lundi 31 mars
Mon nom de jeune fille...
N N N N N N L L L L L N N N N N L L L L L
Mon nom de jeune fille est un prénom... Je ne suis pas la seule dans ce cas, et ce serait simple si je m'appelais Louisianne Martin.
Sauf que mon nom de jeune fille est un prénom mixte... qui se prononce pareil au féminin ou au masculin !
Si il finit par EL c'est pour les garçons, si il finit par ELLE c'est pour une fille !
Il y en a des tas des comme ça : Marcel, Axel, Michel, Noël, Joël, Gaël...
Donc moi c'est un prénom qui s'écrit au masculin... Première difficulté. La deuxième difficulté c'est que c'est un nom de famille, donc il ne s'écrit pas exactement comme le prénom masculin... C'est Nathannaël avec deux N...
Pour mon père et mon frère, la difficulté consistait à expliquer qu'ils ne se prénommaient pas Nathannaël et que Nathannaël prend deux N.
Mais pour mes sœurs, ma mère et moi, je vous raconte !
- Votre nom ? variante : vos noms et prénoms
- Nathannael...
- Je vous demande pas votre prénom... variante : non pas vos deux prénoms, vos noms et prénoms
- chuis pas débile (ça je le pense très fort) C'est mon nom Nathannael avec deux N
- Nathaniel avec 2 L et E ? La fille n'en démord pas ! Je suis une fille donc on doit me coller LLE
- Non Nathaniel comme le prénom masculin mais avec deux N
Bien sûr si c'était avec deux A ou deux H, ce serait plus simple, il n'y a pas que des abrutis en face, il y en a ceux qui entendent mal : N et L ça peut se ressembler !
Sauf que je n'ai jamais parler de E au bout ! Non mais !
Il y avait aussi les copines de classe particulièrement pénibles, qui au bout de 4 mois de cours continuent à croire que vous vous appelez Nathanaêlle... Et ça énerve ! Au point que ce prénom pourtant pas si laid, je ne l'aime pas du tout pour une fille !
Pour mon père et mon frère leur nom servait de nom et de prénom. Surtout à une époque où les hommes s'appelaient par leur nom de famille. Au bureau mon père et ses collègues s'appelaient par le nom. Au collège (non mixte à l'époque) mon frère se faisait aussi appeler par son nom. Pour couronner le tout, mon frère a un prénom peu courant (ce n'est pas Cédric, quoique peu courant aussi) ce qui fait qu'on croyait que son vrai prénom était son nom !
Dans la famille de mon père, ils sont plutôt fiers de leur deux N. D'ailleurs dans la ville où je suis née, dans l'annuaire, tous les Nathannaël avec deux N sont de la famille. Ma mère, mon frère, un oncle, un cousin, une cousine.
Puis je me suis mariée et j'ai eu un vrai nom, un nom du Sud en plus ! Peu d'homonyme ou alors orthographié différemment (j'en parlerais plus tard). Le nom de mes filles que j'ai gardé. D'ailleurs Servane qui vient de divorcer a aussi gardé le nom de ses filles. Elle n'a pas envie de redire :non pas deux LLE ! deux N !
Un jour alors que Artémis était petite elle dit à son grand père (mon papa donc) et à moi :
- Plus tard j'aurais un fils que j'appellerais Nathanaël !
Moi par réflexe : "mais c'est nom de famille !"
Mon père : non elle a raison c'est un joli prénom !
Après coup je me suis dit que ce serait peut-être amusant finalement ! Surtout si elle garde son nom ! Réunir mon nom de jeune fille et mon nom d'épouse !
nb : bien sûr dans la vrai vie, mon nom est un prénom beaucoup plus banal que Nathanaël ! Sinon on ne l'aurait pas aussi souvent pris pour mon prénom.
dimanche 30 mars
Spécialiste !
Vous ne le savez peut-être pas, mais depuis que je suis dans la blogosphère, je suis une spécialiste !

Mais si !
Je ne vous dis pas le nombre de personnes qui viennent chez moi via Gogol pour chercher des réponses à des questions existentielles !
Et puis au fil des mois, j'ai remarqué que j'étais spécialiste dans certain domaines !
Je laisse le porno pour la fin car je crois qu'on y a tous droit !
