Une grande rêveuse

Des petites choses que j'aimerais bien dire à quelqu'un

vendredi 28 septembre

L'ami d'enfance (partie 4)

rocaille2Donc Laurent est de nouveau avec Brenda, quand à moi mon histoire avec le sosie de Laurent ne dure pas longtemps. Je n'ai pas vraiment envie de me caser, et surtout pas de devenir un couple qui ressemblerait à Laurent et Brenda : ils passent leur temps à se disputer !

Le temps passent. Nous avons 18 ans. Laurent passe le permis, moi aussi, petit à petit les plus âgés de la bande se mettent à conduire. Le jour où j'ai le permis, Laurent veut me faire conduire la 2 CV de ses parents, il m'emmène dans les petits chemins creux de campagne, je suis complètement paniquée, c'est quoi ces vitesses au tableau de bord ?
À cette époque Laurent avait pris un peu plus de liberté avec Brenda, il allait où il voulait prenant le risque de la voir débarquer et faire une crises d'hystérie. Il était prudent tout de même,  me disait souvent "ne dis rien". Pas vraiment téméraire. Lui parler, le voir, restait tout de même difficile. Souvent quand il y avait une soirée, nous aimions nous retrouver après pour en parler, c'est comme ça l'amitié. Le besoin de s'isoler pour partager.

J'achète ma première voiture une R5. Peu de temps après avoir massacré la 2 CV de ses parents, Laurent s'achete la même voiture que moi, sauf la couleur. Alors il passe beaucoup de temps chez moi ou chez lui à bricoler sa voiture ou la mienne. C'était l'époque bénie où on pouvait encore ouvrir un capot sans voir une collection de boîtes en plastique (elle est cachée où la batterie ?) et où le contrôle technique n'existait pas !

Mais je m'égare, il vaudrait mieux que je laisse le sujet à Ceudidit, par là ! Mais bon on peut être une grande rêveuse et aimer les voitures, j'en parlerais un jour !

Lorsque quelque chose cassait dans la mécanique de Laurent (sa voiture pas lui) il venait vérifier si il n'y avait pas la même panne sur la mienne.
Le temps passe, je me souviens de l'année du bac de français. Époque où nous lisions les mêmes livres Laurent et moi. Nous en parlions. Lui bien sûr n'en parlait pas avec Brenda. Les crises de Brenda étaient devenues légendaires, pire la risée de la bande !
Je me souviens d'un soir où nous étions réunis chez Laurent. Caroline et Camomille avaient décidé (après en avoir averti tout le monde en douce, sauf les principaux intéressés) de faire semblant de draguer Laurent.  Caroline crie haut et fort : "Laurent, je te plais, j'ai une chance avec toi ? Ça te gênerait quelqu'un que tu connais depuis si longtemps ?".  Puis ma soeur en rajoute une couche. C'était gros, mais Brenda a fait sa crise de jalousie ! Les garçons riaient, proposaient de fournir les armes !
Laurent ne réagissait pas trop. Des années durant je lui ai reproché sa lâcheté dans les relations humaines. On ne se ressemblait pas pour ça, et souvent ma franchise et mon franc parler lui faisaient peur ! Aux abris !
Avec le temps j'ai appris à faire avec. Je me moquais gentiment de lui : tu es aussi dégonflé que mon vélo ! Ou encore : c'est vraiment la honte pour moi d'aimer un poltron. Bien sûr je parle de relations humaines. Il n'était pas poltron pour le reste ! Je me souviens qu'un jour il est venu à mon secours quand un ivrogne m'avait harcelée dans une fête !

L'année scolaire où j'ai eu 19 ans, j'ai changé de milieu scolaire et je suis allée à l'école à Paris. Lui aussi venait de changer d'école. Un jour il vint me surprendre à la récréation. Il me dit que son école était à deux rues de la mienne. À partir de ce moment nous nous sommes vus toutes les semaines. J'allais le chercher à la sortie des cours le mardi, jour où nos emplois du temps concordaient. Nous allions dans un café boire un chocolat et parler. Parfois on se voyait aussi le mercredi après midi. Ou il venait m'attendre à la sortie des cours. Bien sûr tout cela en cachette. Par ses crises et son hystérie, Brenda avait réussi cela : nous nous voyons en cachette.

Personne dans la bande ne le savait, un jour Patrick frère de Caroline me dit innocemment : "je ne savais pas que ton école était si près de celle de Laurent".
- Ah bon ? moi non plus !
Vu que j'habite en banlieue, et que c'était ma première année d'école à Paris, je pouvais faire semblant de ne pas savoir lire un plan de métro.
Regard échangé entre Laurent et moi ! Ouf ! Bien sûr il y en eut de ces regards complices, et de ces fous rires plus tard quand nous nous retrouvions après !
- Tu as vu, tu as pensé la même chose que moi, non ?

Et c'était drôle !

Posté par louisianne à 10:51 - Le passé - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 26 septembre

L'ami d'enfance (partie 3)

C'était après les vacances de février. En hiver nous allions moins ma famille et moi à la maison de campagne. La vie y continuait cependant. Durant les vacances Brenda était partie faire du ski avec une de ses amies de classe, sans son petit copain. Les parents de Brenda étaient assez stricts. Laurent ne dormait pas chez elle, ni ne partait en vacances avec elle. Des parents qui préféraient fermer les yeux, puisque bien sûr les jeunes gens n'avaient pas attendu la permission des parents pour sauter le pas !

fleurs_by_louisianneJ'appris par ma tante Jeanne que Brenda avait rencontré un homme plus âgé aux sports d'hiver et qu'elle avait donc plaqué mon ami. J'étais bien sûr ravie qu'il soit enfin débarrassé de cette plaie, mais triste pour lui tout de même.

Le premier week-end où je retournais à La Folie, je pris vite conscience lorsque ma soeur Camomille et moi avons rejoint la bande, de l'ampleur des dégâts. Brenda, décidée à redevenir ma grande copine voulut me présenter Matuvu son nouveau Jules. Il était petit, moustachu, quelconque. Par contre on l'entendait ! Il avait tout vu, tout fait, se disait cinéaste, avait une Mercedes, faisait du charme aux grand-mères, aux mères et à toutes les copines de Brenda. Bref un type qui n'avait pas l'intention de passer inaperçu.
Le village lui-même avait changé. Les parents de Caroline, la grand-mère de Brenda recevait ce type à bras ouverts comme s'ils le connaissaient depuis 20 ans.

