Une grande rêveuse

Des petites choses que j'aimerais bien dire à quelqu'un

vendredi 30 mai

À fleur de peau

Il y a des personnes plus sensibles que d'autres...

Sentimentale, émotive, grande rêveuse je fais partie des hypersensibles... on pourrait dire aussi hypersusceptible, ça se rejoint tout ça...

cheminJe m'en veux mais je n'y peux rien...

Une personne que j'aime me parle mal...  Un proche peu disponible qui n'a pas le temps, répond sèchement, m'envoie balader... même si c'est provisoire (personne peu disponible ou dans un mauvais jour)
ou encore une dispute... une vraie. un malentendu
quelqu'un qui "oublie" de m'inviter pour une fête, une sortie...
Pire : l'agressivité d'un inconnu, un fonctionnaire au guichet, une voisine, l'agressivité gratuite, sans raison...

Je prends tout cela de plein fouet... Je peux être deux jours durant les larmes aux bords des yeux, perturbée, troublée, profondément chagrinée... Bien sûr ça ne dure pas deux jours si c'est le préposé au guichet, n'exagérons rien !

Je m'en veux, je me fais la leçon :
c'est bon ma vieille, c'est pas grave, c'était un mauvais jour il (ou elle) est fatiguée, a des soucis... il ou elle ne va pas arrêter de t'aimer pour autant (surtout s'il s'agit de tes filles voyons !)...

Pourtant avec l'âge j'ai appris à ne pas faire ce que je n'aime pas qu'on me fasse ! Pour commencer j'ai appris à... 
...m'excuser : désolée, j'ai eu une dure journée, je n'aurais pas du m'emporter / t'envoyer paître
...prévenir : non là je suis crevée, j'ai des soucis, j'ai pas trop envie de parler / sortir, remettons ça à un moment où je serais en forme !

Par conséquent je peux pardonner au jeune  maladroit... Mais pourquoi les adultes n'ont pas appris eux aussi  que l'autre peut être un hypersensible ?

Mais je suis quand même contente de moi. Parce que j'ai fait des progrès au fil du temps. D'abord à ne plus réagir au quart de tour par l'agressivité comme quand j'étais jeune ! Au contraire restez très calme : mais pourquoi tu me parles comme ça ? (bon j'avoue avec les filles ce n'est pas toujours facile de rester calme, mais les filles c'est TRES TRES souvent qu'elles parlent mal !

Puis ensuite s'adapter aux circonstances, s'adapter à l'autre. Le plus souvent, je m'esquive "ok je te dérange, on se voit plus tard".  Bien sûr on peut toujours jouer  les psys "un souci, on en parle" mais si la personne est énervée ce n'est pas forcément le bon moment.

Et puis je suis aussi contente de moi parce que je suis blessée moins fort qu'avant et moins longtemps...

Samedi soir très tard... 23 h et quelques, comme souvent avant de me coucher je regarde qui est connecté sur MSN... On ne sait jamais il y a peut-être quelqu'un pour échanger quelques mots...
Mais comme je l'ai ditc'est quand on voudrait bien qu'il n'y a personne etc...

Gaël est en ligne... Mais c'est rare qu'on communique via MSN, j'ai vite compris que ce n'est pas son truc qu'il se prend les pieds dans le clavier, se trompe de convers, se déconnecte au milieu d'une phrase...
Et je ne lui en veux pas c'est comme ça. Là, je dis une phrase ou deux, guillerette, une blague je crois.
La réponse : deux phrases  brèves, agacées, limite agressives. Il n'y a rien de pire que MSN  !
On ne voit pas l'autre, on ne sait pas si il est occupé ailleurs ou énervé...
Il vaut mieux ne pas répondre à mon sens ! Je termine par "désolée de t'avoir dérangé".

Et je suis blessée bien sûr... Partie dans ma paranoïa facile, ma tendance Calimero, mais qu'est ce que j'ai fait  ? Pourquoi il m'en veut ?

Mais bon j'arrive à me raisonner, à me foutre des claques virtuelles, ça va tu as passé l'âge de ces bêtises non ? Et tu le connais, ça ne lui ressemble pas...

Lundi je l'appelle. Gaël qui ne m'envoie jamais balader, Gaël qui a toujours la voix douce et tendre...
Nous parlons de choses et d'autres, nous donnons des nouvelles. Puis nous en venons, je ne sais plus pourquoi à samedi soir. Il me dit qu'il s'est fait voler sa voiture. Il me raconte, donne des détails, je pose des questions, à mon tour je parle de moi...

Plus tard j'y repense et je comprends mieux sa réaction samedi. Et je le connais assez pour savoir que quand il est énervé, il vaut mieux le laisser se calmer tout seul. Et puis j'aurais du me rappeler que les rares fois où je l'ai vu très énervé, j'ai été la seule dont il tolérait la présence... pourvu qu'elle soit silencieuse...

Bon c'est clair il va falloir soigner mon hypersensibilité !

Posté par louisianne à 11:53 - État d'âme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 29 mai

Petite leçon vite faite...

Je ris toujours un peu, beaucoup, voire jaune, devant les requêtes gogolesques.... Hihi...

Mais bon parfois, il faut remettre les pendules à l'heure n'est-il pas ?

Tout comme notre gentille sorcière qui doit préciser qu'elle n'en est pas une !

Alors à tous ceux qui font des recherches sur la LOUISIANE...

Je précise que la vraie Louisiane n'a qu'un N et que moi j'en ai deux...

Non mais pourquoi je me serais cassée la tête sinon hein ?

Donc tout sur la Louisiane c'est là suivez le wiki

Pourtant Gogol et le Wiki ils sont gentils : si vous tapez LOUISIANNE (c'est moi) il vous guide ou vous dit que ce n'est pas le bon orthographe !