Je n'emploie pas souvent le mot collègue et pourtant je suis une spécialiste ! La preuve :
Faire un cadeau d'adieu à une collègue
Organiser le pot de départ d'une collègue
Dire au revoir à une collègue qui s'en va
Idées pour organiser un pot entre collègues !
Je suis très fière de moi, car je suis aussi une spécialiste du savoir-vivre :
Écrire une lettre de remerciement
Est-ce mal poli de ne pas répondre à une invitation ?
Là c'est moins glorieux, mais je suis une spécialiste des sans amis
Je n'ai pas d'amis/ ou / mon enfant n'a pas d'amis / mon mec n'a pas d'amis
Personne à qui parler, des choses que j'aimerais bien dire
Il n'est pas facile d'intégrer un groupe
Je suis aussi une surdouée des sentiments ou du désir (enfin quoique ça ressemble plutôt à de la frustration tout ça !)
J'aime un homme marié
Désirer un homme que l'on aura jamais
Comment lui dire que je l'aime
Comment lui dire que je ne l'aime plus sans le blesser
Comment dire à une femme qu'on l'aime
Désir de l'autre rend amoureux
Couple sans désir
Je n'ai plus envie de plaire
Lettre d'amour pour une belle soeur ( ?)
Je suis une spécialiste de la littérature
Analyse du blé en herbe
Le blé en herbe, fiche de lecture
Il y a pourtant des sites pour ça ! J'avoue qu'à un moment, je songeais presque à changer le titre du billet, voire à le supprimer !
On parle souvent campagne chez moi, donc il y a souvent des requêtes campagne ou encore bal à papa,
musique pour bal à papa
photo du bal à papa
photo du bal du 14 juillet (?)
La route est belle chez moi, alors parfois on me prend pour Mappy :
itinéraire pour Uzerche
Sud via Limoges...
Là ça devient limite, je suis une spécialiste des jeunes filles (assez surprenant vu mon grand âge !)
photos de jeune fille nues
adolescentes qui font l'amour
Et puis du carrément cochon :
comment faire l'amour à une femme
frères et soeurs qui font l'amour
faire l'amour en campagne
coucher avec sa belle mère
gardienne de prison lubrique
photo de femme de ménage cochonne...
Pour le cochonneries, je n'ai pas trop à ma plaindre par rapport à d'autres ! Désolée, Gogol je ne suis pas spécialiste de l'inceste, de l'adultère, et je ne suis jamais allée en prison !
Je ne suis pas douée en ménage et si j'ai envie de faire des cochonneries, je ne les ferais sûrement pas en faisant le ménage !
Quelques requêtes loufoques pour la fin ! (je laisse les fotes d'ortograf)
age bb saute
la femme qui ne se voit plus aller
portable+ados+accros
decor interne appartement
années bisextilles
pancarte + chut bébé dors
phrases indifférence
que veut dire le prénom séréna
désir l'autre don
voiture réparées
fille paris
ma mère se remarie
on ne se voit pas copine
ne pas se renfermer
famille catho tradi
animal bizarre
sms pour faire stresser son copain
blanche neige en rêveuse
raconter une dispute
le dos chez mon la campagne !
samedi 29 mars
Comparaisons
Prenons deux femmes dans la quarantaine , divorcée avec deux enfants.... Pourquoi cet exemple là me direz vous ? Ben tout bêtement parce que je suis un peu concernée... Je compare donc deux femmes.
Chantal et Hortense...
♥ ♥ ♥
Chantal a des petits revenus. Elle vit dans un appartement ou même dans un HLM. Elle a une twingo. De toutes façons elle ne conduit qu'en ville. Elle n'aime pas les longues distances, c'était son mari qui s'y collait. Et puis elle part rarement en vacances.
Elle a un peu de mal à prendre des décisions aussi depuis qu'elle est seule. Elle se rend compte qu'elle était trop dépendante.
Chantal n'aime pas lire. Sa distraction c'est la télé. Elle a peu de famille. Sa mère vit seule et a ses propres problèmes. Sa soeur habite loin. Mais elle a tout de même des copines, parce qu'elle n'est pas la seule femme dans cette situation. Sauf que des fois, elle trouve ça bien triste de parler toujours des mêmes soucis...
