qu'il est parti. C'est simple, mais impossible à trouver. Il ne connaît pas l'hôtel mais nous retrouvons les flèches que j'avais vu la première fois. Je le ramène, et là aussi c'est tout simple. Je lui fais répéter dix fois les points de repére pour mon retour. Quand je l'ai re-déposé place des bars, et enfin rejoint l'hôtel, (ouf il reste une place au parking), je suis épuisée. Heureusement qu'Athéna n'a pas 20 ans tous les ans !

Vers 4 h du matin, Athéna m'appelle. "On est chez Anthony, Artémis veut rentrer, je la ramène à l'hôtel".
- tu vas retrouver ? Et toi tu fais quoi ?
- peut-être rejoindre Martin place des bars...
- je n'ai pas trop envie que tu sois dans les rues seule. Passe me voir quand tu ramènes ta soeur.

Athéna (qui ne sait pas la différence entre la droite et la gauche) et Artémis (qui suit sa soeur épuisée mais serait incapable de se repérer) demandent à un charmant jeune homme où se trouve le Nibis centre (centre tu parles !) Et le charmant jeune homme (guide touristique de son métier) accompagne les deux parisiennes jusqu'à l'hôtel (qu'elles n'auraient jamais retrouvé).

Artémis se couche aussitôt. Athéna essaye d'appeler des copains puis se couche aussi. Ça aussi j'en étais sûre (on ne va pas dormir tu parles !)
Gros avantage du Nibis centre : le lit est si grand que nous dormons sans problème...

Prochain achat : un GPS... Prochain hôtel... euh on verra, mais je me méfierais de l'appellation "Centre"

Posté par louisianne à 12:01 - Quotidien - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 19 avril

En vacances

ananas_orangeEn vacances une semaine loin d'Internet... Dans le Sud, où nous allons fêter les 20 ans d'Athéna... Pas une grande fête, non une fête de potes de mes filles... (avec leur vieille mère, si si !) et nous ferons un repas de famille plus tard...

Loin d'Internet mais pas tant que ça... J'ai craqué pour l'every*where de l'opérateur Mandarine, parce qu'il permet d'acheter des heures ou des week-ends... Je n'ai pas envie de payer toute l'année pour deux mois l'été...

Je sais la petite clé rouge et blanche de ElleSaitFaire que l'on voit à la télé est moins chère, mais dans mon village, c'est Mandarine qui capte ! Mandarine ou rien du tout... Et puis j'ai pas envie de payer toute l'année...

Et je n'ai rien dit à mes filles, Hihi ! Je vais leur faire la blague, quand elles émergeront de leur lit, d'être sur mon Portable et de dire "MSN bugue, flute !". Puis après on se chamaillera parce qu'il n'y a que deux heures de crédit pour nous trois !

Posté par louisianne à 12:00 - Quotidien - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La fin de l'amie (fin)

bureau2Nathanaëlle fait de plus en plus de réflexions...
Soit à moi : "tu plais parce que tu es disponible" sous entendu si je n'étais pas mariée, c'est moi qu'il choisirait... Soit à Patrice : "et moi je suis transparente, tu ne me dis plus bonjour"...

Je commence à me demander si elle si heureuse qu'elle le dit en couple. Ce qui expliquerait sa curiosité pour la vie des autres, son intérêt pour mon histoire... Elle est envieuse...

Les rumeurs vont bon train bien sûr. Je pars en vacances, et de bonnes âmes me disent que Nathanaëlle a profité de mon absence pour déjeuner avec Patrice. Je ris. D'abord parce qu'on croit bon de m'informer (j'ignorais qu'il était ma propriété) et je ris du procédé puéril.