Posté par louisianne à 15:00 - Mes lubies - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 28 mai

L'ami du bout du monde

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Quand j'étais jeune fille, je m'étais inscrite dans une association de correspondants étrangers... J'avais déjà une correspondante anglaise depuis le lycée. J'ai correspondu longtemps avec elle, elle est venue en France, moi je suis allée chez elle en Angleterre.

Mon inscription m'a un peu déçue, pas de réponses, ou de fausses adresses. Une lettre puis plus rien... Un jour j'ai reçu une lettre d'un correspondant belge : il s'était inscrit des années auparavant, l'association avait gardé son adresse. Il n'était plus lycéen mais marié avec deux enfants. J'étais très gênée, mais on a correspondu quand même un peu...

Puis est venu l'avènement de l'informatique. Je ms suis inscrite sur un site de correspondant, moins courageuse que dans ma jeunesse, j'ai demandé un ou une correspondant(e) francophones...

Le premier qui m'a écrit, Gabriel était le bon... Mais j'y reviens...

Parce que les correspondants c'est comme dans la vie : pour 10 personnes rencontrées, on en garde un...

Un gentil Louis québécois qui m'écrivait tous les vendredis... Homme plutôt classique, père de famille, presque grand père (fille aînée enceinte). Il aimait les peintres, s'intéressait à l'art... On avait pas grand chose en commun, mais on parlait de nos pays, de l'actualité.
Un jour il m'a dit qu'il n'était pas habitué à correspondre, qu'il ne penserait pas que ce serait si lourd...

Ben oui moi quand je m'engage, je m'engage ! Je ne lâche pas prise !
Pourquoi s'inscrire sur un site de corres si on ne sait pas écrire ! Car il ne s'agit même pas d'aimer écrire là !
Mais de savoir ce que représente une correspondance !

Un autre québécois, Alain... Relativement prétentieux,  ne parlait que de lui, ne posait que très peu de questions.... Oui je sais ça existe aussi dans la vraie vie !

Et puis il y a ceux qui ne respectent pas les règles du site : pas un site de rencontres, merci de ne pas faire de demande en mariage...
J'avais pourtant décoché la case de certains pays où on cherche "mariage en vue carte de séjour en France"...

Et contrairement à ce que j'aurais cru, les femmes sont celles qui m'ont plus déçue ! C'est connu les femmes lisent plus, écrivent plus, répondent aux cartes de vœux et.... s'inscrivent sur des sites de correspondance !

Celle qui m'écrivait comme sur msn  kikou lol mdr !  et bombardait ma boîte mél de diaporamas Vive l'amitié chantée par des petits chats alors qu'on s'écrivait depuis 2 jours...

Celle qui avait 10 corres et s'en vantait, mais écrivait à tous un mél commun, ne répondant pas au mien, (le lisait elle ?)...
Quand elle répondait au mien c'était en copiant-collant un morceau de  paragraphe :
au sujet de ce tu dis dans ce paragraphe....

Bonjour la communication, je déteste ce procédé... Inutile d'ajouter qu'elle répondait deux lignes à un paragraphe de 6 lignes... J'ai échappé au + 1 !

Mais la règle générale, c'est plutôt pour les femmes au bout de 3 méls : "je suis débordée à cause de ma soeur qui vient ce week-end... Plus le temps de suivre une corres mais je reviendrais"...
Et bien sûr elles ne reviennent jamais !

Mais oublions ces souvenirs désagréables ! Le premier a été le bon ! Le premier, c'est Gabriel, québécois aussi. Comme beaucoup de français j'ai toujours fantasmé sur le Québec. et rêvé d'y aller.

Gabriel, en vrai, porte comme prénom mon nom de jeune fille.
Avec Gabriel ça a accroché tout de suite ! Ça parait bizarre que ça puisse accrocher par mél ! Et bien si !
Le même humour, les mêmes valeurs, les mêmes centres d'intérêt...

Les premiers temps on s'est écrit tous les jours... La découverte de l'autre, l'excitation, l'impatience d'en savoir plus, de lire les réponses aux questions... la peur, parfois de déplaire, d'avoir une opinion qui pourrait blesser ou tout casser...
Gabriel est plus jeune que moi (il va fuir en apprenant mon âge, non ? ouf !)
Il est marié a des enfants. Je lui parle de mes filles, de ma vie... J'aborde aussi avec lui des sujets auxquels je ne pense pas forcément au quotidien... Son pays, le mien...

Ensuite les méls s'espacent un peu... Tenir un tel rythme c'est dur !
J'ai même un peu peur. Je sais tout sur le Québec, lui tout sur la France ou presque. On s'est tout raconté de nos vies... Va t-il m'abandonner dans les cyber espaces ? Non ! De toutes façons je débarque chez lui si il fait ça !

Quand je n'ai pas le moral, quand j'ai un souci, j'écris un long mél et j'attends sa réponse.  Quel que soit le problème, mes filles, le travail, le quotidien
Il arrive, mon ami du bout du monde, à me remonter le moral. Il a donné l'adresse de son neveu à Artémis. Mais Artémis et son neveu ne communique que par MSN quand ils se croisent... Vu le décalage horaire, c'est rare.

Un jour je l'ai croisé sur MSN un matin. Il était au travail et m'a dit la prochaine fois, il faut que ce soit chez moi, que j'ai la webcam...
J'ai vu des photos, il a vu les miennes. Il connait par cœur mon blog de photos de famille. Mais j'avais peur ! Oh la la, si il me décevait ! Si je le décevais !   

Puis un soir vers 18 h, heure française, je l'ai croisé. Une vingtaine de minutes pour réussir à faire marcher la webcam, trouver le micro planqué par les filles. Nous sommes restés presque 2 heures en lignes...
Artémis est venue faire coucou !
Souvent il me dit qu'il aimerait qu'on se retrouve dans un bistrot et qu'on parle jusqu'à plus soif...