♥ ♥ ♥
Hortense a des revenus confortables. Elle habite une petite maison, parce qu'elle a pu racheter le crédit qu'elle avait pris avec son ex-mari. Elle a aussi une grosse voiture. Elle conduit en ville bien sûr, mais les grandes distances ne lui font pas peur quand elle part en vacances avec les enfants. De toutes façons elle avait l'habitude, son mari les rejoignait souvent plus tard quand ils partaient en vacances.
Hortense aime la lecture, les musées, le cinéma, la musique rock. Ses parents habitent une maison en banlieue. Ils ont aussi une maison au bord de la mer, où Hortense retrouve ses frères, sa soeur et leurs enfants. Ainsi les enfants d'Hortense retrouvent leurs cousins et Hortense peut partir à peu de frais.
Mais Hortense aimerait bien avoir des amies... Dans la même situation qu'elle, parce que lorsqu'on est seule, on voit bien que les relations avec les couples qu'on avait avant ce n'est pas si simple.
Seulement Hortense rencontre Chantal. Une Chantal et d'autres Chantal.
Et Hortense voit bien qu'il peut y avoir un fossé entre deux femmes divorcées avec deux enfants...
vendredi 28 mars
Bloganniversaire
1 AN DÉJA !
1 an que je me suis lancée timidement dans la blogosphère...
Oh la la ! Des gens que je ne connais pas vont me lire !
Je ne savais pas si j'allais être toujours inspirée... Si j'aurais toujours des choses à dire ! Je me croyais partie pour deux ou trois mois et on verra bien !
J'ai toujours écrit bien sûr. Pour moi ou parfois pour un ou une lectrice de confiance quand j'écrivais un roman ou une nouvelle.
J'aime les commentaires. Quand on écrit en voulant mettre l'accent sur un élément, et que le lecteur en voit un autre. C'est un peu comme voir le même film et en parler, s'enrichir de l'opinion de l'autre.
J'aime l'exercice de style. On écrit différemment quand on s'adresse à des personnes qui ne connaissent ni l'histoire, ni les lieux, ni les personnages... Par exemple quand j'ai écrit la maison de campagne, je n'aurais pas eu à planter le décor si j'écrivais pour moi. Et...
J'aime aussi la "thérapie de l'écrit" parce que je ne l'aurais peut-être pas écrit du tout ! Tout comme l'ami d'enfance.
Des messages que j'osais à peine écrire parce que ça ne se dit pas, et finalement il y a des commentaires, des gens qui disent "moi aussi" et on se sent moins seule.
J'aime les histoires, j'ai toujours eu une vocation de conteuse. Petite je racontais des histoires sans fin à ma soeur le soir. Et même plus tard, au moins jusqu'en sixième je retrouvais deux, trois amies à la récréation pour leur raconter des histoires. Je faisais la même chose avec mes amies de la maison de campagne.
Souvent on disait de moi "mais où va t-elle chercher tout ça". Ce qui m'amusait vu que je le faisais avec une facilité déconcertante.
Je n'ai pas songé à arrêter, même si j'ai peu de commentaires. J'écris pour mon plaisir, je sais que même si il ne reste qu'une lectrice (moi) j'aurais plaisir à relire d'anciens billets un jour. Et puis comme je suis une grande optimiste, je me dis que ce n'est pas parce les gens ne commentent pas qu'ils ne lisent pas !
Je lis beaucoup de blogs et je ne commente pas tous les jours, surtout quand je suis fatiguée !
Je n'ai pas encore écrit d'histoire "inventée" de toute pièce dans mon blog. J'y songe, mais je pense que ça serait une rubrique à part, une rubrique "roman"... Mais il faut aussi que je sois sure de tenir la distance !
Ça va sans dire, je le dis quand même : je suis très attachée à mon blog, et très attachée à mes blogs préférés (je ne fais pas la liste, ils sont en bas à gauche)... C'est ma drogue... Et je souhaite que ça dure, ma drogue dure !
129 messages déjà ! Bon anniversaire mon blog !
jeudi 27 mars
Chérubin (sans fin)
Il y a deux ans, en vacances, Athéna et Artémis ne cessent de parler de Boris Verlac.
Je pose des questions : de la famille d'Alban Verlac ?
Elles ne savent pas. Pourtant je sais qu'Alban n'a pas de fils en âge de "draguer" mes filles.
Peu de temps après Athéna me reparle de Boris Verlac qui lui a fait une déclaration enflammée. Sauf qu'Athéna n'est pas libre... Boris est le neveu d'Alban.
