vendredi 28 décembre
Bonne année 2008 pleine de changements...

J'aime bien Noël, j'adore les fêtes, mais malgré moi, il y a toujours une toute petite part de moi qui se dit "Ouh là vivement que ce soit fini, que l'on se remettre sur les rails et que la maison reprenne son aspect normal !"...
Les vacances scolaires arrivent, et moi je me sens un peu en vacances même si je ne prends pas de congés, puisque mes filles sont en vacances. Je dis toujours mes filles, même si je n'en ai plus qu'une à la maison (quoique).
Côté Artémis, pas de problèmes, elle est en pleine forme : plus de cours, plus de profs, elle ne déprime plus... ne se demande plus ce qu'elle va faire de sa vie. MSN d'une main, le portable de l'autre, elle communique ! Puis pour Noël, Artémis délire avec ses cousins et cousines, met l'ambiance, fait le clown pour faire rire sa grand mère... Si ça pouvait durer après le reprise des cours !
Athéna ne pleure plus sur mon épaule... Elle m'appelle régulièrement pour me raconter ses disputes avec Martin. Elle est décidée à le quitter... Mais à deux jours de Noël, ce serait cruel de le laisser seul, loin de sa famille. Elle a commencé par lui dire qu'elle allait retourner chez maman... Lui, pas fou, a bien vu le vent venir, lui a demandé si elle voulait rompre, lui a accordé un délai de réflexion... délai qu'elle a rallongé volontairement... Mais comme il est question de vivre chacun de son côté, ils règlent quand même les problèmes pratiques, les meubles, le chien...
Le chien Cognac, qu'Athéna veut garder et ramener à sa chère môman qui n'a jamais voulu de chien, mais ne veut pas briser le coeur de sa fille, et n'est pas assez cruelle pour le remettre à SPA. En plus je m'attache vite, moi ! Je suis trop bonne !
Mais la situation est tendue et inconfortable. Si Athéna ne pleure plus, si elle veut attendre, elle n'a aucune envie de faire semblant... Ce qui peut se comprendre, vu son jeune âge.
Quand j'appelle chez eux, Martin me dit qu'elle est sortie. Elle sort avec deux copines et son soupirant transi Fabrice. Je lui dis qu'elle ne fait rien pour arranger les choses avec Martin.
- Mais je n'ai pas envie d'arranger les choses !
- Alors ménage le un peu !
- Ben non, autant qu'il se prépare...
Entre la mère raisonnable et l'ado insouciante et un rien égoïste, le discours n'est pas le même...
Et puis moi il me fait un peu pitié Martin. Bien sûr il a de gros défauts, bien sûr je ne veux que le bonheur de ma fille, bien sûr je pense qu'ils sont mal assortis... Mais il me fait pitié... Je m'y suis attachée, même si je me suis aperçue avec le précédent que finalement on oublie vite quand l'histoire ne dure pas 10 ans !
Sales gosses ! En plus de nos soucis, ils nous font vivre leurs histoires !
Quand je lui dis : "c'est ta décision, fais ce que tu as à faire", elle est contente, mais si je dis "le pauvre, il me fait pitié", elle proteste
- non maman ! Là tu exagères, tu veux me faire culpabiliser !
Ben oui j'ai juste le droit d'être une fan inconditionnelle de ma fille et d'applaudir à tout. Mais ça, Artémis le fait très bien ! Elle a déjà pris parti : Athéna est la meilleure et Martin (qu'elle aimait bien pourtant) est le pire du pire de tous les mecs ! (et je suis polie).
Le précédent je l'ai consolé au moins deux mois sur MSN ! Mais il faut croire que je suis prédestinée : ma soeur Servane a été un bourreau des coeurs avant de se marier, et je me souviens d'en avoir consolé deux. Et devinez sur quelle épaule Servane est venue pleurer quand son mari l'a quittée ?
Un samedi soir à 3 h du matin, je reçois un sms d'Artémis : "Athéna est venu me rejoindre en discothèque et elle dort chez une copine, mais tu dois dire à Martin qu'elle a dormi chez nous"...
Agacée d'être réveillée et du stratagème, je dors mal ensuite. Et j'ai peur ! Et si Martin passait de bonne heure dimanche matin ? Bien sûr peu de chance il se lève tard... Et heureusement il n'est pas du genre à poser des questions quand je le vois !
Le lendemain j'envoie un sms à Athéna (elle travaille le dimanche matin au marché) lui disant que je ne veux pas être mêlée à ça et que je ne veux pas mentir à Martin !
Quand Artémis émerge des bras de Morphée et que je lui demande des explications, elle me dit que sa soeur ne l'a jamais rejointe, qu'elle était ailleurs et que, elle Artémis, était juste le messager...
Pas mal de soucis pour préparer Noël... Moi je pense au côté pratique, Martin a l'air décidé à partir en laissant Athéna se débrouiller avec le déménagement. Les meubles tout neufs, elle veut les vendre, mais les stocker où en attendant ? De toutes façons ils comptent cohabiter deux mois le temps de "préavis" de départ du studio.