L'an dernier pour le jour de l'an on s'est donné rendez-vous pour se souhaiter la bonne année. Pas facile car je n'étais pas chez moi... C'était court et sympa. Moi c'était après le champagne, après minuit... Lui c'était le début de la fête, les invités qui arrivent !
Puis je l'ai recroisé une autre fois, après lui avoir fait de la pub pour Skype (moins de plantage) et là c'est moi qui ait vu sa fille. Ça fait tout drôle d'avoir l'impression d'être dans son salon ensoleillé au bout du monde, alors qu'il fait nuit noire chez moi !

Mes éclats de rire à cause de son accent et ses expressions !
Lui : ça ne te gêne pas ? tu vas t'habituer !
Mon coup d'œil au miroir au dessus de la cam , ça va je suis dans un bon jour ! 

Ça fait plus de deux ans maintenant. Je rêve toujours de partir au Québec, quand je serais riche, tout comme lui viendrait bien faire un tour chez moi... Plus de chance peut-être ! Pour le travail il aura peut être une occasion !

J'ai l'impression de le connaître depuis toujours ! Je me vois bien passer une soirée, à rire, danser, écouter de la bonne musique. Nos jeunesses se ressemblent d'ailleurs !

Ça me fait un peu peur aussi ! Mais pas vraiment ! Je serais sûrement intimidée au début ! Mais pas longtemps !
Ah ! Comme je serais heureuse quand je raconterais dans mon blog ma première rencontre avec mon ami du bout du monde !

Edit du 10 juin 08 : Gabriel a été très ému par mon billet ! Il n'a pas commenté, mais m'a écrit ! Il se souvient des dates mieux que moi (rare pour un homme) et m'a dit que nous nous écrivons depuis décembre 2005 !

Posté par louisianne à 15:47 - Rêves - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 26 mai

Vous avez remarqué...

En voiture :

Je suis pressée : tous les feux sont rouges !
Je suis perdue, j'aimerais regarder le nom des rues ou le plan Pappy : tous les feux sont verts !

Embouteillage : alors que je suis  en forme et que j'aimerais rouler...
Personne sur l'autoroute, mais je suis crevée et je me  traine à 100 alors que je pourrais rouler à 130 !

En réunion ou en stage :

On m'appelle rarement, mais c'est juste ce jour là qu'on m'appelle... sur le portable en silencieux ou resté dans mon bureau...
... et qu'il faut rappeler d'urgence alors que c'est difficile : pas de réseau, pas de portable, pas de pause, il faut appeler d'une cabine etc...

Mon portable :

...sonne rarement mais toujours quand je suis dans le métro ou en train de chercher des pièces pour payer le pain !

Le téléphone fixe :

ne sonne pas quand je suis malade ou que je m'ennuie...
... mais sonne quand il y a un truc passionnant à la télé, quand on est à table ou que je surveille la cuisson
pareil pour MSN : personne quand je discuterais bien, 3 convers quand je suis concentrée sur autre chose...

Les invitations, sorties :

Des mois sans rien, puis tout d'un coup une communion et un mariage le même jour, ou une copine qui est à Paris pour deux jours seulement en même temps qu'une fête qui se prépare depuis des mois...
et il faut choisir !

Pareil pour les hommes :

Des mois sans rien, puis deux soupirants en même temps. ou un qui arrive alors qu'on commence à  peine avec l'autre (ou un ex inoubliable qui se repointe...) entre les deux mon cœur balance !

Mes filles m'ont offert un GPS pour la fête des mères...  Mais flûte je n'ai plus d'occasion d'être perdue !

C'est sûr un jour je vais gagner au loto, le jour où je ne saurais pas quoi acheter !

Posté par louisianne à 14:19 - Quotidien - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 23 mai

Il était moins une...

En ce moment la meilleure amie d'Athéna qui fait ses études en Angleterre, est ici. Athéna a fini les cours et donc profite de sa copine. Athéna est déjà en temps normal "mon oiseau des îles", insouciante, oubliant ses clés, mais quand sa copine est là c'est pire !

Elle avait déjà commencé dimanche en oubliant sa soeur en discothèque ! Elles prennent la voiture de la copine, j'emmène Artémis et sa copine, et je dis bien à Athéna, que vu que je travaille demain, je serais contente de ne pas avoir à aller les chercher. Et à 5 h du matin, Athéna se pointe, déposée par sa copine et me dit : "elle est là Artémis ? Tu es allée la chercher !". Inutile d'écrire ici les gros mots que je connais, toujours est il que la blonde est repartie aussitôt avec sa voiture chercher sa soeur et la copine. Quand Artémis est arrivée, un peu crevée, elle m'a dit que sa soeur était débile et qu'elle m'expliquerait demain...

Mardi soir quand nous rentrons vers 22 h du cours de musique d'Artémis, Athéna est dans la cuisine avec sa copine Mumu, et un copain Nico. Ils discuttent, fument, Artémis reste avec eux, je vais me coucher.
Vers 2 h 30 je me réveille. Je descends leur dire de rire moins fort la fenêtre est ouverte.

Plus tard ils se couchent. Mes deux filles dans la mezzanine, Mumu et Nico sur la chauffeuse par terre. Ils continuent à rire et à parler, sauf que là ils sont à côté de moi. Ca sent le tabac jusqu'en haut. Est ce leurs vêtements ? Je ne peux pas dormir avec cette odeur. Je me dis qu'Athéna a du laisser la cuisine ouverte, ou oublier de laisser la fenêtre ouverte.