Un soir dans un bal de campagne, Athéna me présente Boris. Blond aux yeux bleus, mais pas aussi séduisant que son tonton. Il me raconte qu'Alban a vécu longtemps avec quelqu'un, qu'il s'est séparé. Il en a rencontré une autre, il vient d'avoir un bébé, et se marie cet été. Alban marié, ça fait drôle. Il me dit quel jour il sera là, quel jour je pourrais le voir...
Le voir ? Pas sûre d'en avoir envie ! Est-il toujours aussi beau ? Ressemble t-il encore à un chérubin ?
Et ai-je vraiment envie qu'il me voit ? Je ne ressemble pas à celle que j'étais moi non plus...
Boris prévient son tonton que je viens toujours en vacances ici, qu'il connaît mes filles...
Je ne l'ai pas vu. L'été dernier Boris m'a parlé souvent de Alban. Il va venir, non il ne vient pas.
Et deux soirs de suite nous nous sommes trouvés à quelques mètres l'un de l'autre... Sans nous voir. À chaque fois je l'ai su après, car bien sûr, si on m'avait dit : il est là bas, je n'aurais pas pu résister à la tentation d'y aller.
Mais lâche que je suis, ça m'a un peu arrangée... Je ne suis pas présentable. Mais ça fait quoi au fond ? Je lui dirais bonjour, je lui dirais que je suis contente de le voir...
L'été 2008 sera le bon... D'ailleurs Athéna est libre elle aussi et Boris Verlac n'a jamais cessé de l'appeler.
mercredi 26 mars
Chérubin (partie 6)
J'étais contente de le voir. Je restais pourtant très peu avec lui. Il trouva ma cousine charmante, et tant mieux. Au fond pour lui la soirée était parfaite : une fille qui attendait de le revoir depuis longtemps, béate d'admiration.
Alban resta la nuit à l'hôtel dans la chambre de ma cousine et repartit le lendemain.

De retour à Paris ma cousine me dit qu'elle était toujours avec Alban, qu'il allait "monter" à Paris et souhaitait nous voir mon mari et moi. Je pense qu'il s'ennuyait avec ma cousine. Nous avons ainsi passé plusieurs soirées ensemble, au restaurant ou au cinéma. Puis Alban est reparti.
L'été suivant Sophie s'est fait inviter chez moi. Alban venait la voir à la maison... Mais cela se passait de plus en plus mal.
Il se moquait d'elle, ne cachait plus son ennui, ou plutôt son envie de venir chez moi pour des tas de raisons : l'ambiance, les copains, les soirées, mais en tout cas pas pour elle. Sophie me chargea d'aller le voir au garage pour lui annoncer qu'elle ne voulait plus le voir.
Je jouais le messager, mais sans lui faire aucun reproche. Alban ne m'avait jamais rien fait...
Et puis un jour j'ai appris par mon beau-frère qu'Alban était parti pour Grande-ville-du-Sud... Il vivait avec quelqu'un... Sa mère habitait toujours le village, mais je ne l'ai plus jamais croisé...
Chérubin (partie 5)
L'été suivant, au début des vacances, Patou, Camomille et moi décidons de joindre l'utile à l'agréable, c'est à dire faire de l'exercice (pour maigrir) tout en papotant non stop. Tous les soirs après le dîner nous partons pour de longues balades à bicyclettes à travers des villages lointains.
Un soir alors que nous passons dans un village inconnu, j'entends une voix m'appeler "Louisianne, Louisianne" et je vois sortir d'une maison, Alban.
Je me souviens qu'il était tout heureux de me voir, et de la tendresse avec laquelle il prononce mon prénom. Il m'explique qu'il a un ami dans ce village, cet ami a une grande maison et une piscine, il est plus âgé que nous. C'est le propriétaire d'une boutique à Petite-ville-du-Sud.
Quelques jours plus tard, Patou, Camomille et moi rencontrons Alban avec deux amis en "boîte". Les deux hommes sont plus âgés que nous, deux hommes mariés en goguette en l'absence de leurs épouses. Comme d'habitude je suis ravie de n'avoir pas à choisir, ou plutôt d'avoir déjà choisi Alban ! Les deux hommes s'intéressent à ma soeur et mon amie qui ont un peu trop bu. Puis ils proposent d'aller finir la fête chez M. André le propriétaire de la boutique, celui qui a une grande maison avec piscine. Mes deux compagnes sont surexcités et ingérables, je ne sais pas trop où nous allons, mais comme Alban est là, j'ai confiance. Alban conduit ma voiture, avec nous 3 dedans et nous suivons les deux hommes.