Prête à tout, elle veut bien dormir dans le canapé en revenant à la maison, puisque j'ai apprécié de le quitter ! Je n'ai rien changé dans sa chambre, j'ai juste squatté l'armoire. J'ai toujours su qu'elle reviendrait...
Un jour où Athéna et Martin sont chez moi, j'attends pour les raccompagner en voiture. Martin est à la cave où il étend son linge. Athéna et moi sommes assises sur les marches dehors, malgré le froid. Elle me raconte une sortie avec sa meilleure amie, son copain et Fabrice, le soupirant transi. Elle ne finit pas ses phrases, commence, s'interrompt : "non ça je te le raconterais plus tard"... Je lève un sourcil dubitatif ! A t-elle peur que Martin arrive ? Car Martin bien sûr croit qu'elle sort avec ses copines seulement. Le soupirant transi il le connaît et bien sûr serait jaloux si il savait !
Souvent, elle s'enferme avec Artémis, elles piquent des fous rires, font des messes basses, ça faisait longtemps ! Martin trop souvent présent, les deux soeurs se manquaient.
Ma blonde n'a pas encore appris toutes les leçons de sa mère : "arrrête de le narguer ! Ne dis pas tout ! Pas la peine de raconter qu'un ex t'a rappelée, pas la peine de dire que ce copain là, c'est un ex justement ! C'est de l'orgeuil ! Ça t'apporte quoi de prouver que tu plais ? Tu crois qu'il ne le voit pas ? "
Mais cause toujour ma vieille !
- ben quoi il ne faut pas qu'il se croit trop en sécurité non plus, rien n'est jamais acquis !
Pas faux ! Je n'ai pas toujours raison ! C'est bien d'apprendre de ses filles ! Les deux arguments se défendent cela dit ! Quand je repense à toutes ces conversations, je me dis que j'aurais bien aimé que ma mère me parle de tout ça. Mais ma pauvre Maman a quitté l'école des religieuses pour enfiler sa robe de mariée ! Par chance elle a fait un mariage heureux !
Le lendemain de l'échange sur les marches, j'appelle Athéna :
- tu es déjà avec Fabrice n'est ce pas ?
Silence...
- tu es une vieille bique ! Tu devines tout !
Je lui dis : "tu avais peur que je te gronde"
- non.
Je lui conseille bien sûr la prudence, de ménager Martin. Mais elle ne parle déjà plus que de l'autre... Si formidable, si gentil, si différent. Il a bien fait d'attendre son heure, le soupirant transi ! Il veut bien même lui laisser le temps de se défaire de ses chaînes...
Le père des filles est là pour quelques jours. Ils les emmènent faire des courses. Athéna l'invite à manger avec sa soeur chez elle. Pendant quelques jours les choses se calment avec Martin. Et puis Fabrice est parti sur l'île de Ré, donc Athéna ne sort plus.
Le jour de Noël arrive. Je fais les courses avec Martin. Je m'inquiète pour l'ambiance. Quand je le regarde, je me dis "le pauvre il est en sursis" et je me demande si je le vois pour la dernière fois.
Et pourquoi je dois faire tout ça ? Faire comme si, faire les courses avec lui, lui acheter des cadeaux... Accepter les siens, alors qu'Athéna est déjà partie dans sa tête... Trop bonne vous dis-je !
Le réveillon se passe bien. Le lendemain avec toute la famille aussi. Bien sûr Athéna passe plus de temps avec ses cousins et cousines qu'à côté de Martin. Quand à lui quand il parle de l'été prochain, je suis mal à l'aise. En même temps je suis sûre qu'il sait déjà mais qu'il ne veut pas y croire...
Le soir je les ramène chez eux avec leurs cadeaux. Puis je rentre avec Artémis, nous mangeons. Vers 21 h, Athéna me dit qu'elle vient dormir à la maison. J'ouvre le canapé, elle arrive en larmes. Elle me dit qu'ils se sont disputés. Sentant le danger, certain choisissent les larmes et la tristesse, lui choisit l'agressivité.
Athéna finit par s'endormir. Le lendemain je pars travailler.
Elle m'appelle dans la journée. Me dit qu'elle retourne chez elle qu'ils vont essayer de parler calmement.
Puis Athéna veut négocier, la chipie : "finalement le canapé ce n'est pas si bien que ça". Je ris : tu exagères ! Comme par hasard c'est toujours maman qui doit se sacrifier !
Ce matin elle m'appelle encore.
Je lui dis "tu me fais passer par toutes les émotions en quelque mois ! Je ne voulais pas que tu partes, je pleurais ! Et puis je me suis faite à l'idée, tu avais l'air bien dans ton studio, j'ai trouvé des avantages à n'avoir plus qu'une fille à la maison. J'ai toujours pensé quelque part que tu reviendrais mais à ce moment je me suis dit "je me suis peut-être trompée elle ne reviendra pas, tant pis si c'est son choix". Puis tu me dis que tu vas revenir ! Je suis contente, sauf qu'en même temps, j'ai pris mes aises et le canapé je l'avais quitté sans regrets ! Alors quand tu me dis je m'en fiche, je le prends, ouf je suis rassurée ! Et voilà que tu me fais les yeux doux pour récupérer ta chambre !"