Je me lève, leur dit de se taire et leur demande d'où vient cette odeur : " vous fumez dans la chambre"
- mais non !
- ça sent le tabac ? Vous ne sentez pas ? Ça ne sentait pas tout à l'heure
- non ! On ne sent rien !

Je descends, j'ouvre la cuisine, j'allume. La cuisine est blanche, on ne voit rien, mes yeux pleure. Il faut que j'ouvre la fenêtre, impossible de traverser la pièce ! Mais ils ont fait quoi ? Vidé une bombe lacrymogène ? Lancer des fumigènes ?
Je hurle :
- Athéna ! Vous avez quoi dans la cuisine, descends vite !
Ils descendent tous, se mettent à tousser. Athéna s'écrie "c'est la bougie". J'en doute fort, mais athéna réussit à entrer dans la pièce à ouvrir la fenêtre et le volet roulant, puis elle jette la bougie dans l'évier et l'arrose.

Comme on ne voit toujours rien, on ouvre la porte de dehors. Nous allons tous dehors, en petite tenue voir par la fenêtre ce qui se passe. Je ne vois rien par la fenêtre, que du blanc... Mais j'entends :
- Athéna, ça crépite ! Il y a le feu !
Athéna entre de nouveau dans la cuisine avec l'arrosoir et arrose la poubelle où elle avait vidé le cendrier.  Cette fois j'arrive à rentrer dans la pièce. Je lui dis de sortir la poubelle par la fenêtre.
Puis nous sortons de nouveau dehors ! J'arrive à lui dire quand même entre temps qu'elle est complètement irresponsable et qu'elle n'invitera plus personne.

Athéna sort le sac poubelle. Je lui dis de l'arroser, avec le tuyau d'arrosage. La poubelle semble intacte mais Artémis se brule avec le côté qui est tout fondu. Je dis à Athéna d'arroser la poubelle aussi.

Je monte et j'ouvre toutes les fenêtres. En bas les filles ouvrent les fenêtres, la vitre de la porte d'entrée.
Artémis s'écrie : "on serait morts dans notre sommeil".

Les ados se couchent et continuent à rire tandis que je cogite. Je me fais des tas de films... Et si...
Et si je n'avais pas réagi à l'odeur ? Les ados auraient attendu que la fumée monte et à moins de sauter du 1er étage, nous étions foutus. Les filles dans la mezzanine ! Et si je n'avais pas été là ! Plus jamais je ne laisserais mes filles inviter des copains en mon absence !
Et si personne n'était mort, mais la maison brulée ? Je n'ose pas imaginer !

Le matin en déjeunant je réalise que la poubelle est tout près des rideaux. Je me dis que je vais bouder au moins six mois. Ou que je vais leur dire ce que je dis souvent :
- un de ces quatre, je vais partir et vous laisser vous débrouiller ! Trop c'est trop !

Posté par louisianne à 08:00 - Quotidien - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 22 mai

La bande

bande J'ai toujours aimé la bande... les bandes... Pas si évident à priori !
Je ne suis pas une ultra sociable au carnet d'adresse bien rempli (je préfère la qualité à la quantité) et puis je suis une grande rêveuse, et j'ai besoin de rêver justement, d'écrire, de mes moments de solitude....

Et paradoxalement c'est pour ça que j'aime la bande ! Parce que j'aime tout autant voir du monde qu'être seule !

D'abord  parce que la bande m'apparait plus comme un "lieu" que comme des gens, un lieu comme le bistrot du coin où on est sûre de toujours trouver des copains !

Jeune j'aimais ma bande, je les rejoignais, c'était l'endroit où on pouvait voir les copains. L'endroit, le QG changeait, chez les uns ou les autres, dans le petit village de la maison de campagne, mais pas les gens... On sait où on va les trouver, où on va trouver du monde... Et ça ne paraît pas, mais c'est très important... surtout le jour où on a plus de bande.

Et puis la bande ça permet justement de rester sur son quant à soi. On se retrouve pour faire des bêtises, plus facile parce qu'on est plusieurs, on discute de tout et de rien, on  se tient chaud, on rit, on fait des projets, on se raconte des choses. Mais personne ne vous oblige à faire des confidences, à dire ce que vous n'avez pas envie de dire, ou même à vous montrer tel que vous êtes. Quand on est jeune, la bande pour les timides, c'est même mieux que les têtes à tête.

Et enfin parce que j'ai toujours aimé étudier l'âme humaine, j'adore observer la bande. Je sais qui est le noyau dur (3 ou 4 qui souvent se sont connus en premier) qui sont les satellites, ceux qui ne sont pas toujours là, ou qui ont un seul point d'entrée dans la bande, la timide qui colle sa copine parce que seule elle n'oserait jamais demander aux autres ce qu'il font ce soir et que sa copine, elle fait partie de la bande. Qui est le meneur, qui est le boute en train, quel est le rôle de chacun.
Qui est celui, celle dont tout le monde remarque l'absence, ou au contraire celui ou celle dont personne ne remarque l'absence...
Ou encore les comportements qui peuvent être tellement différents en tête à tête et en groupe. Certain s'épanouissent en groupe, s'enhardissent, surprennent.

[Beaucoup plus tard dans des stages de communication j'ai appris que je ne me trompais pas que chaque groupe (même au travail) fonctionnait à peu près pareil, que chaque personne au sein d'un groupe avait son rôle. J'ai même appris quel rôle je jouais dans des jeux de rôle.  Fédératrice, mais pas meneuse, je propose des choses, j'ai des idées, mais si personne ne suit, je laisse tomber, l'autorité c'est pas moi ! Par contre si le meneur (ou la meneuse) a des idées qui me plaisent, je peux être son bras droit, son porte parole etc... OUAH ! L'affreux cliché ! L'assistante zélée du patron leader ! Bon c'est vrai que c'était des stages au bureau, et c'est vrai aussi que Laurent était le chef de la bande et moi son admiratrice ! ]

Dans une bande, bien sûr il faut partager des activités... Souvent les bandes disparaissent parce que s'inviter à dîner de temps en temps ne suffit pas. Si on ne partage plus rien, même pas des vacances ensemble, c'est dur de durer. Et souvent on ne s'en rend pas compte, on croit que c'est comme la famille, que rien ne nous séparera...