Nous nous retrouvons dans une grande maison avec une immense piscine. Nous nous baignons. Puis nous nous retrouvons dans le salon. L'hôte apporte du pain et du beurre, pour faire des sandwichs, met de la musique et Alban et moi disparaissons à l'étage. J'ai fini par m'endormir, quand ma soeur dégrisée, vient me tirer du lit : les deux hommes commencent à se montrer insistants et ni elle, ni Patou ne sont intéressées. D'ailleurs Patou a pris le parti de jouer les ivres mortes en dormant sur le canapé.
Après cette soirée, j'ai connu un homme avec qui j'ai vécu une belle histoire d'été. J'ai peu vu Alban...
Le temps passe. J'ai 23 ans. J'ai un copain, Éric, une relation sérieuse. Je l'emmène en vacances. Dans les premiers jours de l'été, je suis avec lui quand je croise Alban dans Petite-ville-du-Sud.
Ça me fait tout drôle. Je me sens en prison. Fini la liberté, plus question de me rouler dans la paille avec Chérubin. Plus tard j'y repenserais en me disant que si Éric avait été le bon, je n'aurais peut-être pas eu cette réaction...
Exit Éric. Je mûris. Assez pour réfléchir. Assez pour me demander si je n'ai pas trouvé une sorte d'équilibre entre deux jeunes hommes qui remplissent ma vie depuis si longtemps : Laurent, mon âme soeur et Chérubin l'éternel amant. J'ai parlé à Laurent de Chérubin. Mais Laurent s'est fermé comme une huître selon son habitude.
Alban travaille dans un garage et habite dans Petite-ville-du-Sud.
Un soir d'été je suis encore en discothèque où je m'ennuie ferme. Je parle avec un ami. Tout à coup une annonce au micro, on me demande au téléphone. Je suis plutôt surprise. C'est Alban. Il me dit qu'il vient de Grande-ville-du-Sud, qu'il a vu ma voiture sur le parking. Il n'avait pas envie d'aller en boîte et me propose de le rejoindre chez lui. Il m'explique qu'il habite dans une rue piétonne et me dit où je dois garer ma voiture.
Je pars et je gare ma voiture là où il m'a dit. Je suis sûre que je n'ai rien retenu des ses explications et que je vais me perdre dans le dédale de rues piétonnes. Mais alors que je m'avance dans le noir, je reconnais sa silhouette familière.
Je réalise soudain que cela fait dix ans Dix ans que je le connais, dix ans que cela dure... DIX ANS !
Alban habite un joli deux pièces. Il me dit qu'il vit avec une fille. Elle n'est pas là. Il 'explique qu'en voyant ma voiture, il est même descendu pour noter le numéro de téléphone de la discothèque !
Et puis bon... Je vais déjà attirer pas mal de requêtes gogolesques étranges et obsédées, donc je ne vais pas entrer dans les détails... Cela eut lieu !
Après cet intermède je rejoins l'ami que j'avais quitté. Je ne le savais pas encore, mais c'était mon futur mari.
Mon mari connaissait Alban, copain de son frère, et savait tout de ma relation avec lui. Il ne me l'a pas reproché.
Puis je me suis mariée. Ma cousine Sophie me parlait depuis 7 ans de Chérubin. Et comptait bien sur mon mariage pour le revoir. Qu'à cela ne tienne, j'invitais Alban à mon mariage. Lui, n'avait aucun souvenir de ma cousine !
Il m'écrivit une carte pour me remercier de mon invitation. Je réalisais que c'était la première fois que je voyais son écriture. Il ne pouvait pas venir à cause d'un match de foot.
En avril lorsque je me trouvais dans Petite-ville-du-Sud pour les derniers préparatifs, j'allais voir Alban dans son garage. Je lui demandais si il pouvait venir le soir pour danser après son match. Il me dit oui. Il était de nouveau célibataire...
Ma cousine était excitée comme une gamine...
Quant à moi bien sûr, j'étais bien sûr très occupée, et je pensais sûrement à des tas de choses, dont Alban ne faisait pas partie. Quand j'y pensais en milieu de soirée, c'était pour me dire qu'il ne viendrait probablement pas.