Les choses se dégradent aussi côté travail. M. Jeufairien est parti. Notre équipe va disparaître, chacun va soit trouver un poste, soit être recasé sans choisir. Nathanaëlle remplace M. Jeufairien par intérim. Tout le monde sait à la direction que M. Jeufairien ne faisait rien, et tout le monde croyait que Nathanaëlle faisait le travail à sa place. Or il n'en est rien, et Nathanaëlle est en première ligne maintenant. Quand elle part au mois d'août, je ne fais plus ce que je faisais avant : ramasser tous les dossiers en retard qu'elle a laissé traîner et le faire à sa place. Je ne fais rien. La secrétaire du directeur trouve un jour surprise une lettre datée et signée et jamais partie sur le bureau de Nathanaëlle.

Le directeur aussi me demande un travail, ce qui fait que je suis en contact direct avec lui. Nathanaëlle a peur que je parle d'elle : que je fasse comme elle en gros ! Descendre quelqu'un de mon équipe.
Elle travaille encore moins qu'avant. Elle passe son temps à se faire des relations pour son futur poste.

C'est une personne très classique. Ce qui est assez étrange, car je ne le suis pas. Habillée classique, s'exprimant de façon classique, préférant les gens qui ont la cinquantaine et font des ronds de jambes. Classique aussi dans ses loisirs, dans ses goûts. Parfois elle me faisait plus penser à la génération de mes parents qu'à la mienne.

Aurais-je été aussi aveugle ?

Elle ne se fait pas que des relations pour le travail : il n'y a plus de chef, donc plus de garde fou. De plus en plus de "clients" extérieur à notre service viennent prendre le café dans le bureau et restent longtemps. Tout cela déplait, se sait.

Un jour le clash a lieu. Nathanaëlle s'approprie un travail que j'ai fait pour le présenter au directeur en mon absence. Celui là n'est pas dupe bien sûr. Quand à moi si je peux laisser couler des manigances puériles pour attirer les regards mâles, je ne peux laisser passer ça.

Le froid s'installe dans le bureau. J'ai beaucoup de peine, je suis blessée. Je n'ai pas oublier les bons moments, la complicité. J'ai du mal à croire à ce que j'ai découvert d'elle. Nous ne nous parlons plus que par nécessité, pour le travail, mais nous sommes toujours face à face physiquement.

Un homme vient travailler pas loin de nous. Pas un bel homme comme Patrice, mais un ami du directeur. Il n'est là que par interim. Il est très intéressant, érudit, s'intéresse à tout. Il se lie d'amitié avec elle et moi. Je déjeune avec lui de temps en temps. Mais Nathanaëlle se débrouille pour déjeuner tous les jours avec lui...

Un jour il vient nous présenter un projet sur un PC dans notre bureau. Nathanaëlle est passionnée (sauf qu'elle ne se passionne pour rien).  Je pose des questions.  Nathanaëlle a un comportement si choquant qu'Annette et moi nous regardons ! Incroyable, je ne saurais pas le décrire... Se faire remarquer, parler d'elle en en faisant des tonnes...
Ça donne :
- tu crois que je pourrais être chanteuse, Barbara mais en blonde, tu veux que je chante...
Ce n'est pas la première fois bien sûr que je la vois faire un tel cinéma. Mais je n'y avais jamais vu si clair...

Finalement sa dernière tentative, sa dernière gaffe elle la fera avec Patrice. Patrice et moi nous connaissons depuis deux ans. Il m'a raconté sa vie, je l'ai écouté des heures. Il est toujours content de me voir, nous sommes devenus très proches. Nous nous plaisons bien sûr, mais c'est tout, parfois c'est comme ça et on sait que ça ne sera pas autrement. Nous avions besoin l'un de l'autre, à ce moment là, où je n'étais pas complètement guérie et où lui avait des problèmes personnels et professionnels.  Patrice était marié et il n'avait rien d'un cavaleur.

Nathanaëlle lui plaisait aussi probablement, au moins physiquement. Mais la relation était superficielle, comme toutes les relations de Nathanaëlle. Patrice connaissait son mari. Nathanaëlle n'aurait donc pas du voir d'un si mauvais œil ma complicité avec Patrice.