Parce que la bande est une osmose, une pieuvre à mille tentacules, je n'aime pas les "histoires"...
X qui dit du mal de Y, Y qui dit du mal de X, quand on sait que tout ça être répété. Je préfère ne rien entendre, ne pas être complice, je défends la victime, je suis mille fois plus tolérante dans ce contexte que je ne le serais ailleurs !
...ou ceux qui disent qu'il ne faut pas inviter Machin, je trouve ça odieux d'oublier quelqu'un qui saura forcément qu'il a été volontairement oublié... Sauf si le machin en question a commis un acte irréparable ou contribue à une mauvaise ambiance. On peut compter sur moi pour n'oublier personne, même le timide "qui sert à rien" comme disent les djeuns, pour ratisser large...
La bande c'est comme une religion pour moi, c'est sacré !

Dans la bande de copains de mes filles, ceux du Sud que je connais depuis longtemps, et que je vois le plus, (A Paris elles ont plusieurs bandes et je ne les connais pas) ça m'amuse aussi d'observer les liens, le noyau dur, les satellites, les nouveaux, les anciens... Quand mes filles me parlent je dis souvent :
- Ok machine a tel défaut, mais en groupe elle est bien
- et alors ?
- et alors c'est important !
Ou encore : "non ça ne se fait pas d'oublier Gertrude ! Elle le saura que tous les autres y sont !"
- ben c'est bien fait !
- non c'est méchant...
Lise qui énerve Athéna, parce qu'elle n'est jamais là et qu'Artémis est son point d'entrée dans la bande... Et alors pas grave, au contraire tu devrais être fière de ta sœur !
Un jour j'ai dit à Solène qu'elle était fédératrice dans la bande, elle m'a regardé comme si je parlais chinois en se demandant si c'était un compliment ou une critique !

Il y a les bons moments, les faciles. Mais quand elles se plaignent de la bande, les jour pas faciles, les soirées ratées, les semaines où à force de faire la fête, ils sont crevés, se lassent, s'engueulent, et que mes filles se plaignent de leur bande de relous...

Je leur dis d'en profiter. Que tout n'est pas toujours rose, mais que seuls les bons souvenirs resteront, et qu'elles feraient mieux de croiser les doigts pour que ça dure le plus longtemps possible...

Parce que moi je n'ai pas plus de bande depuis longtemps...

Et que parfois j'aimerais bien retrouver ce "lieu" où j'étais sûre de trouver des copains...

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mercredi 21 mai

Petits rires entre filles...

Les filles parlent, rient pour rien, échangent des piapias existentiels... Il paraît même que pour les femmes il est primordial d'avoir des copines, parce que un homme c'est bien, mais ce n'est pas pareil.

Je pense souvent à cette phrase dans une chanson de Renaud
...téléphone à sa mère qui est sa meilleure amie, paroles éphémères et tout petits soucis...
Parce que ça me fait penser à la fois à moi avec ma mère, et à mes filles avec moi...

Après les vacances de Pâques quand Athéna reportait tous les jours son retour de Grande ville du Sud et changeait son billet de train tous les jours ou presque. Elle n'arrêtait pas de m'appeler. Au point que son copain m'a dit :
- Vous lui avez manqué ! Je lui disais d'arrêter avec son téléphone, elle m'a dit "oui mais ma maman me manque"...

Elles m'épuisent parfois mes petites quand elles me sautent dessus à peine rentrée du travail. Depuis qu'Athéna fume et boit du café, elle multiplie les pauses clopes café ! Café clope pour elle, juste café pour moi ! Je bois du café à n'importe quelle heure, même à l'heure de l'apéritif...
- Allez viens on fait une pause café  clope !
Et Artémis nous rejoint, parce qu'elle sent que la discussion va être passionnante. Abandonnant MSN qui fait bip bip, wizz wizz, la télé allumée, ou I*tunes qui passe à fond une chanson en boucle...

Leur jeu préféré en ce moment : Dis moi quelque chose que tu ne m'as jamais dit !

De préférence du lourd, un secret, un truc inavouable...
Et bien sûr chacune doit dire un truc... Sauf qu'à force moi je m'épuise ! Je n'ai plus rien à dire ! Une cuite il y a des années (et encore je n'ai pas dansé en slip sur la table, mais plutôt vomi mes boyaux) je n'ai pas de cadavre à déterrer, je n'ai pas eu d'enfant caché, ni d'amant inavouable...

Alors elles sont déçues... Non t'es pas drôle ! Tu aurais pu essayer de fumer, ou mentir à ta mère...

Mais voilà qu'hier j'étais dans la voiture avec Athéna. Elle avait accepté de m'accompagner chez le carrossier, parce que je lui avais dit que c'est un beau mec... Un peu dubitative quand même (ma mère et ses goûts bizarres). Mais elle a été d'accord avec moi !

Au retour voilà qu'elle me pose une question existentielle : "ça doit pas être drôle d'être mariée ! Comment on fait pour être fidèle ?".
Je ris : "tu l'aimes et tu ne vois que lui !"
- oui mais ça, c'est au début !
- c'est vrai, mais après il y a autre chose ! Regarde les gens de 60 ans par exemple, il y a une grande tendresse. Et puis ne crois pas que c'est si simple de batifoler, à part à ton âge... Le premier homme quand tu as passé 10 ou 15 ans avec le même, ce n'est pas si simple !