Et pourtant Chérubin arrive, me voit tout de suite et me tend les bras...
lundi 24 mars
Chérubin (partie 4)
Nous sommes très occupés, Laurent et moi à prépare la salle pour le grand soir. Alban est arrivé avant tous les autres en moto. Ma cousine Sophie me prend à part pour me dire :
- Qu'il est beau ! Ah qu'il est beau !
Ça me fait toujours sourire quand une fille tombe en admiration devant Alban. C'est un peu comme si j'avais oublié qu'il est beau ! Chérubin représente pour moi beaucoup de choses, c'est une relation à part. C'est tout sauf un nom sur une liste, un trophée à ajouter à un tableau de chasse.
À un moment je vais chercher quelque chose dans ma chambre. Elle est fermée à clé. Je proteste et tambourine à la porte. Finalement on m'ouvre, je surprends Alban et Sophie dans une tenue compromettante. Ma cousine, catastrophée, disparaît en courant et en se reboutonnant. Alban lui n'est pas du tout gêné. Il me demande si il y a un problème :
- non pas de problèmes, mais c'est ma chambre ! Choisis un autre endroit !
Ma cousine plus tard, vient me parler, elle a cru à une scène de jalousie : je lui répète que la seule chose dont je suis jalouse c'est mon territoire et que la prochaine fois elle demande la permission avant d'investir ma chambre !
Puis la soirée se déroule comme toutes les soirées. À la fin nous nous retrouvons à 10 à dormir dans la chambre. Alban et ma cousine dorment par terre. Plus tard ma cousine me racontera sa première fois.
Je suis plutôt étonnée. Qu'ils choisissent un endroit pareil, qu'elle ait été si rapide pour se jeter sur Alban.
Je suis étonnée d'Alban aussi. Lui si patient, si délicat... Ce n'est pas l'Alban que je connais.
Puis l'été suivant arrive. Au début des vacances, Camomille et moi allons en discothèque. Le temps des bals est fini. Ça ne marche plus, la moyenne d'âge est de 13 ans, c'est le temps des disco mobiles. Quelques villages tirent encore leur épingle du jeu avec les concerts. Mais c'est un grand regret pour moi qui ne suis allée en discothèque que pour suivre le mouvement ou plus souvent parce que j'étais le chauffeur.
Ce soir là nous croisons Alban avec un copain. Le copain plaît bien à ma soeur. Et je me retrouve assise avec Alban à nous raconter des tas de choses, comme chaque année quand nous nous retrouvons.
Des années après j'ai entendu la chanson Un samedi soir sur la terre... Et j'ai repensé à cette soirée, on aurait dit que la chanson avait été écrite pour nous...
Il arrive, elle le voit, elle le veut, et ses yeux font le reste....
La musique est forte, l'endroit n'est pas idéal pour parler.
Ils se parlent, ils se frôlent, ils savent bien
qu'il va falloir qu'ils sortent
Ils sont obligés de se toucher, tellement la musique est forte...
Après c'est juste une aventure qui commence sur le siège arrière d'une voiture...
Il ne m'avait jamais rien demandé, il ne s'était jamais montré insistant. Il avait simplement senti qu'un jour c'était le bon moment, un samedi soir sur la terre...
Pas la peine que je précise,
D'où ils viennent et ce qu'ils se disent
C'est une histoire d'enfant,
une histoire ordinaire
On est tout simplement, simplement
un samedi soir sur la terre.
Et comme dit la chanson : on en ferait autant si c'était à refaire...
Cet été là était comme les autres. Juste un peu différent. Je sortais avec Camomille et Patou. Elles cherchaient un flirt pour la soirée. J'étais plus âgée et je commençais à me lasser de ce petit jeu.
Que la pêche soit bonne ou non, finir la soirée avec un lourdingue ou un ennuyeux, ou se rendre compte une fois les lumières rallumées qu'on a fait une bêtise, ce n'était plus vraiment mon trip.
Mais pour moi la question ne se posait plus. Si Alban était libre, je passais la soirée avec lui. L'occasion faisait le larron. Ma soeur et ma copine se moquaient de moi : encore !
Mais moi je les plaignais ! J'étais mieux avec Chérubin, sûre de passer une bonne soirée !