- Oh ce qu'il est drôôôle ce Matuvu ! Quel charmeur !

Nous en avons beaucoup parlé avec mes parents qui ne comprenaient pas non plus cet engouement. Les seuls à rester sceptiques furent donc ma famille, et mes cousins. La mère de Brenda refusait de le voir. Il était plus âgé que sa fille et elle continuait à prendre sa fille pour une sainte nitouche.

Mais lorsque nous en parlions à Caroline en lui demandant si elle croyait tout ce qu'il disait, elle ne voulait pas nous entendre. Pas facile bien sûr quand ses propres parents tombent dans le panneau  !
Ce week-end là je me fis entraîner bien malgré moi par Brenda, elle voulait mon assentiment  : tu le trouves comment ? Et nous proposa un tour en voiture avec lui, ma soeur, Caroline et moi. Il conduisait comme un taré et nous emmena beaucoup trop loin dans une ville dont on n'avait que faire. Camomille râla : j'en ai marre je veux rentrer, qu'est ce qu'on fout là ?
Nous avions envie de retrouver la bande. Quand à moi au retour je critiquais sa conduite de taré ce qui le mit en rage, et il conduisit encore plus mal.
À compter de ce jour, ma soeur et moi nous sommes contentées de le voir de loin. Brenda comprit bien vite que nous n'avions pas envie de tomber sous le charme de Matuvu. Lui par contre ne renonça pas. Il détestait Laurent son prédecesseur, moi j'étais proche de Laurent. Matuvu essayait toujours de me parler, voir de m'inviter à danser lors des soirées.

Ce week-end là, je n'eus pas le temps de voir Laurent. Je l'avais aperçu chez Brenda, rapidement. Il avait les yeux tristes. Je m'en voulais, je n'aurais pas du me laisser entraîner, il allait croire que moi aussi j'étais béate devant Matuvu !
La semaine suivante j'écrivis une lettre à mon ami, le téléphone je n'osais pas encore. Je lui dis que je détestais le cinéaste au chômage (je soupçonnais ce type de ne pas travailler quoiqu'il dise !). Il me répondit une lettre où il me parlait de la pluie et du beau temps, mais je compris qu'il était content.

Puis le week-end suivant nous avons fait une longue balade dans la campagne et nous avons parlé. Il était triste bien sûr. Cette fois il ne s'agit pas juste d'un flirt sous son nez. Je ne sais plus ce que je lui ai dit. Mais sûrement que j'ai pu lui prouver par A + B qu'elle était stupide, obsédée au point que n'importe quel mâle qui insiste un peu avait ses chances !

J'ignore combien de temps l'histoire a duré. Brenda toute fière racontait qu'elle était reçue chez le maire de la petite ville pour tourner un reportage avec Matuvu et son acolyte caméraman. Matuvu habitait Paris. Il y emmena un garçon du village voisin, Jeannot que nous voyions de temps en temps, pour lui trouver du travail. Les parents de Jeannot étaient naïfs.
Mais un jour la mère de Brenda, que j'avais entendu plusieurs fois insulter ce type plus que louche, appela les gendarmes. Matuvu dut être convoqué pour un contrôle et nous fit une magnifique crise de larmes.

On ne le revit plus jamais. Les gendarmes n'étaient pas venus pour rien. Matuvu était un escroc, il n'avait jamais été cinéaste, sa voiture était une voiture de location qu'il n'avait jamais rendue. Il avait emprunté de l'argent au maire de la petite ville, (qui avait cru qu'il passerait à la télé), aux parents de Caroline, des parisiens, le père travaillant dans une banque, comment avaient-ils pu être aussi naïfs ? Ainsi que les parents de Jeannot, des gens trop simples et trop naïfs. En effet Jeannot n'avait jamais travaillé à Paris, il se contentait de traîner dans les bars avec Matuvu.

Cette histoire date, c'est pourquoi je la raconte. Les journaux locaux en ont parlé. On y retraçait les méfaits de Matuvu. Ce qui m'avait révoltée à l'époque c'est que personne ne disait pourquoi Matuvu avait atterri à la Folie : parce qu'une certaine Brenda l'y avait invité ! Le père de Brenda était une figure locale. Donc on passa sous silence ce chapitre.

Camomille, mes cousins et moi jubilions : on vous l'avait bien dit ! Mais ni Caroline, ni son frère, ni ses parents ne voulurent admettre leurs torts : ils le savait bien sûr !

La petite bande se retrouvait souvent chez Laurent.

Brenda après nous avoir fait quelques légendaires crises de larmes et de cris en public, ouiouin je suis malheureuse, vous ne savez pas ce que je vis, je l'aimais moi Matuvu ! (alors que personne dans la bande n'y prêtait plus attention) fut privée de sortie un moment quand ses parents connurent les résultats de l'enquête.

Un soir nous étions tous invités à une boum chez un ami dans un autre village, Brenda enfin hélas autorisée à sortir. Les parents nous emmènent, pas encore de permis de conduire. Ce soir là je danse souvent avec Laurent. Nous dansions souvent le slow ensemble pour parler. Brenda me fit remarquer que j'allais lui piquer "son" Laurent, parce que tout de même hein, elle l'aimait toujours !
- sans rire, tu es capable d'aimer toi ?

Ce soir là un garçon m'invite à danser. Il était brun, grand. Et je suis frappée à la première seconde par sa ressemblance avec Laurent. Il est plus grand que lui. J'hésite cependant... pas longtemps. Laurent me dit : "si il me ressemble, tu n'as rien à craindre !"

J'ai souvent repensé à cette histoire. Moi la fiérotte qui clamait haut et fort que Laurent et moi, non ce n'est pas possible, il n'est pas mon genre, je suis avec un sosie de Laurent!

Un jour mon petit ami vient chez moi, dans ma ville. Je l'ai pris en photo. Quand j'ai montré la photo à Laurent il m'a dit :
- c'est moi, mais je ne me souviens pas de ce jour, quand est ce que je suis venue chez toi ?
Même réaction de mon frère, mes soeurs, mes parents : c'est Laurent. C'est dire si la ressemblance était frappante.

Quand à Laurent, il retombe bien vite dans les filets de Brenda.