Moi aussi je négocie : on partage la chambre ! Toi la mezzanine et je mets une chauffeuse BZ dans la chambre pour moi. C'est toujours un canapé mais au moins on ne dort pas dans le salon, trop près de l'entrée et des va et vient nocturnes de week-end des filles et de leurs potes !
Et plus question que tu me ramènes un copain à la maison à temps complet ! Et pas question de te précipiter pour revivre avec quelqu'un !
Et nous discuttons couettes et oreillers, quelle couleur parme ou vert d'eau ? Bon sang que nous sommes bêtes !
Athéna n'a toujours pas parlé à Martin mais il va falloir qu'elle s'y mette : elle est invitée chez Fabrice pour le réveillon. J'ai très peur ! Se faire larguer il ne va sûrement pas apprécier, mais combien de temps lui faudra t-il pour deviner qu'elle l'a déjà remplacé ? Tous les soirs je retire la clé de la serrure pour la cas où Athéna débarquerait en pleine nuit (elle a sa clé) et je sursaute dès que le téléphone sonne !
Pour le jour de l'an Athéna a donc prévu une sortie. Artémis sort avec des copines. Je suis invitée chez Serena qui habite très loin près de Disneyland et la distance m'effraie un peu, mais tant pis ! J'ai vraiment besoin de prendre l'air loin de mes filles adorées au moins pour une soirée !
Le jour de Noël, mes soeurs et mon frère ont sorti de vieux albums photos et n'ont pas arrêté de me mettre sous le nez des photos de moi avec des kilos en moins : "allez c'est ta résolution pour 2008, on te coache si tu veux, tu étais trop belle !".
Et mes filles me disent que vraiment il faut que je trouve l'homme de ma vie, promis elles ne seront pas jalouses si je suis moins disponible (menteuses).
Alors l'année 2008 sera pleine de changements, c'est sûr ! Mais tant que mes filles ont le sourire !
Meilleurs voeux à tous !
vendredi 21 décembre
La magie de Noël
Noël sous la neige, j'aimerais bien... Comme au Canada, je sais qu'il y a 40 cm de neige à Montréal, les écoles sont fermées.
J'imagine les enfants qui font de la luge et des bonshommes de neige, et rentrent vite se mettre au chaud...
Je ne sais pas si c'est la période de Noël qui me fait cet effet là, ou des circonstances autour de moi qui font que j'ai envie de mettre mon corps et mon corps au chaud, de retrouver des moments bénis, des moments tout simples que je ne savais peut-être pas apprécier en leur temps...
En ce moment je ne pense qu'à ça, je n'ai envie que de ça.
Être dans une maison avec ma maman et mes deux filles aux coeurs blessés
Une grande maison qui ressemblerait à la maison de campagne, même si elle est en ville peu importe ! Mais une maison assez grande pour qu'on ne se cogne pas dans le sapin à chaque instant, et qu'on ait pas besoin de tout ranger pour boire un verre ou mettre la table.
Il y a un tapis rouge à motifs sur le parquet, et le sapin perd ses épines. Pourquoi un tapis rouge ? Je n'ai jamais aimé les tapis ! Parce que c'est chaleureux, souvenir d'enfance sans doute !
Vacances scolaires, nous ne faisons rien. De temps en temps, nous allons dehors, le sol gelé craque sous nos bottes, ou nous nous enfonçons dans la neige, nous faisons un rapide tour du jardin pour regarder les arbres gelés et dénudés, et les joues froides nous rentrons bien vite dans la maison.
Je prépare un chocolat chaud. Nous regardons des dessins animés de Noël à la télé, le Noël de Mickey ou des téléfilms où Noël est partout. Mes filles ne regardent pas vraiment, soit sur leur PC, soit à faire autre chose, mais elles sont dans la même pièce tout de même, se joignent à leur mère et grand mère pour boire un chocolat, manger des brioches et éplucher des clémentines sans jeter les écorces oranges... Mais c'est joli toutes ces couleurs, chocolat chaud, tasses blanches, clémentines...
Et puis le soir de Noël arrive. Et je prépare une belle table en écoutant un CD de chants de Noël. Mes filles râlent un peu pour le plaisir, mais je sais qu'au fond d'elles, elles aiment les traditions. D'ailleurs c'est Athéna qui a voulu faire le réveillon du 24 à la maison cette année plutôt que d'être invitée !
Quand j'insiste pour mettre "vraiment" des chaussures sous le sapin, et qu'il y ait "vraiment" une de nous qui se dévoue pour faire le père Noël, pendant que ma maman est à la messe, elles se moquent de moi en me disant que plus personne n'y croit ! Mais je sais qu'au fond elles y tiennent quand même et n'oublieront pas d'allumer le sapin et de mettre Tino Rossi et son petit papa Noël !