Elle se tourne vers moi comme frappée par la foudre !
- c'est qui ? tu ne me l'as jamais raconté ça !
- tu étais petite !
- je ne l'ai jamais vu ? Raconte ! Tu as une photo !
- oui bien sûr j'ai une photo, tu me connais !

Je lui raconte durant le reste du trajet (le petit prince), et lui dit que je vais lui montrer mes photos en rentrant. Arrivée à la maison, elle fait une moue boudeuse :
- beuh ! Tu te rends compte, quand je serais vieille, je n'aurais plus rien à te raconter ! Tu sais déjà tout, tu as tout suivi au jour le jour, on ne pourra plus jouer à "dis moi quelque chose que tu ne m'as jamais dit"..
Je ris : "mais si on aura toujours des choses à se dire"...

Athéna prépare un Nième café dans la cuisine, tandis que je vais chercher mes boîtes de photos. Des boîtes de photos, de lettres, des choses cachées qui ne sont pas dans les albums...
Artémis, qui sent que ça va être intéressant, nous rejoint. Et nous voilà plongées dans les souvenirs.
Je montre l'homme en question. Puis je sors la boîte "Laurent". Je montre à Athéna les photos, toutes celles qu'il a sorti lors du dernier dîner et que j'ai dans ma boîte. Puis les photos de lui et moi à tous les âges. Athéna, très logique me dit : "sa femme, elle ne t'aime pas ?"
- pas trop non !
Puis nous regardons tout. Je tombe des nues à chaque enveloppe. Les photos oubliées (les photos seulement) d'un ex qui m'avait pourtant marquée... ou peut être que je n'y pense pas à ce moment là.  Des photos de copains et de copines qui sont là parce qu'ils me les ont données, elles ne sont donc pas dans les albums, ou ce sont des photos d'identité. Des photos de Roselyne, des photos de mon mariage en noir et blanc, des cousins et cousines que je ne vois plus.

D'autres garçons qui remontent encore plus loin. Mes filles se moquent de mes goûts... Il y a aussi des photos de mes filles petites, des photos de moi bébé. Artémis râle : "meuh on dirait moi ! J'ai pas envie de te ressembler". Ou Athéna qui me voit en photo en maillot de bain à 16 ans : "mais je suis foutue comme toi ! C'est de ta faute alors mes kilos en trop !".

Le téléphone d'Athéna sonne : "je peux pas je fais un truc là"... Ce qui est plutôt rare, d'habitude elle nous lâche sans scrupules, même en plein film !

Puis elle ont fini par mourir de rire en regardant les photos de moi : "Ce mois ci dans Looser, la célèbre Louisianne nous montre sa nouvelle voiture ! Une R 5 pourrie"

Fous rires des filles.... Ah regarde ta mère, Athéna, elle tape encore la pose, alors que tu étais déjà née...
Ce mois ci dans Looser, Louisianne et son enfant à la plage...

Puis  elles me laissent ranger les photos et rejoignent chacune leur pc...  Athéna me dit en riant : regarde ce que m'écrit Artémis, convers msn :

Artémis dit :
demande à ta mère dans quel film elle a tourné pour qu'on les télécharge !

Athéna dit :
Dans ma R 5.... A la plage avec mon enfant... Mes ex trop moches....

Dans une autre convers, je vois Athéna écrire "j'aime bien ces moments en famille"... Puis elle râle parce je lis par dessus son épaule...

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mardi 20 mai

Même pas peur...

Je ne suis pas peureuse... C'est comme ça depuis toujours... chauve_souris
Ma soeur Camomille avait peur de tout au point de regarder sous son lit avant de se coucher. À la campagne elle aurait terrorisé les plus téméraires avec ses inventions, dans la chambre, à voir des ombres partout, à hurler parce qu'un arbre avait frémi la nuit dans la campagne... Et jamais elle ne serait rentrée à pied la nuit, même à plusieurs...

Et j'ai les mêmes à la maison. Athéna était surnommée "Athéna la trouille" toute petite, et Artémis comme moi n'a peur de rien.
Bien sûr il y a peur et peur, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! J'ai eu peur quand j'ai eu mon accident, si je me trouve nez à nez avec un serpent ou un lion, j'aurais peur, et si dans une ruelle sombre on me met un couteau sous la gorge, j'aurais peur forcément !

Mais descendre à la cave ou monter au grenier, marcher dans la campagne seule, même la nuit, passer une nuit dans une maison isolée, tout ça ne me fait pas peur...

Mais ça mon ex-belle mère, grande peureuse, ne le comprend pas !
Depuis le temps qu'elle me connaît, chaque fois qu'elle vient dans la maison de vacances, elle me demande :
- et tu n'as pas peur seule avec ta mère ?

À Pâques je lui ai dit que non. Que j'ai même passé une nuit seule à la toussaint, et que je n'ai même pas fermé la porte à clé ! D'ailleurs j'ai moins peur à la campagne qu'en ville ! La forêt de Meudon, la nuit je n'irais pas, il y a des SDF, et même si ils sont inoffensifs, je n'ai pas trop envie de les croiser...
Alors qu'à la campagne, qui viendrait me chercher là haut sur la colline ?

Mais ma belle mère ne peut pas admettre que ni moi, ni ma mère n'ayons peur !
Comme elle insiste : moi je ne pourrais pas !
Personne ne lui a demandé ça tombe bien, je réponds :
- et de quoi je suis sensée avoir peur ? des loups garous ? des tueurs en séries ? Admettons ? Me tuer, bon ben c'est bien une fois que c'est fait, c'est fait ! Avoir peur n'y changera rien ! Et puis on peut me poignarder dans le métro ! Et pourquoi pas dans ma maison en ville ?