Posté par louisianne à 14:45 - Le passé - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 25 septembre

L'ami d'enfance (partie 2)

sapin_by_louisianne2Comme je l'avais déjà précisé, Brenda "la petite fille de la ferme" était une capricieuse. Et elle n'avait pas tellement changé en grandissant. Laurent ne pouvait faire plus mauvais choix !
A cette époque ma soeur et moi avions une amie de la bande de la Folie, Caroline. Aucune fille ne supportait vraiment Brenda, ses sautes d'humeur, ses crises, ses cris. Habituée à être gatée par ses parents, sa grand mère, elle se comportait en princesse.

Mon ami supportait tout cela stoïque. Elle était d'une jalousie maladive, au point qu'il devenait risqué de parler à Laurent. Nous étions toutes soupçonnées de vouloir lui piquer son petit copain ! Surtout moi ! Le vide se creusait entre le couple qu'ils formaient et les autres de la bande. Nous avions entre 15 et 18 ans pour la plupart et si bien sûr il y avait des flirts, personne n'avait vraiment envie de s'éloigner de la bande. Laurent et Brenda était tout de même avec nous pour les soirées (je n'ose pas écrire boum même si on parlait encore comme ça, ça fait trop démodé). Ils étaient parfois avec nous les après midi et les soirs "normaux", mais le plus souvent ils s'isolaient. Lui parce qu'il était probablement amoureux, (à mon grand désarroi, je dois l'admettre) elle parce qu'elle craignait la concurrence.

À chaque soirée elle retardait tout le monde parce que son sèche cheveux ne lui obéissait pas. Tout ça pour passer la soirée assise à surveiller son Jules, parce qu'elle n'aimait pas danser !

Enfin ils s'isolèrent les premiers temps, mais ça ne dura pas. Sans doute qu'ils se sont lassés. Pour couronner le tout Brenda était stupide (une caricature, je vous l'ai dit). Inculte, ne s'intéressant à rien à part son miroir et les garçons. Car la fidélité connaît pas ! Elle aurait eu tort de s'en priver, il fermait les yeux ! Au début ce n'était que des flirts, mais tout de même ! Comment mon ami était-il devenu une telle lopette ! Le grand mystère masculin ! Elle était jolie je le rappelle, mais pour la fille de 17 ans que j'étais, ça n'excusait pas tout.

Bien sûr très vite elle avait compris que Laurent et moi étions proches. Et je n'avais pas l'intention de me laisser dicter ma conduite. Aussi piquait-elle des crises d'hystérie quand elle apprenait que j'étais passée chez lui ou l'inverse. Ses scènes publiques fatiguaient tout le monde. Lui évitait les conflits, évitait de prendre parti. Certains disent que les hommes sont plus souples dans les relations humaines, d'autres plus lâches. Moi j'opte pour la deuxième solution. Je reprochais sa lâcheté à mon ami. Fuir les conflits, ménager la chèvre et le chou n'étaient pas dans mes gênes.
Toutes les explications ne servirent à rien et je renonçais bien vite à lui expliquer que lui et moi étions amis, point barre. Quand il partait de chez elle pour rentrer chez lui à l'autre bout du village, elle téléphonait pour vérifier qu'il était arrivé. Parce que pour rentrer chez lui il passait devant chez moi ! Heureusement pour moi Brenda n'aimait pas beaucoup sortir de chez elle.

Vouloir séparer des gens qui ne veulent pas l'être c'est le meilleur moyen de les rapprocher davantage.
La nuit, après une soirée passée avec la bande dans une maison des maisons, je rentrais souvent seule. Les autres filles ne le faisaient jamais sans être raccompagnées par les garçons, elles avaient peur. Et Laurent revenait de la ferme où il avait passé la soirée avec sa Dulcinée.

Nous nous croisions souvent près de chez moi. Quelquefois il essayait de me faire peur en me braquant sa pile  électrique dans le visage : "c'est bon, je sais que c'est toi !"
- moi aussi je sais que c'est toi ! Tu es la seule fille à te balader la nuit !

Il m'accompagnait devant mon portail. Et nous restions là dans le froid humide normand à parler. J'aime ces heures où on se devine plus qu'on ne se voit dans la pénombre. Quand sa voix baissait, quand c'était l'heure où tombe le masque, l'heure de confidences.
Je ne m'ennuyais jamais avec lui, je ne voyais pas le temps passer. Nous avions la même façon de fonctionner, d'appréhender les choses, le même humour. Une vraie complicité qui me fait penser souvent aux paroles de la chanson de Jean-Jacques Goldmann.

Tu es de ma famille, de mon ordre et de mon rang,
celle que j'ai choisi, celle que je ressens
dans cette armée de simples gens

Lorsque je le croisais dans la journée, j'étais rarement seule, j'étais avec la bande. Souvent il m'entrainait à l'écart pour me dire deux mots, mais il m'en voulait de ne pas être disponible les rares fois où il pouvait s'échapper.

Peu de temps après le début de son histoire avec Brenda j'ai offert à mon ami un cadeau et un poème pour son anniversaire. Puis ce fut son tour de m'offrir un cadeau, en cachette bien sûr. Je garde un souvenir ému de ce premier cadeau.
Nous parlions beaucoup de livres, nous lisions souvent les mêmes. Nous étions aussi tous les deux passionnés par la photo. J'allais le voir l'après midi quand il bricolait son solex chez lui. Je m'asseyais et nous parlions. Il ne ressemblait pas aux autres garçons. Les autres, dont mon frère étaient plutôt bruyants, frimaient sur des mobylettes chromés. Lui il était solitaire, calme et sa maladresse en solex faisait rire son frère et le mien. Même chose côté vestimentaire, et dieu sait que ça compte à cet âge ! Il était un peu à côté de la plaque, ça ne l'intéressait pas.
J'aimais bien ce côté là. Je le croyais rêveur, philosophe, solitaire. Cette image là est restée gravée en moi, pourtant j'ai compris plus tard qu'elle correspondait à une période de sa vie. J'avais oublié, comment ai-je pu, le petit garçon que j'avais connu !

Un jour il emmena son meilleur ami en vacances à la Folie. Celui ci ne trouva rien de mieux que de lui voler (provisoirement) sa petite amie. Il se fâcha avec son ami pas avec elle. J'avais renoncé à lui dire quoi que ce soit.
Pourquoi cette histoire qui aurait du ne durer qu'un été a duré si longtemps ? Mystère. Laurent était devenu bien vite la risée de la bande. Et je continuais comme avant, non pas à prendre sa défense mais à refuser d'entendre la moindre critique. Du moins quand j'étais là ! C'est ainsi que je conçois l'amitié. Je lui reprochais d'ailleurs de ne pas avoir le même courage quand Brenda me traitait de noms d'oiseaux !