Je n'ai pas de vacances à part le 24, et pas de tapis rouge... Je ne pourrais probablement pas regarder de dessins animés, ni croire que cela suffit à faire retrouver leur âme d'enfant à mes filles aux coeurs blessés... Mais je n'arrête pas d'en rêver de ce cocon !
Ma maison est petite et on se cogne dans le sapin... Malgré tout nous passerons le réveillon, Ma maman, Athéna, Martin, Artémis et moi... Et j'espère avoir au coeur la magie de Noël
lundi 17 décembre
Le numéro seize (partie 2)
Avant de continuer à raconter l'histoire du numéro 16, je voudrais raconter deux souvenirs qui sont arrivés à Mme Courbette, l'un émouvant, l'autre très triste...
Le premier c'est Eugène mon père qui me l'a raconté des années après.
À la fin de la seconde guerre, un locataire qui habite au deuxième étage revient d'Allemagne où il était prisonnier. Toujours bien élevé, il vient saluer Mme Courbette la concierge à la loge. Ma grand mère pousse un cri d'effroi, c'est à peine si elle le reconnaît tant il est amaigri et malade.
Le soir même Mme Courbette sonne à sa porte et lui apporte une assiette avec un énorme steak et un gros morceau de beurre. Ce qui était bien entendu des denrées très rares...
Il a en été très touché.
35 ans plus tard, cet homme est venu rendre hommage à Mme Courbette, à son enterrement, alors qu'il ne l'avait pas vu depuis des années... C'est à cet occasion que mon père Eugène m'a rappelé cette histoire touchante...

L'autre souvenir est beaucoup plus triste. Ma grand mère avait dans son appartement un cadre avec une photo d'une fillette de 4 ans. Une robe rose, des anglaises faites au fer à friser, le fer que l'on faisait chauffer sur le gaz. Quand j'ai été en âge de parler et de comprendre, je lui demandais qui était cette enfant. Elle me disait que c'était sa petite Lucie, qui aurait du être la soeur aînée de mon père et qu'elle était morte. Moi j'étais déçue, elle aurait pu jouer avec moi, je n'imaginais pas que la fillette aurait grandi si elle avait vécu.
Mme Courbette était concierge et portait le courrier dans l'escalier B avec sa petite fille. Les barreaux de la rampe étaient très espacés, et à l'époque les parents étaient moins prévenus des accidents domestiques. Le temps que Mme Courbette frappe à une porte, dise bonjour, l'enfant est tombée. Deux étages plus bas sur le carrelage...
Quand Mme Courbette et la locataire affolée sont arrivés en bas, il était trop tard.
Mme Courbette a donné naissance deux ans après à Eugène mon père, puis à mon oncle, 7 ans après mon père. Mais la blessure ne s'est jamais refermée... J'ai pu voir le minuscule cercueil lorsqu'on a enterré mon grand père avec la petite Lucie.
La vie est bien cruelle pour les gens de peu. Impossible d'échapper à son destin et de partir loin pour oublier. Mme Courbette a continué à porter le courrier dans l'escalier B. Puis des années après, elle a refait ce même chemin avec un petite fille : moi. Elle me faisait monter du côté du mur. Entre les barreaux trop écartés, on avait mis de ridicules fils de fer qui n'auraient sûrement pas empêché un autre drame... Et moi je disais à ma grand mère : "ne t'inquiète pas, je ne peux pas tomber, moi !". Et bien sûr je lui demandais de me raconter l'histoire encore et encore...
Des années plus tard nous en parlions encore... Un jour alors que ma soeur Servane gardait Athéna chez mes parents. Athéna était tombé dans l'escalier. Bien sûr elle avait juste roulé en bas des marches, recouvertes de moquette, dans un escalier intérieur de maison... (ce qui n'a rien à voir avec le fait de passer entre deux barreaux du deuxième étage d'un immeuble).
Athéna s'en était tiré sans une bosse.
Mais ma soeur complètement affolée m'a dit à quel point elle avait pensé à ma grand mère :
- tu imagines arriver en bas et trouver la petite morte !
mardi 11 décembre
Le numéro seize (partie 1)
Je suis née dans une ville plutôt cossue, une ville bourgeoise, la ville en elle-même, j'en parlerais plus tard...
On a souvent tendance à oublier que dans les villes bourgeoises, ne vivent pas que des bourgeois... Pendant des siècles dans ces villes cossues vivaient aussi ceux qui travaillaient pour les riches : domestiques, femmes de chambre, valets de pied... Si je choisis ces exemples ce n'est pas un hasard, une cousine (côté paternel) s'est un jour amusée à faire un arbre généalogique de ma famille... Et dans mes ancêtres (dont beaucoup ont vécu dans cette même ville) point de particules, ni de richesses, mais des valets de pied, femmes de chambre etc...