Nous ne cachions plus vraiment. Il n'y avait plus de bande de copain du village. Et sans doute que nous n'avions plus l'âge de nous demander ce qu'on allait penser de nous !
Pourtant notre relation n'avait pas changé. Nous étions toujours des copains. Nous n'étions pas, n'avons jamais été ensemble.
jeudi 20 mars
Chérubin (partie 3)
Ma copine de vacances Patou, qui est aussi ma voisine, a une invitée chez elle. Une fille de notre âge du nom
de Lola. Comme les parents de Patou sont plutôt sévères, elle passe plus de temps chez nous que chez elle. C'est chez nous que les soirées ont lieu, chez nous que les motos ou mobylettes vont et viennent jour et nuit...
D'ailleurs ça n'a pas trop changé, aujourd'hui ce sont les potes de mes filles, on commence à voir des voitures, les aînés de la bande ont le permis !
Bref la fête c'était chez moi. J'aimais bien Patou, mais Lola ne m'a guère intéressée. Elle était intéressée justement, nous suivait partout dans le but d'être présentée à nos copains. Camomille, Patou et moi adorions nous amuser, sans forcément chercher des conquêtes. Lola boudait si elle voyait qu'elle n'allait pas ajouter un nom à son tableau de chasse lors d'une soirée... Patou la supportait stoïque, ma soeur et moi volontiers moqueuses, beaucoup moins.
Alban faisait de la moto et venait souvent faire du cross dans les collines derrière chez moi. C'est ainsi qu'il devint le petit copain de Lola. Ravi de venir plus souvent chez moi où il y avait toujours une petite bande. Il amenait des copains ou venait seul. Lola était devenu un peu possessive et collante avec lui et Alban n'était pas le genre qu'on enchaîne.
Un soir nous étions dans un petit bal de campagne où je m'ennuyais. Nous avions décidé de continuer la fête chez moi. Patou et Lola devait attendre leur mère, Camomille décida de rentrer avec elle. Moi je rentrais avec mes parents, avant de partir Alban me dit qu'il partait aussi en moto, que je l'attende.
J'ai attendu le bruit de la moto dans le noir. Nous sommes allés dans la grange qui nous servait de salle des fêtes, avec le bazar qui va avec. La chaîne hi fi, les bouteilles vides, les lits dans la mezzanine, les chaises longues à l'extérieur et même une tente de camping plantée tous les étés, où nous aimions nous retrouver à 10 pour raconter des bêtises (ça non plus ça n'a pas changé !). Un grange pas trop loin de la maison des parents, mais pas assez près pour qu'ils se plaignent du bruit... La seule obligation était de dormir dans nos lits... Héberger un copain était autorisé, mais pas dormir dans la grange !
Alban et moi nous sommes retrouvés ensemble encore une fois. C'était un jeu, pas vraiment de scrupules. À chaque bal nous avons fait la même chose : partir les premiers, puis dès que nous entendions la voiture amenant Lola et les autres, soit j'allais dans la maison et ressortait l'air de rien, soit nous prenions des attitudes plus décentes, assis en tailleur à boire un coca à une distance respectable l'un de l'autre...
Un jeu de plus en plus drôle et de plus en plus risqué. Quand nous dansions le slow dans la grange, Alban éteignait toutes les lumières. Si je disais "je vais me coucher", Alban sortait de la grange pour un besoin bien naturel... En réalité il me rejoignait dans la tente. Si nous étions à 10 assis sur un lit, il se débrouillait toujours pour être collé à moi.
Un soir où nous étions comme d'habitude en train d'écouter de la musique et de danser, je dansais, perchée sur une marche d'escalier. En bas, Alban parlait avec un copain, tout en me caressant les chevilles sans doute par réflexe, sans trop faire attention à ce qu'il faisait. Je n'entendais pas vraiment ce qui se disait, mais le copain a du s'étonner de la familiarité d'Alban. Alors Alban m'a dit :
- Louisianne, dis lui que c'est vrai ! Dis lui que nous sommes ensemble !
- oui c'est vrai !
Alban n'était pas vantard, mais ce jour là si. Peut-être avait-il ses raisons. Il n'attendit même pas que le potin vint aux oreilles de Lola : il lui dit lui même. Elle ne m'en voulut même pas et leur flirt d'été s'arrêta là.