Alors elle commence à raconter des histoires horribles... Je la stoppe tout de suite (à force je connais) et puis c'est Athéna qui va mal dormir cette nuit :
- Vous essayez de me faire peur ! Peine perdue ! Je ne changerais pas !

C'est vrai ça, est ce que moi je reproche aux peureux d'avoir peur ?
Athéna a peur, je la rassure ! Je ne lui dis pas pas  : mais pourquoi tu as peur, moi je ne pourrais pas avoir peur !

Il y a aussi les gens chez qui vous arrivez dans une région que vous connaissez pas, ou en ville... À peine arrivés ils vous mettent en garde : faites attention, il est arrivé ceci ou cela...
Le coup classique de la légende urbaine :
- c'est arrivé à qui ? des gens proches de vous ? on vous l'a raconté , ah bon !
La première fois (j'étais jeune) j'ai laissé dire... Maintenant je m'en tire avec une pirouette :
- mais pourquoi vous voulez nous faire peur ? Pour qu'on reparte plus vite ?

Bon d'accord si on regarde le JT, on peut avoir peur. Mais en France (et peut être même en Europe) on peut quand même sortir en ville, passer une nuit à la campagne sans se faire égorger !

Et ne pas être être peureux, ne veut pas dire qu'on est inconscient !  Pourquoi  y a t-il des gens qui ne supportent pas qu'on ait pas peur ?
Et puis quitte à me la péter un peu : ça devrait susciter l'admiration, non ?
Alors belle maman, remballe tes histoires ! Même pas peur !

Posté par louisianne à 08:00 - Coup de gueule - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 19 mai

Reminiscence

Ça commence par une histoire de cheveux... Les cheveux on a jamais ceux que l'on veut : Athéna a les cheveux raides et plutôt épais (une chance) et se les frise au fer à friser... Artémis a les cheveux épais qui frisottent (magnifiques à mon sens) et se les lisse avec le fer à lisser !

J'ai les mêmes cheveux depuis toujours... J'ai hérité de ceux de ma mère...

Très raides, plus que raides, plats à la racine, et qui graissent très vite...
On ne peut pas dire que je n'en ai pas beaucoup... C'est juste qu'ils ont une implantation bizarre, beaucoup sur les côtés et sur la nuque, et peu sur le devant, peu sur le haut du crâne...

Enfant j'avais les cheveux courts. Puis j'ai eu les cheveux longs jusqu'à 20 ans, et ça ne m'allait pas spécialement bien, ce qui me va, c'est le visage dégagée, seule la queue de cheval m'allait bien.

Puis à 20 ans je me suis coupée les cheveux, c'était la mode de la coupe au bol... Tout le monde m'a dit que ça m'allait bien... Bien sûr la coupe au bol c'est plus joli quand on a les cheveux épais...
Puis un jour à force d'entendre les coiffeurs me dire que le brushing n'allait pas tenir, qu'ils étaient très plats etc... j'ai essayé la permanente. Et là c'était génial ! Les cheveux un peu plus longs, (sinon ça fait caniche), ils ne graissent plus,  je les coiffe avec un peigne fourchette et surtout ça me va bien... Et bien sûr c'était aussi une mode...

Après cela a changé un peu, des frisettes juste sur le haut (la calotte disaient les coiffeurs) moins longs, moins frisés... Mais je ne pouvais pas me passer de permanente...

Mais avec le temps j'en avais assez... Je ne suis pas radine, mais ça devient cher et je préfère mettre mes sous ailleurs... Et puis j'aimais moins ce style. Ma coiffeuse du Sud me disait que ce n'était pas moderne (normal elle fait des permanentes caniches à toutes les mamies du coin). Mon coiffeur d'ici (qui pourtant vient du Sud) me disait : si si c'est bien la permanente ça casse les épis
Qe faire ?

C'était une drogue : je n'arrivais pas à arrêter... Et surtout pour faire quoi ? Très court j'ai déjà testé, je n'aime pas, et puis on voit moins de cheveux courts, même les mamies arborent un carré gris.
La coupe au carré ne me va pas. Alors je laissais pousser puis je craquais : non trop gras, je ne vais pas supporter de les laver tous les jours... non trop longs, ça fait bizarre... Car il fallait aussi que je tienne sans couper !

Jusqu'au jour où j'ai tenu... Plus de permanente. Là tout le monde me demandait si je m'étais teint les cheveux en noir (la permanente éclaircit les cheveux), ma belle soeur par exemple ne m'avait jamais vu au naturel... Mes filles étaient ravies : "ne fais plus rien"...
Puis elles m'ont presque prise en otage pour m'empêcher de couper...
- mais c'est moche !
- c'est normal, attends encore....
Elles se mettent à deux pour me dégrader un peu, me désépaissir la nuque. Je retrouve la sensation bizarre d'avoir des cheveux dans la cou... La sensation bizarre de les brosser... avec les cheveux courts le peigne me suffisait.

Et puis ce matin reminiscence....

J'ai mis mon tee-shirt marin. Oui je sais c'est démodé, sauf à la Baule et à Concarneau... Mais j'ai toujours aimé les tee-shirt, pull marin... J'en ai toujours au moins 2 à manches courtes, un à manche longues, un pull bleu sur blanc et blanc sur bleu.

Il y a des jours sans : oh la la les cernes, tu as passé l'âge de te coucher tard trois jours de suite, ma vieille...
Mais ce matin c'était un jour avec.... Je ne suis pas maquillée... J'ai cette tête que j'ai toujours eu, mais...
Les cheveux presque longs, noirs et raides, le pull marin, je me regarde dans la glace un peu étonnée... Ça me rappelle quelque chose mais quoi ? Mais qui ?

Ça y est je sais :

J'ai 15 ans !

Posté par louisianne à 09:27 - Ça m'interpelle - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 15 mai

Chagrin des autres

fauteuil_louisianneJe reçois un mél ce matin : Voilà c'est fini... Au moins je suis fixée, mais quand même ça me fait ...

Mon cœur a fait un bond à la lecture de ce mél de mon Athéna.

Ce n'est pas la fin du monde. Ça faisait quoi 3 semaines, deux...

Non ce qui a été le plus dur à vivre c'est l'étendue de la lâcheté de (certain) mâles... Pas de nouvelles !
Oui il y a pire que ceux qui rompent par mél, par sms, par lettre : il y a ceux qui font le mort,  ne répondent plus au téléphone etc...
C'est vrai que ça a toujours existé (même avant les portables, les sms)
Mais c'est insupportable !
Bien sûr qu'elle le voyait venir... Plus distant, changeant...
Elle lui avait même dit que si il voulait arrêter qu'il le dise !

Puis il repart dans Grande ville du sud et là plus de nouvelles.
Le premier jour c'est un cri dans la cuisine : "Maman", elle pleure et je la console.
Pas une copine n'a répondu à son appel... Il y en avait une qu'elle a visiblement dérangé, et l'autre absente.
- je n'ai personne à qui en parler !
- si tu as ta vieille mère !
Je passe plusieurs jours à la consoler, à lui dire de patienter, de ne pas le harceler. À l'écouter me raconter des détails,  ou se faire des films...
Plusieurs jours à regarder ses yeux verts se remplir de larmes, Artémis est partie chez son père quelques jours, alors je suis en tête à tête avec ma blonde.
Elle m'appelle au bureau, m'envoie des sms : appelé, laissé message, réponds pas..
Il lui envoie tout de même un sms laconique du style : "je vais bien", histoire d'avoir la paix sans doute. Lui qui, contrairement à ses prédécesseurs, semblait préférer le téléphone aux SMS et MSN (ce qui à mon sens est plus mature) se met à communiquer par sms !

J'ai la gorge nouée. Mais au bout de plusieurs jours, j'ai envie de le pilonner moi aussi ! C'est quoi ce comportement de gamin de 14 ans ? 
Mieux vaut  encore un poltron "j'ai besoin de  prendre du recul" qu'un grand silence  !

Je déteste la lâcheté ! Je vais lui botter les fesses moi à ce type, qui m'avait pourtant fait une bonne impression !
Mais bon sang pourquoi les hommes croient toujours qu'on va sauter dans la Seine si ils ont le courage de rompre ? Ils ne parlent pas pour ne pas nous faire souffrir ! Sauf que c'est pire ! On préfère être fixée !
Et même si on sait qu'il vaut mieux éviter de harceler le mâle, ben un tel comportement donne envie de le harceler ! Alors qu'une femme normalement constituée ne va pas harceler un homme qui la quitte, ou lui envoyer des tueurs à gage. Et comme celui qui nous quitte est censé nous connaître un peu, il devrait le savoir !

Je ferais quoi moi à sa place ? Ben au bout de 3 semaines de silence, 1 mois, 10 ans, peu importe, je m'arrangerais pour lui parler, au téléphone ou en face et lui dire  : 
- Félicitation pour ton courage !

Puis enfin Athéna réussit à lui parler par mél, après une enquête minutieuse pour obtenir son adresse mél.
Et lui demande si elle lui fait peur ! Le jeune homme accepte de parler sur msn.
Elle rit presque en me le disant, je suis soulagée que le feuilleton prenne fin... 
Je lui  dis "c'est bon les poltrons osent tout sur msn !"
En fait elle sait ce qui l'attend...  Mais je vais me coucher, ça m'a épuisée tout ça !

Et ce matin je reçois ce mél.... Et c'est là en fait où je voulais en venir : le chagrin des autres...

Il m'a fait un drôle d'effet ce mél : j'ai eu l'impression que j'en avais reçu un presque semblable... Qui commençait par :  voilà c'est fini...

Et je me suis rappelée c'était le mél de Servane lorsque son mari l'a quittée ce 14 juillet là...

La gorge serrée, les émotions, les larmes, le cœur qui bat,  les coups de sang, je monte et je redescends. Quand mes filles m'annonce un nouveau copain je saute de joie pour elles, il pourrait être poilu, rasé, repris de justice, habitant de Mars, je m'en moque... Et quand ça ne va plus pour elles, je suis là aussi. 
Artémis a plus de mal à parler, mais un jour pourtant elle a fini par m'appeler en larmes pour m'expliquer pourquoi ça n'allait pas depuis 3 jours (encore un qui faisait le mort !)
J'ai suivi aussi au jour le jour les souffrances de Servane.

Et dans ces moments là je me dis que je n'ai pas besoin d'histoire d'amour, et surtout pas de chagrin...
Le chagrin des autres me suffit. J'ai le sentiment parfois que je suis à l'abri, que tout ça n'est plus pour moi, même si je sais que c'est faux.

Mais vivre le chagrin des autres, ça aide aussi à relativiser. Athéna a 20 ans, si j'avais du vivre la même chose qu'elle, je serais moins émotive qu'à 20 ans, et j'oublierai plus vite.
L'expérience ça aide : "quoi tu me fais souffrir, c'est ça que tu m'apportes, alors qu'on est ensemble depuis 3 semaines ? Ok je suis aussi bien toute seule ! Et ça ne me fait pas peur, la solitude je connais !"

Et puis je me dis aussi que si c'est mon tour un jour, pas sûr que je trouve une oreille attentive, et peut-être que je n'essaierais même pas d'en trouver une ! Je serais ma propre meilleure amie !

Posté par louisianne à 15:00 - État d'âme - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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