Donc si aucune tête de ma famille n'est tombée à la révolution, inutile de vouloir faire tomber la mienne maintenant...
Mon grand père Roger était un ouvrier et ma grand mère Madame Courbette une ancienne bonne. Elle doit son surnom à ses manières serviles, (surtout devant les riches) qui agaçaient prodigieusement ses deux fils, ils estimaient qu'une fois retraitée, elle était une femme comme tout le monde, respectable et tout et qu'elle n'avait plus à faire toutes ces manières...
Madame Courbette, ancienne bonne qui n'avait jamais eu de chez elle, à part des chambres de bonne dans de belles maisons, une fois mariée était devenue concierge dans la ville de mon grand père. Ce qui lui permettait de continuer les courbettes :
- Bonjour Madame Lebourgeois (là je ne rigole pas c'est un vrai nom de l'immeuble !) comment va Monsieur Votre Mari ? Et Monsieur Charles-Edouard votre fils, toujours étudiant en droit ?
C'est donc au numéro seize qu'une partie de l'histoire de ma tribu se déroule... Oui oui ça y est j'en viens enfin au fait, titre de ce billet !

Derrière la porte cochère, un porche au dessus duquel se trouve les fenêtres des appartements. Mais très peu de fenêtres sur rue en fait, 5 fenêtres sur 3 étages, trois appartements. Car une fois le porche passé, on arrive dans une très longue cour pavée... L'immeuble se situe à droite de la cour. Deux immeubles, escalier A et escalier B. Mais jamais on n'utilisera ces dénominations et pour cause : le facteur remettait le courrier à la concierge qui le portait à chaque porte. Donc seuls 2 appartements ont "pignon sur rue" c'est à dire deux fenêtres. Et ce sont les plus grands, les plus chers, ils ont d'ailleurs été très vite occupés par des cabinets d'avocats ou de médecins, une fois que les riches locataires sont partis...
Côté gauche de la cour, des débarras, une fontaine, pas de hauteur. Les fenêtres de l'immeuble ont donc une vue dégagée, à partir du 2ème étage en tout cas. Et tout au fond juste à a gauche, un petit pavillon avec un jardinet, sans vue, étrange ici en pleine ville. Au fond une magnifique maison bourgeoise avec tourelle et jardin. Habitée par la propriétaire une vieille demoiselle qui nécessitait cent fois plus de courbettes que les autres... Cette vieille demoiselle n'a jamais voulu vendre un seul de ses appartements, raison pour laquelle les locataires s'en allaient les uns après les autres...
La loge du concierge est une petite pièce au rez de chaussée dans le premier bâtiment. L'équivalent dans le deuxième a été inoccupé des années, puis est devenu une bibliothèque publique.
La cour est si longue qu'on dirait presque une rue. D'ailleurs dans un autre immeuble, au 18 de la rue, un téléfilm a été tourné, la cour était devenu une impasse pour les besoins du film.
Mes grands parents vivent donc là au rez-de-chaussée. Une pièce, une cuisine, une seule chambre. Ils y élèvent leurs deux enfants, on se demande comment. Les toilettes dans la cour et pas de salle de bains.
Pas vraiment enfermés. Dans la cour, mon grand père a un débarras, il se sert de la fontaine pour laver ses outils. Le chat garde l'immeuble et empêche les souris d'y rentrer. Ils ont aussi une cave, et un grenier, du moins ils l'appellent comme ça, une pièce qui sert de débarras sous les toits !
Quand mon père grandit, ma grand mère demande une pièce à la propriétaire. Propriétaire casse pied, mais qui peut être gentille, elle donne (enfin prête gratuitement bien sûr) deux pièces sous les toits. Une pièce principale avec juste un évier, et une chambre. Ces deux pièces nous les avons toujours appelé "le quatrième". C'était le quatrième étage de l'immeuble. A partir du 3ème étage, l'escalier devenait moins beau : plus de rampe cirée, plus de tapis tenu par des barres en laiton. Le 4ème c'était l'étage des "greniers débarras", des anciennes chambres de bonne, et des toilettes. Mais oui ! Car seuls les 3 appartements sur rue (qui se distinguent aussi par une porte double) ont des toilettes... Les locataires des autres appartements montent ou descendent c'est selon, la cour ou le 4ème.
Madame Courbette connaît tout le monde bien sûr ! Monsieur Grosdent qui a exercé en tant que dentiste, à une époque où parait-il aucun diplôme n'était exigé, et qui veut bien lui arracher une dent gratuitement (beurk !). Madame Piquécout, couturière à la retraite qui fait des travaux de couture pour tout l'immeuble, Madame Henriette, ex-bijoutière qui a offert à tous les petits enfants de Madame Courbette des coquetiers en argent et des couverts en argent à leur nom (on en fait quoi aujourd'hui à part les conserver dans un coffre fort ?). Monsieur Jambonneau et sa femme, charcutier, qui se lève dès potron minet en faisant hurler son moteur, c'est d'ailleurs grâce à lui qu'un jour la propriétaire a interdit les voitures dans la cour, dommage, c'était bien pratique, surtout qu'à l'époque il y en avait peu (trois dont celle de mon père).