Bien sûr j'étais déçue. Bien sûr je lui en voulais. Mais un jour un événement bouleversa le petit village de La Folie.

Posté par louisianne à 14:05 - Le passé - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 septembre

L'oiseau blond s'est envolé !

enseigne_by_louisianneVoilà Athéna a déménagé ! Sur le coup j'ai cru que j'allais pleurer le jour J ! Ben non ! En fait j'étais tellement crevée d'avoir transporté les cartons et les canapés que le dernier voyage, ça a été : bon c'est bon là, vous n 'avez plus besoin de moi ? bonne soirée les tourtereaux !

Et puis moi je suis comme ça, je pleure souvent avant l'événement et quand il arrive je m'en moque ! Exemple j'étais terrorisée à l'idée d'avoir quarante ans ! Et puis le jour même et après je m'en moquais totalement !

Enfin quand je dis qu'elle a déménagé ! C'est un bien grand mot ! À ce propos je remercie en passant Coraline, grâce à elle j'ai pensé à planquer ma pince à épiler pour éviter que ma fille ne parte avec !
Bref heureusement que Athéna n'a pas eu à rendre les clés de sa chambre ! Elle a pris ce qu'il l'intéressait : les meubles, petite table, étagère et a tout laissé par terre ! Oubliant au passage que moi, lasse du salon et du canapé je vais récupérer sa chambre !
Encore que ce n'est pas si sûr ! Artémis habituée à squatter la chambre de sa soeur (qui a le PC fixe alors qu'elle a un portable) s'est étalée et occupe maintenant deux chambres ! Au moins je ne m'ennuie pas ! Artémis est ravie d'être seule avec moi et invite tous les week-ends des copines, c'est bon il y a encore de l'animation à la maison !
Je fus donc catastrophée en voyant tout ce qu'elle me laissait, y compris l'armoire pas vraiment vide ! Je lui explique qu'il faut faire des cartons, qu'on mettra dans sa cave (elle en a une) ou dans la mienne et je la convoque le week-end prochain, non mais je ne vais pas faire tout ça toute seule !

Comme me le faisait remarquer gentiment Artémis la semaine avant le départ de l'oiseau blond : tire pas la tronche, elle part à deux pâtés de maison. Bien sûr tout ça je savais, je savais aussi que j'avais 3 enfants depuis mars et l'installation de Martin (le Jules de mon aînée) à la maison.

Donc dimanche soir ils dorment dans leur studio.

Lundi soir quand je rentre, ils sont là tous les deux. Elle devant la télé, lui devant le PC. Pas encore de télé ni de ligne pour brancher le PC. La machine à laver tourne (pas encore de machine). Mardi soir re belote. Du coup ils viennent avec nous au centre commercial acheter des vêtements pour Artémis et nous mangeons tous au Quick. Mercredi la télé est branchée, quand je rentre ils ne sont pas là. Mais ils sont passés, la machine tourne ! En passant ils oublient souvent de revenir le lendemain étendre le linge, devinez qui s'y colle ? Et qui n'a jamais de place pour étendre son propre linge ?

Jeudi j'emmène  Servane et ses filles voir le studio.
- en passant achète des boissons et des gâteaux pour les enfants, on a rien nous, maman, et t'as pas des casseroles en trop ?
Ça me fait drôle de voir ma fille grande, ma fille qui rince un verre dans l'évier (alors là ça tient du MIRACLE). Je lui demande ce que ça fait d'être grande ! Pfffft ! Ma mère qui croit encore que je suis un bébé !
Je prends ma réserve de bisous et de câlins : c'est bon maman on habite à côté !

Elle, elle hésite encore, dit à Martin, "on a le temps de passer chez moi, enfin chez ma mère ?"

Mais ce qui me fait le plus drôle c'est de m'entendre dire des phrases que ma mère me dit tout le temps :

- tu as du linge à récupérer à la maison ! Tu as ce qu'il faut pour manger ce soir !

La vie est un éternel recommencement !

Posté par louisianne à 08:00 - Quotidien - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 22 septembre

L'ami d'enfance (partie 1)

nuagerose1D'aussi loin que je me souvienne
Bribes d'enfance, bouts de scène
Ta voix ton visage et ta main dans ma main
Et nos pas sur le même chemin

Partie 1 ! Il m'en faudra combien de parties ? Une dizaine sans doute ! Je l'ai déjà évoqué brièvement dans la maison de campagne (partie 2). Il est temps maintenant que je me lance. C'est encore un billet que j'ai sans cesse remis au lendemain. Aussi douloureux que celui sur la maison de campagne !

Laurent et moi nous nous sommes connus à 5 ans.Je m'en souviens encore j'étais sur mon vélo rouge.  C'est loin j'étais une enfant mais je suis sûre que j'ai pensé : je vais l'aimer toute ma vie. Peut-être que ce souvenir là je l'ai inventé après. Mais l'image de lui je la vois encore.
J'étais timide. Pas lui, il est venu vers moi et m'a apprivoisée. Sa façon de dire mon prénom a toujours été unique. J'étais en admiration devant ce petit garçon plein d'imagination. Nous avons joué à toutes sortes de jeu, fait d'innombrables tour en bicyclette... Il me racontait des histoires extraordinaires, moitié inventée, moitié réelles. Il s'est même battu avec le petit garçon de la ferme pour mes beaux yeux. Plus tard nous nous sommes retrouvés toute une bande d'enfants, comme  je l'ai déjà raconté.

Nous ne sommes jamais quitté. Nous avions le même âge. Donc il évoluait plus lentement que moi. À 13 ans je suis tombée amoureuse de lui, mais c'était un vrai bébé ! Ça m'a passé très vite cet amour qui ne devait pas en être un ! À 14 ans alors que ça faisait déjà un moment que je me regardais dans le miroir en me demandant si je pouvais plaire et où je passais mon temps à parler de garçons avec mes copines, il chahutait encore avec mon frère et ses copains. Mais il ne fallait surtout pas dire du mal de lui ! Mes copines me demandaient pourquoi je défendais ce gamin, ce que je lui trouvais, pourquoi je traînais encore avec lui...
C'était comme ça. On s'aimait. Je n'avais pas conscience d'attendre qu'il grandisse, mais peut-être était-ce que je faisais.

Durant cette période qui aurait du normalement nous séparer, je mes souviens que nous nous écrivions de longues lettres l'été, période où je partais un mois dans le Sud avec mes parents.