Un jour je reviens de vacances, je suis seule, Nathanaëlle est encore en vacances. Patrice arrive dans mon bureau et me demande où elle est... Je lui réponds qu'elle rentre demain...
- parce que j'ai un truc à lui donner" se croit il obligé de justifier, comme si j'allais le fouetter...

Je ne suis pas surprise, on m'a déjà prévenu qu'il ne fallait pas que je tourne le dos ! Diantre ! Quand Nathanaëlle arrive le lendemain, je lui dis que Patrice l'a cherchée. Elle bafouille rougissante "c'est parce que on a travaillé ensemble sur le dossier x"... Comme si j'allais la fouetter.

Je rigole bien sur mon clavier ! Il est vrai que Nathanaëlle, vu que je ne suis plus son amie a eu tout le temps de se faire des films... Et pour quelqu'un comme elle, tout ne peut tourner qu'autour de la drague...
Louisianne a eu une aventure il y a peu, elle a du faire du lieu de travail son terrain de chasse... Louisianne est disponible donc elle... Ben oui parce que se dire "Louisianne on l'aime bien, Louisianne se fait des amis" ce serait horrible !

Je ne sais pas quel était ce "truc"... Mais Patrice lui voudrait bien que je le sache. Il arrive dans le bureau et dit bien fort à Nathanaëlle : "vas y écoute les CD que je t'ai passé"... Elle est gênée. Patrice explique qu'il s'agit de maquettes d'un groupe quand il était jeune...

Je vois très bien la scène sans y être : Patrice parle de son groupe de jeunesse, Nathanaëlle s'écrit : "génial, je veux écouter"...
Je lui dirais bien qu'elle ne s'y intéresse pas vraiment. Qu'elle va mettre six mois à les écouter, six mois à lui rendre, et que l'avis qu'elle lui donnera le décevra sûrement. Elle n'y connait rien ! Il est comme un gamin tout fier qu'on s'intéresse à lui ! Les hommes peuvent être bêtes parfois !

Mais je ne lui dis rien, il le verra bien tout seul. Et il le voit. Il m'en reparle ensuite. Il a vu clair dans son manège :
- j'ai été nul ! C'est la rivalité avec toi ! Je n'avais pas compris !
- Si, un peu ! Quand tu es venu me dire que tu avais quelque chose pour elle, on aurait dit que tu avais peur d'une scène !
- ben oui c'est à ce moment en fait que j'ai réalisé ! Que ça avait quelque chose à voir avec sa relation avec toi !
- et après tu as tout fait pour que je sache de quoi il s'agissait. Comme si tu étais coupable !
- j'ai été con hein ?
- non juste crétin !

Même après les changements de postes, Patrice est resté en contact avec moi. Pas avec elle bien sûr.

Après heureusement les déménagements, changements de service,  je l'ai perdue de vue.

Mais cette histoire m'a laissée un goût amer. Était-ce parce que j'allais mal que je n'avais pas vu clair en elle ?

Je n'avais pas vu qui elle était : envieuse, superficielle et tout à fait immature dans sa relation aux autres.
Mais bien sûr il y avait tout de même des points communs qui nous avaient réunies, et qui m'ont fait avoir longtemps de la peine et des regrets.

Et puis je me rendais compte de tout ce que j'aurais du faire et ne pas faire. Je n'aurais jamais du me confier à elle, je n'aurais jamais du lui parler d'Alexis. Je n'aurais jamais du lui faire confiance et croire que ma bienveillance à son égard était réciproque...

Mais grâce à elle je sais reconnaître rapidement ceux et celles qui ont la même personnalité.

Et j'ai surtout appris à me méfier des amitiés de bureau... Il est vrai que le contexte s'y prêtait (trop peu de travail)

Mais c'est si loin tout ça, et j'ai tellement évolué depuis, que je n'ai pas besoin de me méfier... Aussi agréables que soient les relations de bureau, je sais que ce sont des relations factuelles. Et j'évite les confidences, les miennes et celles des autres !

Posté par louisianne à 08:00 - Le passé - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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