Mais elle connaît aussi tout le quartier, la boulangère qu'elle appelle par son nom, le gérant du Félix Potin (rien à voir avec une supérette, un tout petit magasin). Et au numéro 18, le garagiste qui occupe le fond de la cour, a fait un jour 50 kilomètres pour venir dépanner la 4 Cv de mon père, et n'était pas un voleur !
Une vie qu'on a du mal à imaginer aujourd'hui !
Puis mon père s'est mis à travailler et a loué un appartement au 3ème étage au dessus de ses parents. Du parquet ciré et des moulures au plafond, des pièces tout en enfilade. Une entrée, une minuscule cuisine, une salle à manger. (Le mot salon on l'a utilisé beaucoup plus tard, peu de gens avaient des canapés, même quand la télé en noir et blanc est arrivée, on la regardait sur des chaises) et enfin deux chambres. Il a aussi un "grenier" pièce débarras au 4ème et il garde sa chambre d'étudiant et il a, bien sûr, une cave...
Mon père Eugène commence par installer le chauffage central. La propriétaire lui promet que son investissement ne sera pas perdu : elle lui vendra un jour l'appartement. Il construit un couloir pour pouvoir aller dans une chambre sans passer dans l'autre.
Eugène installe le chauffage central c'est une chaudière à charbon et des radiateurs. Régulièrement il descend à la cave, remonte 4 seaux de charbon (mon papa c'est le plus fort du monde). Voyage que je ferais bien souvent avec lui, pour moi tous ces étages, toutes ces pièces (y compris les toilettes au 4ème) c'était l'aventure. Puis la chaudière ronronnait et on voyait les flammes à travers une plaque de mica. Un vrai danger sûrement !
Eugène rencontre Martine, ils se marièrent et eurent... Louisianne en premier... Martine travaillait encore, le matin ils me déposaient à la loge, où Mme Courbette exerçait encore... Avec elle j'allais déposer le courrier aux locataires, faire des risettes aux mamies... Madame Courbette portait aussi le repas à une vieille femme qui vivait sous les toits et ne pouvait plus marcher. Je connaissais tout le monde aussi. Et je jouais dans la cour avec le chat, ou regardait mon grand père bricoler...
Du troisième étage, je voyais le clocher de l'église et j'entendais les cloches...
jeudi 06 décembre
Athéna
Hier midi j'étais au bureau quand Athéna m'a appelée... Je lui dis comme d'habitude "ça va"...
Non ça ne va pas... Elle me dit qu'elle n'a pas d'argent, la vie est dure, les petits boulots ne suffisent pas... etc...
J'essaye comme je peux de la consoler, de l'encourager, des sous je n'en ai malheureusement pas à lui donner...
Mais je comprends vite que ce n'est pas vraiment le problème, sa voix se brise, c'est un bébé qui me dit en pleurant :
- c'est pas ça, c'est que j'ai plus envie d'habiter toute seule !
Puis elle me parle de son copain… De leur dispute d’hier soir, du fait qu’il râle tout le temps… Qu’il l’a énervée…
Elle me fait la liste des défauts de Martin, défauts que j’avais bien entendu remarqués. Mais je ne prends pas parti bien sûr, je lui dis de lui parler…
Je l’écoute, je la console… Je lui dis qu’elle est toujours la bienvenue à la maison, avec ou sans lui. Je lui dis de ne pas prendre de décision hâtive…
Elle se calme, retourne en cours un peu rassérénée.
Le soir quand je rentre, Artémis n'est pas là, elle est chez sa soeur... Je lui rappelle via Msn qu'elle a son cours de musique et que nous devons partir à 21 h...
Je les imagine toutes les deux devant une émission débile en train de rire et commenter... Même quand Athéna est chez elle, et Artémis à la maison, sur Msn elles commentent : t'as vu l'épisode d'aujourd'hui ?
Vers 20 h ne voyant toujours rien venir, je reparle à Artémis sur Msn... Elle me dit "Athéna mange et me ramène"...
Puis enfin elles arrivent toute les deux, enfin je devrais dire tous les trois, avec l'encombrant bébé à quatre pattes d'Athéna (il va falloir que je lui trouve un nom bloguesque) en riant comme des folles...
Du coup Artémis a oublié de déprimer, tiens tiens !
Je demande à Athéna si Martin est rentré... Elle m'explique qu'elle lui a fait à manger et qu'il a râlé ! Elle jusqu'à maintenant si pudique sur sa vie de couple se défoule... Et voilà que la petite soeur (témoin de la scène) s'y met aussi :
- non mais ça se fait pas ! C'est quoi ce mec !
Je calme le jeu, défends le pauvre Martin, on se calme, ça ira mieux demain !
Puis après avoir mangé rapidement avec Artémis, nous nous préparons à partir. Je propose à Athéna de venir... Elle appelle Martin pour le prévenir...