L'été de nos 16 ans, Laurent partit en Angleterre et m'écrivit une lettre bizarre pleine de sous entendus à laquelle je ne compris pas grand chose. Sauf qu'il fallait absolument qu'il me parle en rentrant. Il disait aussi qu'il m'avait écrit une première lettre qu'il avait déchirée, il était troublé et ça m'aurait "amusée".
Laurent et moi avons toujours eu le goût des lettres. Bizarrement j'ai toujours eu la chance de rencontrer des garçons qui aimaient écrire ce qui est assez rare. Il savait à quel point l'écrit était important pour moi. J'ai gardé toutes ses lettres, lui a gardé les miennes, beaucoup plus nombreuses d'ailleurs !

Nous nous revoyons en septembre. J'ai la nostalgie de ces vacances scolaires qui duraient jusqu'en septembre ! Il me parle de sa copine rencontrée en Angleterre. Elle me ressemble. Pas physiquement mais de caractère. C'est de là que vient son trouble. Et il veut savoir bien sûr où  j'en suis moi. Il se doute que j'ai mûri avant lui, que j'ai pris de l'avance, combien j'ai eu de petits copains pendant qu'il jouait encore à la chasse au trésor ?

À compter de ce jour nous devenons des confidents, des âmes soeurs, des inséparables. Comme toujours lorsqu'on est ado on a besoin de dire les choses, de mettre les points sur les i alors que ça va sans dire !
Toi et moi on se ne quittera jamais, on se ressemble. Tu es mon frère, ma soeur. On ne sera jamais ensemble, mais on sera toujours ensemble, même quand on sera vieux, mariés, avec des enfants...
Nous n'attendons même plus le week-end pour nous voir, nous nous écrivons quand nous sommes à Paris. Écrire c'était important mais pas seulement : je suis restée longtemps timide avec le téléphone. Surtout à cette époque où il fallait dire : "bonjour monsieur, madame, pourrais je parler à Laurent", et quand les parents cruels disaient : "de la part de qui ?" c'était horrible ! Mes ados ont de la chance, vive les portables ! Cela dit je n'ai jamais torturé ceux qui appellent sur le fixe en demandant : Ouuiii de quiii est  ce la paaaart je vous prie ???

C'est lui je crois qui a du lancer la mode du téléphone entre nous le premier. Il était extraverti, j'étais réservée. Trop sociable et je préfèrais la qualité à la quantité. Je lui reprochais souvent de vouloir se faire aimer au point de perdre du temps dans des conversations banales avec des gens sans intérêt. Mais j'en reparlerais plus loin.

J'écrivais un journal depuis l'âge de 13 ans et à cette époque (quel courage !) j'écrivais tous les jours. Pas une conversation, une impression que je n'ai pas notée. Il le savait, ça le fascinait. Pour lui mon journal était comme un espion, un troisième oeil qui nous observait. Souvent quand nous étions en bande, il m'en parlait ensuite en me disant : "quand je pense que tout ça, tout ce qu'on a dit, tout ce qu'on a fait, tu vas l'écrire !" Journal ou pas, j'ai toujours eu une mémoire d'éléphant !
Alors souvent il venait lire mon journal, nous nous enfermions dans le grenier et nous restions des heures. Mes parents ne voulaient pas croire que nous étions sages... ben si ! Je lui interdisais cependant certaines pages ! J'écrivais aussi des poèmes, des romans, et je lui demandais son avis.
Il était loin d'être impartial ! Il trouvait ça magnifique, merveilleux, quel talent ! Il faut absolument que tu publies !
Je lui racontais mes flirts, je pleurais sur son épaule mes déceptions. Mais ça n'était rien de bien important à l'époque, juste une envie de plaire sans doute. De longues années durant j'étais bourrée de contradictions. Trouver le garçons idéal, (mais je mettais la barre si haut que je ne le trouvais pas), et surtout ne pas m'engager, m'amuser !

Si j'ai toujours voulu des enfants, enfin plus exactement si je n'ai jamais imaginé une vie sans enfant, je pense souvent que cette quête du prince charmant (commune à ma soeur et à moi) était plus dictée par une certaine pression due à l'éducation. Ma mère, surtout ma mère, n'avait qu'un seul discours : mariez vous, ayez des enfants, le même probablement que sa propre mère. Du coup ma soeur vivait dans une sorte d'angoisse de ne jamais trouver sa moitié d'orange et ce, très jeune. À dix ans on choisit déjà sa robe de mariée, on fait la liste des invités, on se demande comment sera notre maison. Et quand on joue aux barbies, ce sont des soeurs, des femmes avec un Ken chacune et un enfant.

J'en parle un peu dans La vie de famille, mais si je regarde en arrière, tout dans mon comportement des  années durant montre un grand amour de la liberté, une peur de l'engagement, une envie de s'amuser. Mais mon discours est différent, et l'angoisse (moins grave que celle de Camomille) est là.

Je m'égare, revenons en à nos moutons, ou plutôt aux vaches normandes. Arrive l'époque où les deux bandes, les paysans et les parisiens se réunissent. Pour ma plus grande joie puisque j'avais du mal à être coupée en deux et à voir mon ami isolé. Seulement voilà Laurent revoit la petite fille de la ferme, la capricieuse, appelons là Brenda, une vraie caricature ! Et il a la très très mauvaise idée d'en faire sa petite amie. Elle est jolie, on peut comprendre... Elle lui fera une vie d'enfer, et à moi aussi par la même occasion !

Posté par louisianne à 12:00 - Le passé - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 21 septembre

Nos belles mères

feu_by_louisianneÀ une époque mes soeurs et moi aimions nous retrouver loin des oreilles de nos maris pour dire du mal de nos belle-mères. Allez savoir pourquoi nos belles-mères ont toujours des défauts ! Peut-être parce qu'on les compare à notre mère ? Il est vrai que dans son rôle de grand-mère, notre mère ne nous donne pas matière à nous plaindre ! Présente, disponible, gate nos petits !
La mienne n'est pas une mauvaise grand mère, c'est ailleurs qu'elle pèche !
De la mauvaise foi de notre part ? Pas si sûr ! (lire la suite !) Heureusement pour Servane et moi, divorce aidant, la belle-mère on la voit moins souvent, elle est juste la grand mère de nos filles. Attention à ne pas dire de mal d'elles devant nos petites !