Le temps passe. J'ai une voiture. Alban a le permis aussi. Je vais fêter mes 20 ans dans le Sud. Ça ne tombe pas pendant l'été. À cette occasion je réunis mes amis de Paris avec ceux du Sud. Serena est là et aussi ma cousine Sophie, dont j'ai parlé là..... Et bien sûr il y a Laurent.
Comme souvent les souvenirs du week-end, des préparatifs, de l'avant de l'après sont meilleurs que ceux de la soirée.
Chérubin (partie 2)
Aldo était un acte manqué ! Je n'ai jamais su ce qu'il voulait, si il n'avait pas osé ce soir là, si ses copains l'avait gêné. Nous nous sommes revus très souvent, nous avons été amis des années. Un jour, des années plus tard, il a croisé ma soeur et lui a dit qu'il voulait me voir et a même dit : "je serais à telle soirée". Mais je n'étais pas libre et mon copain de l'époque était trop jaloux pour me laisser juste parler à un vieux pote !

Un an plus tard, ma sœur et moi avons organisé notre première boum. Nous avions invité toute la bande, mais Alban ne faisait pas partie de la bande. Sans doute parce que son magnétisme animal attirait les filles, sans doute aussi parce qu'il préférait justement les filles aux beuveries entre mecs. Et peut-être aussi parce qu'il avait des passions, des occupations...
Ma soeur voulait que je l'invite. Elle le trouvait toujours aussi beau. Nous nous disions bonjour, mais ça s'arrêtait là. J'étais toujours plus hardie si il fallait aborder un garçon pour une autre ! De plus j'avais un petit copain, un amour d'été.
Alban est facile à vivre. Toujours prêt, toujours gai, pas compliqué. Il accepta bien sûr. Il avait une moto, il a toujours aimé la moto. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé avec ma soeur, mais ça n'a jamais marché.
Mais nous sommes devenus très copains à partir de ce jour. Nous dansions dans les bals, nous faisions des batailles de confettis, ou délirions dans les auto-tamponneuses. Alban nous présentait ses copains, et les autres copains de notre bande me disait sans cesse que je ne devrais pas fréquenter ce chérubin infréquentable !
Je n'avais plus de petit copain. Un soir j'invitais Alban à la maison. Nous avons discuté dans une grange, avec ma soeur et mon frère. Puis ils sont partis et nous ont laissé seuls...
Chérubin ça rime avec câlin... Pourtant à l'époque les câlins n'étaient pas classés X... un flirt c'est tout.
C'était un garçon très doux, très délicat... Après une heure ou deux je ne sais plus, je l'ai raccompagné à sa moto. Je n'aimais pas ça, car il mettait son casque et je ne pouvais plus l'embrasser. Il avait une bouche charnue que j'adorais embrasser...
Combien de fois l'ai-je raccompagné à sa moto mon chérubin !
Nous étions des copains. Nous n'avons jamais été rien d'autre. Le mot qui me vient à l'esprit pour lui c'est TENDRESSE. Chaque été quand j'arrivais, il me disait je vais venir. Et nous passions une soirée ensemble, et puis une autre si l'occasion se présentait. Alban n'était pas du genre à se vanter, à raconter ses conquêtes à tout le monde. Personne hormis mon frère et ma soeur n'a jamais su que nous étions plus que des copains.
Il avait des petites copines, j'avais ma vie. Je le croisais, on se parlait. Jamais de jalousie, jamais l'un des deux ne serait venu embêter l'autre si il était occupé. Jamais non plus de conversations douteuses, de reproches ou de règlement de compte à propos de notre relation.
Alban était un infidèle... Cela faisait partie de lui. Je le prenais comme il était. Je n'essayais pas de le faire changer, je riais de le voir faire, je n'étais pas amoureuse de lui, je ne souffrais pas par lui.
Je me dis parfois que c'est parce qu'il ressemblait à un chérubin. Un sentiment maternel se mêlait sans doute au désir. Une envie de le protéger, un regard attendri. Je ne supportais pas qu'on le critique...
C'est l'été de mes 19 ans. J'ai croisé un soir Alban dans un bal de campagne. Il m'a emmené faire un tour en moto. J'ai froid. Nous en sommes toujours au flirt un peu poussé. Alban ne m'a jamais rien demandé et il n'était pas du genre à profiter du moment sans trop d'empressement.
Cette année là j'allais voir mon chérubin bien plus que les autres années...