Dans la voiture tandis qu'Artémis à l'arrière règle au téléphone des problèmes existentiels avec ses nombreux amis, Athéna me parle...
Samedi Martin est sorti avec des copains, alors que ce n'était pas prévu... Par vengeance la belle blonde appelle un soupirant transi (et drôlement tenace, j'ai l'impression de l'avoir toujours connu) et sort avec lui et ses copains...
Elle me dit avoir eu plus de compliments en une soirée qu'en 1 an avec Martin... Je sais... Mais c'est facile en même temps, tu savais à qui tu t'adressais ! Un an avec lui et il changerait peut-être aussi !
Certaines personnes ont du mal à exprimer leurs sentiments....
Nous arrivons dans le local où ont lieu les cours de musique. Athéna discute cinq minutes avec son ex prof de guitare, sa passion aura été de courte durée... Puis nous abandonnons Artémis à son prof et sortons nous balader dans le parc...
Athéna parle. J'écoute... Ça me fait drôle qu'elle soit si grande. Elle parle de Martin. Elle me dit que pour elle ça a été dur de nous quitter, pas pour Martin qui vivait déjà seul... Alors partir pour que ça se passe bien, oui mais là... La vie à deux n'est pas facile, il faut trouver ses marques...
Elle me parle de son père et je ris : tu as trouvé un Jules qui a les mêmes défauts que ton père... Elle dit "oui je sais, je m'en rends compte, pourtant je ne voyais pas mon père comme ça..."
Nous rentrons... Artémis est triste... Une amie vient de pleurer sur son épaule et Artémis s'implique trop... À fleur de peau...
- tout le monde est dans la galère" me dit elle !
Ah ces ados ! Je sais qu'ils sont trop émotifs, qu'ils ont le goût du théâtre, qu'ils aiment dramatiser... Et qu'Artémis va choisir exprès des copines à problèmes...
Mais quand j'ai raccompagné Athéna chez elle, couché Artémis (presque au sens propre) je me dis que ces deux là n'ont pas du tout envie d'être séparées...
D'ailleurs samedi elles ont prévu de sortir ensemble !
mercredi 05 décembre
Horaires adaptés...
Vu dans le journal local de ma ville :
La poste adapte ses horaires à partir du 10 décembre 8 h 30 - 13 h - 14 h - 18 h 30. Samedi 8 h 30 - 13 h Un atelier d'écriture au père Noël sera ouvert à partir du....
Alors là je hurle ! Adapte ses horaires ! Heureusement qu'ils n'ont pas écrit "pour mieux vous servir" !
Tout se dégrade depuis que la Poste Bancale se prend pour une banque ! Moi j'étais restée fidèle malgré tout !
8 h 30 le matin ! Génial pour les gens comme moi qui passaient chercher un colis avant de prendre le train à l'ouverture à 8 h ! Ben oui ça évite d'y aller le samedi, le jour où la file d'attente arrive jusque sur le trottoir !
Fermé entre midi et 13 h ! Personnellement je n'y vais pas, en tous cas pas dans la poste de ma ville, mais là encore, les gens qui travaillent à côté et qui profitent de la pause méridienne (souvent assez calme) seront lésés !
Et le soir 18 h 30 ! Génial aussi pour les gens comme moi, qui en courant vite et en prenant un train plus tôt pouvaient aussi passer prendre un colis en arrivant avant la fermeture !
Samedi 13 h ! Ah là bravo ils ont fait un effort 13 h au lieu de 12 h ! Sauf que tout le monde savait bien que la poste ne fermait pas à 12 h pile et qui si vous arriviez à 11 h 56 on vous laissait entrer !
Et je suppose que l'atelier d'écriture au père Noël est là pour faire passer la pilule.
Déjà que le côté : "attention je suis une boutique bancale postale" m'énervait. Impossible d'acheter un timbre ou de faire un retrait sur un livret sans entendre "il vous fallait autre chose".
- oui deux tranches de jambon...
De jolis présentoirs partout, avec des cahiers d'écolier, du papier à lettres, des enveloppes timbrées... Moi je veux bien mais il y a les même à Monop et c'est moins cher ! Et si j'ai besoin d'une carte d'anniversaire, je ne vais pas penser à la poste en premier...
L'autre jour j'ai entendu une dame hurler au guichet parce que la postière n'avait pas de sac plastique :
- c'est ça vous vous prenez pour une boutique et vous n'avez pas de sac plastique !
Une autre fois c'était un papy qui ne comprenait pas qu'il n'y ait plus d'annuaire à la Poste... C'est vrai que c'est bizarre ! Elles sont où les cabines téléphoniques ?
Ah bon ! Vous avez divorcé France Télécom et vous ? Où va t-on ma brave dame !
À noter que je n'ai rien contre les postiers et postières... Ma maman est une retraitée de la Poste... Elle aussi s'arrache les cheveux... Et quand elle va voir ses anciennes collègues, les pauvres racontent que toutes les semaines elles sont convoquées dans le bureau du patron pour se faire rappeler à l'ordre "vous n'avez pas assez vendu". Et on apprend comment devenir vendeur(ses) à des gens qui ont passé un concours admininstratif !
Donc la prochaine fois que j'aurais un avis de passage dans ma boîte, je penserais aux horaires adpatés
mardi 04 décembre
Tout était dit
Hier je pensais à une chanson de Jean-Jacques Goldmann, Tout était dit...
Bizarre d'ailleurs de penser à une chanson qui n'est pas la plus connue et que je n'ai pas non plus écouté en boucle, une chanson qui revient comme ça, fort à propos pour illustrer mes pensées...
En gros pour ceux qui auraient la flemme de lire les paroles, cette chanson parle d'imagination. On voit un inconnu, ou une et on imagine... Et on croit tout savoir de sa vie !
Et de l'imagination j'en ai à revendre...
Déjà enfant j'avais des amis imaginaires. Mais pas seulement ceux que l'on a créé de toutes pièces dans sa tête, à partir de rien, ou à partir de l'héroïne ou du héros d'un livre...
Non ceux que l'on imagine juste parce qu'on les a vus... On ne sait rien... Mais on imagine...
Je ne parlerais pas des hommes... Parce que s'imaginer que ce beau brun là bas est l'homme idéal, ou que cet inconnu va nous offrir des fleurs, ou encore que le chevelu dans la classe de notre grand frère a tout pour nous plaire, ça je connais ! Et j'en ai touché un mot dans les petits béguins !
Mais ce qui m'arrive souvent c'est de voir un visage sympathique... Dans le métro, à la cantine, dans un stage... Une femme élégante, souriante, ouverte... J'aimerais bien la connaître...
Et comme j'ai de l'imagination je la pare de mille qualités, de mille vertus...
Je suis sûre qu'elle me ressemble, que je m'entendrais bien avec elle...
On ne fait pas forcément ce qu'il faut pour connaître la personne, on imagine, c'est tout.
Puis un jour on en sait un peu plus. Ce n'est pas qu'on la connaisse vraiment, non. Mais on l'entend parler, ou quelqu'un nous en parle... Ou on l'approche dans des circonstances où on a le temps de se faire une opinion..
Déception !
La vertu, mot désuet ! Cela m'arrivait plus souvent quand j'étais jeune... J'étais rêveuse et sage, et comme je l'ai dit dans la morale et moi, j'avais parfois du mal à imaginer certaines choses...
Alors parfois approcher de près une fille qui avait l'air sympa et qui trouvait sportif de voler au Monop ou de passer ses soirées à boire, c'était très décevant ! Plus la peine de rêver de partager mes lectures !
Aujourd'hui les déceptions sont différentes... Je l'entends parler dans le train, elle a une voix vulgaire... Que dis-je ! Elle est vulgaire ! Je doute que ses sujets de conversation me plaisent !
Ou alors elle a l'air très intello avec ses lunettes ! Je sais c'est bidon ! Il n'empêche qu'on attribue souvent du "sérieux" aux gens à lunettes ! Il parait même qu'une secrétaire à lunettes a plus de chance de se faire embaucher... Elle a l'air intellectuel, mais elle lit Goici et Mala... Bof ! Ok moi aussi, en vacances ou chez le dentiste... L'ennui c'est que elle aussi je l'ai entendu parler...
Je l'imagine gaie, elle est sinistre... Je la crois sociable, elle fuis la compagnie... Je la crois tolérante, elle est critique...
Un jour je me suis retrouvée en stage avec une femme que je connaissais de vue depuis longtemps... Et elle me paraissait sympathique. Un stage où l'animateur était intéressant, amusant, où tout l'auditoire participait... D'une durée de 4 jours, donc on a le temps de se désinhiber... Cette femme n'a pas dit un mot...
Depuis je n'imagine plus rien en la voyant...
Cela m'est arrivé aussi avec des personnes que je n'ai jamais croisé : un écrivain, un acteur, un chanteur (ou bien sûr chanteuse, actrice). Un personne que l'on voit un jour interviewé sur un plateau télé et qui nous déçoit. Snob ou méprisant, antipathique ou moins intelligente que ses chansons...
qui a dit Céline Dion... pas moi chut ! Je me suis fait piéger par les paroles de JJG à l'époque !
J'ai lu un jour à propos des rencontres par Internet, que le virtuel est dangereux : lorsque nous savons peu de choses sur une personne, le cerveau a tendance à combler les trous... en imaginant...
Et bien évidemment nous comblons les trous avec des qualités qui nous plaisent, qu'il nous plairait de trouver chez l'autre...
Je n'ai jamais choisi d'en savoir plus... C'était comme ça ! Sauf que maintenant je fais tout pour éviter d'en savoir plus ! Je préfère garder mes rêves... Tout est dit !
Et qui sait j'aurais sans doute un jour une bonne surprise...