La belle mère de Camomille

  • est maigre à faire peur mais toujours au régime tout de même
  • ne mange que du blanc (dixit mon neveu) yaourt blanc, fromage blanc, tomate sans peau, parce qu'elle fait la guerre au calories, aux colorants.
  • fait de la cuisine allégée même pour noël, de toutes façons...
  • n'aime pas manger, les fêtes, le bruit, les repas de famille, se baigner
  • ouvre le frigo de Camomille pour lui dire qu'elle n'achète que des produits mauvais pour la santé !
  • ne sait pas dans quelle classe sont ses petits enfants
  • a une nette préférence pour les aînés de ses petites enfants (le premier garçon de son fils, la  première fille de sa fille). Les autres elle n'a ni le temps ni l'envie de les connaître !
  • est une catho tradi limite dictatrice (ma soeur et son mari ont fait semblant d'être sage avant le mariage et n'ont habité ensemble qu'après).
  • offre une bible comme cadeau au neveu qui a demandé une nintendo
  • est toujours malade (et si elle ne l'est pas elle invente une maladie)
  • traite son mari comme un chien
  • est près de ses sous
  • est intolérante
  • est psychologue, son métier, si si ! (le comble !)

La belle mère de Servane

  • se tient à table dos courbé, avant bras sur la table, mains vers le corps (je fais un dessin ou vous voyez ?)
  • fume comme un pompier
  • la première fois qu'elle a vu sa petite fille bébé, elle s'est assise face à elle la clope au bec, disant qu'elle passerait des heures à la regarder ! (mais regarder hein c'est tout !)
  • ne sait pas trop l'âge de ses 4 petites filles, leurs noms, pas sûr non plus !
  • leur a quand même ouvert un livret de caisse d'épargne, mais qu'elle est seule à gérer et que personne n'a jamais vu !
  • habite dans le jura mais ne vient jamais à Paris trop loin, trop fatiguant
  • sauf qu'après six mois de silence elle peut appeler pour dire qu'elle dort chez Servane ce soir, elle est déjà en bas de l'immeuble !
  • elle aussi est toujours malade !
  • trouve les enfants trop bruyants
  • est institutrice (si si !)

Ma belle-mère

  • a un rire tonitruant qui fait peur aux bébés (ma fille Artémis l'imite très bien)
  • est nulle en cuisine, (moi aussi mais elle c'est pire, ce n'est pas de la nullité mais de la mauvais volonté,voir plus bas ! )
  • sert un reste de purée Mico froide au repas
  • des pâtes dans leur casserole d'eau (c'est quoi une passoire ?)
  • ne parle pas, ne fait aucun effort pour ça, mais rigole (voir plus haut) éventuellement
  • ça n'empêche pas qu'une fois qu'elle est installée chez moi, elle peut y rester des heures tandis que je propose un Nième café !
  • n'a jamais pu jouer avec ses petits enfants (ne comprend aucune règle du jeu et attire les moqueries de ses petites filles)
  • critique ma façon de tenir ma maison
  • pensait que c'était de ma faute si son fils ne l'appelait jamais !
  • a toujours peur d'être laissée pour compte ex : pourquoi pour l'anniversaire d'Athéna ta mère est dans la chambre d'hôtel n° 17 et moi dans la 18 alors que c'est connu que le 17 etc... (j'exagère à peine)
  • insiste pour participer aux préparations des fêtes (Noël ou autre) mais est toujours malade, fatiguée au bon moment
  • ne travaille pas

Posté par louisianne à 11:43 - Famille - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 19 septembre

Soir d'été (partie 4)

grange_arbres_by_louisianneDans la voiture du retour une bande d'ados déchaînés (enfin 4 ados j'exagère) se tordent de rire, me questionnent, font des blagues salaces (ils font pas vraiment dans la dentelle ces petits djeuns !) Je les hais ! Je tente désespérement de les faire taire, j'ai besoin d'être seule là, de me remettre de mes émotions, d'y penser au calme...

Arrivée à la maison, je les jette (enfin je le ferais si je pouvais !) En clair ils descendent, je fais demi tour et je repars.
Me revoilà sur les routes de campagne qui serpentent. Je repasse devant le village, devant la maison de Marc, mais ce n'est pas le but. Je roule, doucement tout de même il y a des épingles à cheveux impressionnantes. Je ne vois pas les kilomètres. 15, 20 ? Je ne sais même pas quelle heure il est.

J'ai les jambes qui tremblent, un noeud dans le ventre, le coeur qui bat.
J'arrive dans un autre petit village. Je me gare sur la place. Un banc, une église, classique. Je prends mon portable. Une voix un peu étouffée : j'arrive !
Il arrive en courant me rejoint sur la place. Pourquoi je me retrouve en pleine nuit dans ce village. C'est une autre histoire dont je parlerais peut-être plus tard !
C'est un ami. Cette soirée a été riche en émotion car si ça fait un bout de temps que nous partageons beaucoup de choses lui et moi, j'ai l'impression que la relation, une vraie amitié, s'est installée vraiment ce soir là. C'était la première fois que nous parlions de choses aussi intimes. Encore un coup du destin. Je devais le rejoindre après la soirée, mais j'ignorais que la soirée serait si riche en événements !

Nous parlons. Je parle surtout. Ça me fait drôle de parler de mes émois, je ne peux en parler à personne et ça renforce mon impression d'avoir 18 ans ce soir ! Et comme le destin est bizarre ! Me retrouver là, en pleine nuit à parler avec un ami d'un flirt qui vient d'arriver ! J'avais besoin de cette balade en voiture dans la nuit, j'avais besoin de ce sas entre deux mondes. Après tant d'années à être plus mère que femme, je me croyais sur des rails...

Il me dit "il ne faudrait pas que tu deviennes sa maîtresse". Je réponds non. Je suis troublée bien sûr mais cela est du en grande partie au fait que ce genre d'aventures ne m'est pas arrivée depuis longtemps. Mais je ne suis pas amoureuse. D'autres m'ont marquée bien plus que Marc. "Si ça devait arriver, je crois que je passerais un bon moment et puis basta". Mais je doute que ça arrive !

Il me parle de lui aussi, de son ex. Nous parlons de nous aussi. La nuit est propice à ce genre de confidences. Nous nous aimons bien, nous avons des tas de points communs. Nous sommes toujours heureux de nous voir.
La dernière fois que j'ai du parler comme ça j'avais quel âge ? Pas de doute, j'entame une seconde jeunesse !

Je n'ai pas revu Marc. En fait je n'en avais pas trop envie. J'avais trop peur de le croiser avec sa femme. Comment aurions nous réagi ? Bien sûr nous aurions été capable de dire :
- les vacances se passent bien ? Tu es là jusqu'à quand ?
Mais bon tous ces non-dits, tous ces regards... C'est bon je préfère attendre l'année prochaine ! Je serais mieux armée, plus prête, ou alors je serais passée à autre chose !

Posté par louisianne à 12:01 - Rêves - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 17 septembre

Soir d'été (partie 3)

affichebal2_by_louisianneDonc je parle un peu à Marc et je le laisse. Je rejoins mes filles et leurs copains qui me bombardent de questions :
- c'est qui, c'est ton ex ? Il est marié ? Vas-y emmène le faire un tour derrière !

Je réponds à mes filles qu'elles rêvent, qu'elles arrêtent de vouloir me caser. Mais sans doute parce que je suis passée par la buvette, (et que je suis économique, deux verres me suffisent pour être gaie, mais pas au point de rouler sous la buvette quand même), donc ça m'amuse, je réponds. Ils insistent :
- regarde il est seul, c'est clair,si ça se trouve il a divorcé depuis l'an dernier !

Finalement lui et moi nous nous parlons une deuxième fois. Il me dit que sa femme est partie pour emmener un de ses fils je ne sais pas trop où. Puis ensuite je l'emmène voir mon frère et ma soeur. C'est la première fois depuis des siècles que je lui parle autant !

La soirée passe. Je danse, je me déplace, mes filles vont près de l'église pour discuter, je passe près d'elles, le copain de ma fille continue de me demander où j'en suis avec Marc.

Je n'avais rien prémédité. Je m'éloigne de la fête pour un besoin bien naturel. Je reviens et je le croise. Je lui demande où est sa maison. Nous descendons vers le village, une petite route qui descend vers la route principale. Sa belle soeur et son fils marchent à côté de nous quelques minutes. J'y fais à peine attention, pas plus que je ne remarque le moment où ils nous quittent.

Nous arrivons devant sa maison. Nous parlons. Puis nous parlons des autres maisons, celle là est à M. Machin, celle ci a été vendue. Puis chemin faisant, nous remontons une autre ruelle plus petite plus sombre, et il me montre l'arrière de sa maison, le jardin. Nous sommes derrière l'église.

Et bien vite je ne dis plus rien. Je ne sais plus quoi dire. Il me dit :
- quand on était jeune j'ai essayé de t'embrasser.
Je n'en suis pas si sûre. Je dis ah bon. Je ne sais vraiment plus quoi dire, nous nous faisons face. Il me dit : - en tout cas j'ai essayé quelque chose
- Je sais, j'étais jeune et stupide
Je ne me rends compte que plus tard que c'est un encouragement. Et ce qui devait arriver arrive : il m'embrasse.

Après je lui dis :
- tu vois il n'est jamais trop tard
En fait je serais presque prête à partir !
Voilà un baiser manqué il y a des années, un baiser rattrapé !
Il me dit : "maintenant je suis un homme marié".
Je réponds, "je sais je ne t'embêterai pas", et de nouveau je suis prête à tourner les talons. Je n'ai rien vu venir, mais je commence à être très troublée...
Mais il me tient pas la taille, il a du sentir que j'allais partir.

Et là j'ai 18 ans !  Je suis derrière l'église avec un garçon, nous nous embrassons loin des regards. Nous parlons un peu mais si peu !
Le temps passe doucement mais je suis de moins en moins à l'aise. Je pense à mes filles et à ma famille. Ils ne sont pas habitués à me voir disparaître (enfin pas si longtemps). J'entends des bruits de mobylette, les copains de mes filles sûrement.
Je lui dis que je ne suis pas à l'aise, que mes filles doivent me chercher. Il comprend. Nous contournons l'église et nous retrouvons à l'endroit où nous nous sommes croisés. Il me parle il me dit :
- je ne sais pas quoi te proposer. C'est dommage.
Puis : "j'espère qu'il y aura une prochaine fois !"
À son comportement, et en entendant ses mots je me dis que ça doit être la première fois que ça lui arrive. Nous marchons côte à côte. En bas de la descente ils sont tous là : mes filles, leurs copains, ma soeur mon frère. Je suis aussi gênée qu'une gamine surprise par ses parents !
Nous nous retrouvons tous ensemble, les copains de mes filles disent aurevoir. Marc dit bonne nuit à mon frère et à ma soeur. Je suis tellement troublée que j'avais presque oublié sa présence ! Mes filles sont mortes de rire !
Ensuite ma soeur me demande ce que je faisais dans le noir avec lui. J'explique qu'il me montrait sa maison. Elle trouve ça un peu bizarre mais bon !

Dans ma voiture j'emmène Athéna, Artémis, Martin et mon neveu. La soirée n'est pas fini ! Les jeunes ont décidé de m'embêter ! Ils ne vont pas se contenter de croire à la visite de la maison !

Posté par louisianne à 16:39 - Rêves - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 12 septembre

Soir d'été (partie 2)

fontaine6Nous voilà donc partis tous les trois en voiture. Mon ami Pierrick me fait des clins d'yeux, me donne des coups de coude, me regarde, pas la peine de parler, je comprends :
- hein il est bien mon frère non ? Tu veux pas sortir avec lui ? Ce serait chouette non !

J'étais (je suis) une rebelle. Je n'ai jamais beaucoup aimé qu'on me dise où aller et comment. Qui plus est je n'ai jamais compris ce besoin qu'ont les amis garçons de vouloir vous caser. Soit vous caser tout court (ils ont peur de quoi qu'un soir de pleine lune je leur danse la danse des amours comme si il était le dernier mâle sur terre ?). Soit vous caser avec leur frère, cousin, meilleur pote. C'est quoi ça, une façon de garder un oeil sur moi, des fois que j'ai envie d'épouser un australien et de partir avec lui !

Ce n'est pas le propos du jour mais il y a pire : l'ami qui vous présente un type improbable qui ne plairait à aucune femme normalement constituée ! Soit il n'a rien compris aux femmes, soit vous êtes vous même une femme improbable qui ne plairait à aucun homme normalement constitué !

Mais je m'égare ! Je veux en venir où ? Mon regard sur Marc le frère aîné aurait sûrement été différent sans les coups de coude de Pierrick. J'étais jeune je le rappelle.

Pendant que mon traître d'ami exhibe ses mollets poilus. Marc et moi nous parlons. Je ne suis ni aveugle, ni sourde, je vois les regards j'entends les compliments. Il est ingénieur, il me dit qu'il a rompu il y a peu avec son amie. L'appareil photo greffé à l'oeil je prends en photo mon ami. Marc discute photo il s'y connaît. Il me parle de la région, s'intéresse, me demande ce que je fais l'été.

Il est un peu maigre. Il n'est pas laid. Mais ça n'accroche pas, je reste sur mes gardes. Je le trouve aussi trop vieux, trop sérieux. Je sens quelque part le type qui veut s'engager dans une relation sérieuse. Moi je délire avec ma soeur et mes copains. Je ne suis pas prête et je suis bien chez mes parents. Car rappelons le je suis en vacances dans le Sud, mais j'habite l'île de France. Alors dans ma tête d'ado je me vois déjà tout quitter à sa demande... Et je freine des quatre fers !

La fin du match arrive. Je propose d'aller boire un verre. Mais Pierrick est invité par ses potes de foot. Du coup je me retrouve au café avec Marc. Nous continuons à parler. Les copains de ma bande sont là pas loin. J'aimerais bien les rejoindre. L'un deux vient me voir et me dire qu'il fait une soirée pour son anniv. Je suis contente, chouette !

Puis enfin Marc me ramène, après avoir récupéré mon vélo chez lui. Des années plus tard il me dira qu'il m'a raccompagnée chez moi comme si c'était un souvenir inoubliable. A tel point que je me suis souvent demandé si je n'avais pas perdu la mémoire en cours de route ! Se pourrait il qu'il y ait eu une autre occasion ? Une autre fois où il m'aurait raccompagnée ? Je ne sais pas quelque chose de plus marquant, plus romantique par exemple la nuit après une fête ?

Je ne l'ai pas revu des années durant. Le temps passe tout le monde se marie, a des enfants, on le sait par les parents. Seul Pierrick (marié deux enfants) est resté dans le village.
La relation n'a plus jamais été la même. On se dit des banalités, malgré mes tentatives pour avoir des conversations plus profondes. Du coup j'ai plus de choses à dire à ses frères qu'à lui. Jean Paul par exemple, je l'ai plus connu adulte que jeune.
Et Marc. Marc s'est marié a eu des enfants. Il est allé vivre quelques années à l'étranger et je l'ai revu avec deux enfants en bas âge. Marc a changé, il n'est plus maigre, beaucoup plus beau. Je connais sa femme qui a plus sympathisé avec ma soeur qu'avec moi. Sans doute parce qu'il dit à chaque fois qu'il m'a raccompagnée chez moi. On se voit tous les ans. Bonjour ça va, les enfants vont bien, et tes soeurs, frère, parents ? Il connaît le nom de mes filles, je sais celui de ses fils. Je le croise souvent une seule fois l'été, car il  ne reste jamais bien longtemps chez ses parents. Et si je le croise deux fois, on a plus grand chose à se dire à part "ça se passe bien les vacances ?".

Il est vrai que je me suis souvent demandé pourquoi je ne lui avais pas donné sa chance à l'époque. Trop jeune, trop bête, qui sait ?  Mais je ne le connais pas vraiment alors ce n'est pas un regret non plus !

C'est comme ça ce soir là. Il est seul et nous parlons plus que d'habitude. De loin je vois ma fille et son copain me faire des clins d'yeux, se donner des coups de coude ! Décidément rien ne change !

Posté par louisianne à 15:24 - Rêves - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 11 septembre

Soir d'été (partie 1)

affichebal_by_louisianneOn croit toujours que l'on est sur des rails, que le quotidien, les contraintes, les enfants ont pris le dessus. Je n'attends plus grand chose de mes soirs d'été à part passer un bon moment avec mes filles et ma famille.
Je souris en voyant mes filles se préparer pendant des heures avant de partir pour les bals de campagne. Je ris de ce qu'elles me racontent en rentrant dans la voiture, elles et leurs copains...

Mais je ne suis pas aigrie, loin de là ! Heureuse pour elles ! Heureuse qu'elles prennent la relève, c'est la vie !

Je suis loin de mes émois d'adolescentes, je crois que je ne vivrais plus d'émotions fortes. Enfin pas dans ces conditions en tout cas !
Et pourtant !

Un soir de bal. Je pars avec mes filles, Martin le Jules de mon aînée, un autre que nous emmenons. Puis ma famille, mon frère, ma soeur et leurs enfants, enfin leurs préados pour être plus précis. C'est le bal disco, celui de mon village. Ce n'est pas un des bals qui attirent du monde comme les festivals de rock ou les bals de certains villages mieux placés qui attirent les villes alentours.
Nous dansons tous, nous nous arrêtons à la buvette. Pas énormément de monde, ni d'ambiance. Je discute soit avec mes filles et leurs copains (d'autres les ont rejoint), soit avec ma famille.

Et voilà que je croise une connaissance. Il s'appelle Marc. Mais commençons par le commencement.

J'avais 18 ans. Ma soeur Camomille et moi allions régulièrement danser. Nous avions ainsi connu des garçons du village, des frères, Jean-Paul et Pierrick. Avec une nette préférence pour le plus jeune des trois (notre âge) Pierrick. Après avoir été le petit copain éphémère de ma soeur Camomille, Pierrick était devenu un ami et un confident pour nous deux. Nous connaissions un peu Jean-Paul, mais il venait moins souvent. Comme dans tous les villages, les jeunes gens quittaient leur parents pour la grande ville, pour étudier, travailler. Pierrick était encore chez ses parents. Ses deux frères étaient partis. J'avais appris qu'il avait un frère aîné, Marc que je n'avais jamais vu. Il avait 2 ans de plus que moi.
Pierrick et moi on s'écrivait toute l'année, il venait à Noël à Paris, ma soeur et moi passions le jour de l'an chez ses parents, bref un ami très proche.
Un jour de petites vacances, je crois que c'était à Pâques, j'étais allée en bicyclette chez Pierrick, (sans ma soeur j'ignore pourquoi). Il devait jouer au foot dans un petit village, et je devais aller le voir.
Son frère aîné que je n'avais jamais vu était chez lui. Marc. Il a semblé ébloui en me voyant, demandant à son frère cadet pourquoi il ne nous avait jamais présenté avant. Puis il a proposé de nous emmener tous les deux en voiture voir le match de foot...

Posté par louisianne à 13:47 - Rêves - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »