Une grande rêveuse

Des petites choses que j'aimerais bien dire à quelqu'un

mardi 17 juin

Quand ça déborde...

Il y a une scène d'un film qui m'a marquée... Ce film est archi nul, archi ennuyeux, mais cette scène est le petit rayon de soleil, dont j'ai parlé un jour, la toute petite chose qui fait qu'on ne regrette pas de l'avoir vu !

Dans cette scène, une jeune femme en larmes appelle une amie... Elle est loin de chez elle, et appelle son amie du bout du monde...
Et d'après ce qu'elle dit, on peut imaginer qu'il ne s'agit pas d'un coup de blues... Un vrai grand désarroi, elle dit :

- je ne sais plus où j'en suis... je ne reconnais plus l'homme que j'ai épousé...

et d'autres phrases du même genre...
L'amie au bout du fil fait une chose que je déteste pour commencer : parler à une autre personne dans la pièce où elle se trouve. On apprend ça en stage de communication : la personne au bout du fil ne vous voit pas, elle ne peut pas savoir que vous parler à quelqu'un d'autre... C'est très impoli !

(J'avais une collègue qui était spécialiste... Si elle était au téléphone et que j'arrivais, elle disait : "bonjour euhhh Louisianne" (en plus elle hésitait sur le prénom)... puis "ah non je parlais pas à vous, mais à ma collègue".
Je lui ai expliqué 10 fois que dans ce cas, elle n'avait qu'à me faire un petit signe de tête et qu'elle me dira bonjour plus tard !
J'ai ainsi raccroché un jour au nez d'un contribuable dans l'exercice de mes fonctions, si si ! Je lui expliquais des choses très complexes, et voilà qu'il parle en même temps que moi "partez devant, je vous rejoins à la cantine" Blam ! )

mais je m'égare !

Après avoir fait cette chose particulièrement désagréable, l'amie au bout du fil lui dit, "
- je suis bien désolée pour toi, désolée que ça n'aille pas, mais rappelle moi plus tard ok ?

Parce que moi si une amie me dit "je ne reconnais pas l'homme que j'ai épousé" je ne sais pas mais l'affaire me parait grave ! Ça vaut la peine qu'on s'y arrête !

Scène particulièrement bouleversante... Pourquoi parce que je l'ai vécue, parce qu'on l'a peut être tous vécu...
C'est le cas où tout va mal... Ou j'ai déjà tout essayé : relativiser, attendre que ça passe, changer de regard, pleuré dans le giron de maman...
Ce n'est pas juste une crise de larmes un soir sur l'oreiller, ce n'est pas juste un soir de blues, ce n'est pas non plus un deuil, parce que le deuil je sais que c'est dur mais qu'il faut laisser le temps au temps...
C'est une situation, ou plutôt une série d'événements, de soucis qui s'enchaînent et qui font que j'ai l'impression que je m'en sortirai pas...
C'est plusieurs jours à tourner en rond, les larmes au bord des cils...

Que faire dans ces cas là ? Aller voir un psy qui n'est au courant de rien et à qui il va falloir expliquer en long en large et en travers tout ce qui fait que ?
18 séances rien que pour expliquer mon parcours, mariage, filles, famille, mais que là n'est pas le problème, le problème figurez vous c'est que depuis octobre...

Alors c'est comme ça que souvent on fait un numéro de téléphone... Et quand on a une telle réaction au bout du fil, ça fait vraiment mal...
Bien sûr tout le monde n'a pas eu une formation de psychologue... mais une formation d'ami(e) ça existe ? Non ?

Et si je réfléchis à tout ça, c'est parce que vendredi, j'ai appelé Laurent...

Et ça faisait des siècles que je ne l'avais pas appelé pour cette raison là : ça ne va pas !
Pourtant je sais que ce qu'il me va me dire ne m'aidera pas, et je le connais tellement bien que je sais avant de l'appeler ce qu'il va me dire...

Alors je me suis demandée pourquoi ! Je suis une grande fille, maintenant, les solutions je les trouve toute seule, je n'aime pas les conseils...

C'est peut-être pour ça... Il ne m'envoie jamais balader. Il prend en charge le problème... Il parle peut-être trop, il ne dit pas forcément ce que j'aimerais entendre (j'aimerais entendre quoi d'ailleurs ?), mais il est là...

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jeudi 12 juin

La recherche d'un ami (partie 2)

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[ Avant de continuer, pour ceux qui suivent j'avais déjà parlé de lui. Je l'avais appelé Peter Pan, mais ça me plaisait moyen. Je l'ai donc changé de pseudo bloguesque, (c'est mon blog je fais ce que je veux). Il est vrai que j'ai  de la chance :  Laurent et lui ont de jolis prénoms ! Difficile dans ces conditions d'en inventer un autre qui serait aussi joli et leur colle à la peau !  fin de la parenthèse ! ]

Gaël est venu tout seul. Un ami plus jeune que moi, je n'y avais pas pensé.  Avec cette disponibilité, cette ouverture, ce côté toujours partant, cet appétit de vivre...

Comment peut-on savoir au premier abord qu'on appartient à la même famille spirituelle ? Je suppose que si ce n'était pas le cas, (lui attiré, moi pas) je l'aurais relégué aux oubliettes...

Il y a sûrement quelque alchimie physique. Au delà du fait que nous sommes lui et moi bruns et bronzés, une façon de se mouvoir, d'appréhender les choses et la vie...

Puis ensuite il y a le temps où on s'apprivoise... J'étais toujours heureuse quand je savais que j'allais le voir, son visage s'illuminait quand j'arrivais.

La relation s'est installée petit à petit. Au début seul le destin nous permettait de nous croiser, et il faisait tout pour qu'on se croise très souvent, le destin...

Je m'en voulais presque de ma timidité du début... Toute une année nous avons communiqué par msn. Je lui posais beaucoup de questions, je voulais le connaître.  Nous avions des choses en commun, des choses à partager, des centres d'intérêt en commun. Aucune difficulté pour continuer la route...

Puis à l 'occasion du jour de l'an, nous avons échangé nos numéros de portable. J'aime chez les hommes leur côté petit garçon : c'est mon numéro, tu le notes bien hein ! J'ai changé d'adresse, ne te trompe pas ! Comment ça tu n 'as jamais vu l'endroit où je bosse ? Je travaille de 8 h à 12 h, à 12 h 30 je ne suis pas joignable, appelle moi plutôt à ....
J'avais souvent souri quand Laurent écrivait lui-même son adresse dans mon carnet. J'avais souvent été attendrie !

C'était la même chose pour Gaël. Au début, tout en me faisant la leçon intérieurement, je ne pouvais pas l'appeler sans avoir un prétexte, comme une gamine. Lui aussi probablement. Il m'appelait pour une raison précise, annuler un rendez vous par exemple, mais quand c'était moi qui l'avait appelé, c'est comme si j'avais brisé une muraille, et il pouvait m'appeler 4 fois de suite après mon coup de fil !

Souvent dans sa campagne, le portable ne capte pas, ou il est en panne de batterie, ou ça coupe. Il me rappelle toujours. Un bip, un message sur son répondeur, et il se précipite. Quand nous devons nous retrouver quelque part, mais qu'il ne me voit pas tout de suite, il me fait rire en disant "allo t'es où ?"...

Il se moque du regard des autres, me présente à ses amis. Certains sont gentils, d'autres ne me voient même pas. Il est fier de me connaître et de raconter des choses, des souvenirs.

Pourtant je ne peux pas dire que j'ai été totalement épanouie durant ces années à s'apprivoiser. Je n'étais pas sûre d'avoir trouvé un ami. Je restais sur ma réserve. Je ne parlais pas de mes amours passés et pourtant je sentais que c'était que c'était un sujet qu'il voulait aborder. Il voulait me parler de sa vie amoureuse et que je parle de la mienne.
C'est l'été dernier que l'occasion s'est présentée, cette nuit où je l'ai rejoint et où nous nous sommes parlés assis sur la route dans le noir...

Gaël n'a pas envie de se fixer. Il en a envie sans en avoir envie. Je sais trop ce que c'est, je lui ressemble trop pour l'ignorer. Je connais ses copains, je connais aussi ses relations avec les filles. Il est gentil et agréable avec tout le monde, mais je suis certainement la seule femme à laquelle il est attachée.
Tout comme il est l'homme le plus important de ma vie.

Les choses changent, les gens changent, les goûts changent.
Laurent était un cérébral, peu à l'aise avec son corps. Les gestes ont toujours été modérés et très corrects entre nous. 
Gaël est un tactile, un câlin.  Il ne passe jamais près de moi sans me faire une bise sur la joue, peut me serrer à m'étouffer, se colle à moi pour regarder des photos, me prend souvent par les épaules ou par la taille.

J'en ai parlé à Roselyne la dernière fois que je l'ai vue. Elle n'avait jamais compris ma relation avec Laurent, elle qui m'a connue à 20 ans, et comprenait encore moins cette relation là, vu la différence d'âge.
- Tu es amoureuse de lui ? tu envisages quelque chose avec lui ? tu es sûre qu'il est si innocent que ça ?

Pourquoi faut il des explications à tout ? Bien sûr je m'en pose aussi des questions...

Je me demande si mes ersatz de couple ne m'ont pas servi à fuir l'engagement, quand j'étais jeune et que je ne voulais pas grandir, et maintenant où je veux rester disponible pour mes filles...
Je me demande si je ne suis pas plus douée pour l'amitié que pour l'amour... Si une relation de tendresse, une relation sans souffrance et sans prise de tête ça ne me suffit pas...

Aucune importance. Vivre sans aimer personne à part la famille, c'est dur. On a besoin d'aimer, d'être aimée. Savoir que quelqu'un est là, toujours prêt, toujours présent, c'est une chance.

Avant lui il n'y avait que les routes qui étaient belles.  Comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldmann. Je partais l'été sur les routes, heureuse de partir, heureuse de ce qui m'attendait là bas dans le Sud...
Mais arrivée sur place j'étais un peu déçue... Et maintenant ? Les vacances, la maison, la famille, oui c'est bien tout ça... mais...

Maintenant je sais que j'y vais aussi pour quelqu'un.

On s'attache à un lieu, on s'attache à un être.
Laurent était lié à la maison de campagne, et je m'étais souvent posé cette question : aurais-je aimé autant ce lieu (le village, la maison) si je n'avais pas aimé aussi un être lié à ce décor ?

Gaël appartient au Sud. Et avant lui personne n'avait rendu la route si belle.

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mercredi 11 juin

La recherche d'un ami (partie 1)

petite003Certaines et elles sont nombreuses, préfèrent une meilleure amie...
J'appartiens à celles qui préfèrent un meilleur ami... Pourquoi ? Je ne sais pas, sans doute qu'il y a des petites filles à maman, et des petites filles à papa. Parce qu'un garçon m'apportait plus qu'une fille ? what else ?

De toutes façons, vu que j'ai rencontré Laurent à 5 ans, je ne me suis jamais vraiment posé la question.
C'est plus tard que les filles (encore elles) m'ont posé des centaines de questions. Questions d'incrédulité, (vous faites rien ?)  interprétations sauvages (lequel des deux est le frustré ?) questions de jalousie aussi (mais elle a quoi de plus que moi ?)

Pourquoi faut il des explications à tout ?

Le temps passe. Après des traversées d'océans et de déserts, après un chagrin d'amour difficile, un jour quoiqu'il m'en coûte, je ne peux plus fermer les yeux.

Laurent ne remplit plus son rôle...

Je ne dirais pas qu'il ne m'apporte plus rien : les rares fois où je le vois il m'apporte encore quelque chose...

C'est moi qui ai changé. Moi qui ai évolué...  La vie a fait des sauts de pages entre nous.

Et je n'ai plus envie de me raconter... de me confier... Et quand j'en suis là je sais que c'est grave. Je n'ai jamais su me forcer...  Je dis l'essentiel. Changement de travail, projets. Si on parle de mes filles, je me bloque. Je me borne à l'essentiel. Telles études, petit copain attitré ou non.
Nous n'avons plus les mêmes vies, plus les mêmes valeurs, et je le sais intolérant sur certains sujets : même pas la peine d'en parler.

J'avais envie d'un autre ami.
Mais l'adolescence est loin... les confidences aussi... À l'âge adulte, c'est assez rare, qu'un homme s'avance avec pour seul but d'être un ami ! Mais je ne vais pas m'en plaindre non plus !
Si tous les hommes me disaient :
- Très chère, vous êtes si laide que je ne vois en vous qu'une amie !
J'aurais de bonnes raisons de déprimer !

J'ai connu un ami au bureau, Patrice, dont j'ai parlé . Mais cette amitié n'a jamais passé les frontières du bureau.
Se parler, se raconter, ça ne suffit pas. Il faut partager des choses. Raison pour laquelle la relation avec Laurent avait pris fin. Plus rien à partager, à part des souvenirs communs, et des amis connus ensemble qu'on ne voit plus ensemble.

Et puis l'amitié avec un homme est moins facile qu'à l'adolescence, surtout si il n'est pas libre. Patrice était un homme honnête et même un repas au restaurant en tête à tête lui paraissait une trahison, et je ne peux que l'en féliciter. Laurent lui ne disait pas tout à sa femme. Il racontait que j'appelais pour donner des nouvelles, mais jamais que je déjeunais avec lui. Et j'ai mis très longtemps à m'en rendre compte...

Il y a l'ami du bout du monde... Mais c'est loin le bout du monde...

Comment faire ? Un ami g*ay ? J'en ai connu, c'est bien.
Mais je n'en connais pas ! Je fais comment je passe une annonce ? Cherche meilleur ami  ga*y ?
Non ça ne me plait pas. Ce serait coller une étiquette sur les gens.

Les amis, je ne les choisis pas parce qu'ils sont ceci ou cela. Je les reconnais parce qu'ils sont de ma famille spirituelle.

Tu es de ma famille, de mon ordre et de mon rang, celle que j'ai choisi,  celle que je ressens dans cette armée de simples gens...

Et puis un jour il m'a trouvée... tout seul...

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mardi 10 juin

Encore un matin

vue_louisianneDimanche matin... Je me lève tôt. Rendez-vous chez ma mère à 8 h. Ma soeur vient nous chercher avec sa fille,  nous partons à une communion à Alençon.

Sensation étrange de se lever si tôt dans la maison silencieuse alors que c'est dimanche. Impression de brouillard, d'être en dehors de la vie... Comme ces réveils matinaux pour de longs voyages...

Traversée du jardin où l'herbe mouillée de rosée rafraichit mes orteils dans des sandales ouvertes...

Puis je monte dans la voiture d'Athéna... Athéna a les poches (et le réservoir d'essence) presque vides, et il a été convenu que je lui laisse ma voiture, puisque je ne vais pas loin...

Portière qui grince... Voiture très basse, sièges inconfortables. Démarrage difficile, starter... c'est où ? Ça existe encore ? Vitres embuées, essuie glace paresseux. Le dégivrage arrière ne marche pas. Le volant est dur, les pédales récalcitrantes... Le levier de vitesse dur aussi...

La ford cabriolet d'Athéna a 20 ans. Le même âge qu'elle. Et ce n'est pas la première fois que sa voiture me fait faire un bond de plus de 20 ans en arrière... Un jour j'en suis même restée bouche bée, surprise à chaque fois par "le coup de la madeleine"...
Les objets, les sensations ont un tel pouvoir pour ramener des souvenirs totalement enfouis....

Je suis une jeune fille. J'ai une 304 cabriolet. Voiture très basse, sièges inconfortables. Démarrage difficile, starter...  Vitres embuées, essuie glace paresseux. Le dégivrage arrière ne marche pas. Le volant est dur, les pédales récalcitrantes... Le levier de vitesse dur aussi... Non pas de dégivrage arrière, ça n'existait pas sur les décapotables...

Sensation étrange... L'aiguille de la jauge d'essence dans le rouge...  Souvenir de jeunesse aussi. Le matin...

Réminiscence...  tout revient en roulant... Un matin. Je viens de quitter un homme avec qui j'ai passé des moments inoubliables.
C'est l'été. Je me lève tôt car lui il part travailler. Je rentre dans la maison de vacances.
Impression de brouillard, d'être en dehors de la vie... Comme ces réveils matinaux pour de longs voyages... Traversée du jardin où l'herbe mouillée de rosée rafraichit mes orteils dans des sandales ouvertes...

Voiture, pare brise embuée. Puis cette espèce d'angoisse, ce vide au cœur. Parce que même si les moments ont été inoubliables, même si jamais l'angoisse n'est venue les troubler, la jeune fille que j'étais savait très bien que c'était encore une histoire éphémère, une histoire de plus...
Encore un matin... Un matin pour rien...

Cette angoisse je l'appelais "l'angoisse de 6 h du mat"... Même si je ne me levais pas toujours si tôt. Mais c'était toujours le matin, ce nœud dans le ventre, ce cœur serré.

Puis tout d'un coup des années plus tard ce souvenir là revient, à cause d'un réveil matinal et de la vieille voiture de ma jeune fille aînée.

Et je me suis mise à sourire bêtement seule dans ma voiture...
L'angoisse de 6 h du mat ? Plus jamais je ne la ressentirais ! Je pourrais encore être déçue... Me dire que c'est une histoire sans lendemain. Je pourrais encore vivre un vrai chagrin d'amour...

Athéna et Artémis dorment tranquillement à la maison. Et ce soir je les retrouve. Entre temps on va sûrement s'appeler.

Alors l'angoisse de 6 h du mat ? Je l'ai oublié depuis des siècles.

Oui je sais ça parait étrange d'avoir une sensation de plénitude, de tâche accomplie, une sensation d'être à l'abri parce qu'on aime et qu'on est aimée de sa progéniture.

Ça peut paraître bizarre pour certains. Mais une vie sans enfant, je ne peux pas l'imaginer. 

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vendredi 30 mai

À fleur de peau

Il y a des personnes plus sensibles que d'autres...

Sentimentale, émotive, grande rêveuse je fais partie des hypersensibles... on pourrait dire aussi hypersusceptible, ça se rejoint tout ça...

cheminJe m'en veux mais je n'y peux rien...

Une personne que j'aime me parle mal...  Un proche peu disponible qui n'a pas le temps, répond sèchement, m'envoie balader... même si c'est provisoire (personne peu disponible ou dans un mauvais jour)
ou encore une dispute... une vraie. un malentendu
quelqu'un qui "oublie" de m'inviter pour une fête, une sortie...
Pire : l'agressivité d'un inconnu, un fonctionnaire au guichet, une voisine, l'agressivité gratuite, sans raison...

Je prends tout cela de plein fouet... Je peux être deux jours durant les larmes aux bords des yeux, perturbée, troublée, profondément chagrinée... Bien sûr ça ne dure pas deux jours si c'est le préposé au guichet, n'exagérons rien !

Je m'en veux, je me fais la leçon :
c'est bon ma vieille, c'est pas grave, c'était un mauvais jour il (ou elle) est fatiguée, a des soucis... il ou elle ne va pas arrêter de t'aimer pour autant (surtout s'il s'agit de tes filles voyons !)...

Pourtant avec l'âge j'ai appris à ne pas faire ce que je n'aime pas qu'on me fasse ! Pour commencer j'ai appris à... 
...m'excuser : désolée, j'ai eu une dure journée, je n'aurais pas du m'emporter / t'envoyer paître
...prévenir : non là je suis crevée, j'ai des soucis, j'ai pas trop envie de parler / sortir, remettons ça à un moment où je serais en forme !

Par conséquent je peux pardonner au jeune  maladroit... Mais pourquoi les adultes n'ont pas appris eux aussi  que l'autre peut être un hypersensible ?

Mais je suis quand même contente de moi. Parce que j'ai fait des progrès au fil du temps. D'abord à ne plus réagir au quart de tour par l'agressivité comme quand j'étais jeune ! Au contraire restez très calme : mais pourquoi tu me parles comme ça ? (bon j'avoue avec les filles ce n'est pas toujours facile de rester calme, mais les filles c'est TRES TRES souvent qu'elles parlent mal !

Puis ensuite s'adapter aux circonstances, s'adapter à l'autre. Le plus souvent, je m'esquive "ok je te dérange, on se voit plus tard".  Bien sûr on peut toujours jouer  les psys "un souci, on en parle" mais si la personne est énervée ce n'est pas forcément le bon moment.

Et puis je suis aussi contente de moi parce que je suis blessée moins fort qu'avant et moins longtemps...

Samedi soir très tard... 23 h et quelques, comme souvent avant de me coucher je regarde qui est connecté sur MSN... On ne sait jamais il y a peut-être quelqu'un pour échanger quelques mots...
Mais comme je l'ai ditc'est quand on voudrait bien qu'il n'y a personne etc...

Gaël est en ligne... Mais c'est rare qu'on communique via MSN, j'ai vite compris que ce n'est pas son truc qu'il se prend les pieds dans le clavier, se trompe de convers, se déconnecte au milieu d'une phrase...
Et je ne lui en veux pas c'est comme ça. Là, je dis une phrase ou deux, guillerette, une blague je crois.
La réponse : deux phrases  brèves, agacées, limite agressives. Il n'y a rien de pire que MSN  !
On ne voit pas l'autre, on ne sait pas si il est occupé ailleurs ou énervé...
Il vaut mieux ne pas répondre à mon sens ! Je termine par "désolée de t'avoir dérangé".

Et je suis blessée bien sûr... Partie dans ma paranoïa facile, ma tendance Calimero, mais qu'est ce que j'ai fait  ? Pourquoi il m'en veut ?

Mais bon j'arrive à me raisonner, à me foutre des claques virtuelles, ça va tu as passé l'âge de ces bêtises non ? Et tu le connais, ça ne lui ressemble pas...

Lundi je l'appelle. Gaël qui ne m'envoie jamais balader, Gaël qui a toujours la voix douce et tendre...
Nous parlons de choses et d'autres, nous donnons des nouvelles. Puis nous en venons, je ne sais plus pourquoi à samedi soir. Il me dit qu'il s'est fait voler sa voiture. Il me raconte, donne des détails, je pose des questions, à mon tour je parle de moi...

Plus tard j'y repense et je comprends mieux sa réaction samedi. Et je le connais assez pour savoir que quand il est énervé, il vaut mieux le laisser se calmer tout seul. Et puis j'aurais du me rappeler que les rares fois où je l'ai vu très énervé, j'ai été la seule dont il tolérait la présence... pourvu qu'elle soit silencieuse...

Bon c'est clair il va falloir soigner mon hypersensibilité !

Posté par louisianne à 11:53 - État d'âme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 15 mai

Chagrin des autres

fauteuil_louisianneJe reçois un mél ce matin : Voilà c'est fini... Au moins je suis fixée, mais quand même ça me fait ...

Mon cœur a fait un bond à la lecture de ce mél de mon Athéna.

Ce n'est pas la fin du monde. Ça faisait quoi 3 semaines, deux...

Non ce qui a été le plus dur à vivre c'est l'étendue de la lâcheté de (certain) mâles... Pas de nouvelles !
Oui il y a pire que ceux qui rompent par mél, par sms, par lettre : il y a ceux qui font le mort,  ne répondent plus au téléphone etc...
C'est vrai que ça a toujours existé (même avant les portables, les sms)
Mais c'est insupportable !
Bien sûr qu'elle le voyait venir... Plus distant, changeant...
Elle lui avait même dit que si il voulait arrêter qu'il le dise !

Puis il repart dans Grande ville du sud et là plus de nouvelles.
Le premier jour c'est un cri dans la cuisine : "Maman", elle pleure et je la console.
Pas une copine n'a répondu à son appel... Il y en avait une qu'elle a visiblement dérangé, et l'autre absente.
- je n'ai personne à qui en parler !
- si tu as ta vieille mère !
Je passe plusieurs jours à la consoler, à lui dire de patienter, de ne pas le harceler. À l'écouter me raconter des détails,  ou se faire des films...
Plusieurs jours à regarder ses yeux verts se remplir de larmes, Artémis est partie chez son père quelques jours, alors je suis en tête à tête avec ma blonde.
Elle m'appelle au bureau, m'envoie des sms : appelé, laissé message, réponds pas..
Il lui envoie tout de même un sms laconique du style : "je vais bien", histoire d'avoir la paix sans doute. Lui qui, contrairement à ses prédécesseurs, semblait préférer le téléphone aux SMS et MSN (ce qui à mon sens est plus mature) se met à communiquer par sms !

J'ai la gorge nouée. Mais au bout de plusieurs jours, j'ai envie de le pilonner moi aussi ! C'est quoi ce comportement de gamin de 14 ans ? 
Mieux vaut  encore un poltron "j'ai besoin de  prendre du recul" qu'un grand silence  !

Je déteste la lâcheté ! Je vais lui botter les fesses moi à ce type, qui m'avait pourtant fait une bonne impression !
Mais bon sang pourquoi les hommes croient toujours qu'on va sauter dans la Seine si ils ont le courage de rompre ? Ils ne parlent pas pour ne pas nous faire souffrir ! Sauf que c'est pire ! On préfère être fixée !
Et même si on sait qu'il vaut mieux éviter de harceler le mâle, ben un tel comportement donne envie de le harceler ! Alors qu'une femme normalement constituée ne va pas harceler un homme qui la quitte, ou lui envoyer des tueurs à gage. Et comme celui qui nous quitte est censé nous connaître un peu, il devrait le savoir !

Je ferais quoi moi à sa place ? Ben au bout de 3 semaines de silence, 1 mois, 10 ans, peu importe, je m'arrangerais pour lui parler, au téléphone ou en face et lui dire  : 
- Félicitation pour ton courage !

Puis enfin Athéna réussit à lui parler par mél, après une enquête minutieuse pour obtenir son adresse mél.
Et lui demande si elle lui fait peur ! Le jeune homme accepte de parler sur msn.
Elle rit presque en me le disant, je suis soulagée que le feuilleton prenne fin... 
Je lui  dis "c'est bon les poltrons osent tout sur msn !"
En fait elle sait ce qui l'attend...  Mais je vais me coucher, ça m'a épuisée tout ça !

Et ce matin je reçois ce mél.... Et c'est là en fait où je voulais en venir : le chagrin des autres...

Il m'a fait un drôle d'effet ce mél : j'ai eu l'impression que j'en avais reçu un presque semblable... Qui commençait par :  voilà c'est fini...

Et je me suis rappelée c'était le mél de Servane lorsque son mari l'a quittée ce 14 juillet là...

La gorge serrée, les émotions, les larmes, le cœur qui bat,  les coups de sang, je monte et je redescends. Quand mes filles m'annonce un nouveau copain je saute de joie pour elles, il pourrait être poilu, rasé, repris de justice, habitant de Mars, je m'en moque... Et quand ça ne va plus pour elles, je suis là aussi. 
Artémis a plus de mal à parler, mais un jour pourtant elle a fini par m'appeler en larmes pour m'expliquer pourquoi ça n'allait pas depuis 3 jours (encore un qui faisait le mort !)
J'ai suivi aussi au jour le jour les souffrances de Servane.

Et dans ces moments là je me dis que je n'ai pas besoin d'histoire d'amour, et surtout pas de chagrin...
Le chagrin des autres me suffit. J'ai le sentiment parfois que je suis à l'abri, que tout ça n'est plus pour moi, même si je sais que c'est faux.

Mais vivre le chagrin des autres, ça aide aussi à relativiser. Athéna a 20 ans, si j'avais du vivre la même chose qu'elle, je serais moins émotive qu'à 20 ans, et j'oublierai plus vite.
L'expérience ça aide : "quoi tu me fais souffrir, c'est ça que tu m'apportes, alors qu'on est ensemble depuis 3 semaines ? Ok je suis aussi bien toute seule ! Et ça ne me fait pas peur, la solitude je connais !"

Et puis je me dis aussi que si c'est mon tour un jour, pas sûr que je trouve une oreille attentive, et peut-être que je n'essaierais même pas d'en trouver une ! Je serais ma propre meilleure amie !

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vendredi 09 mai

Retour aux sources...

artemisC'était hier le 8 mai...

Un jour bizarre... Athéna est toujours dans Grande ville du Sud et reporte son retour, pour cause de jour férié... Et oui ma blonde avec qui on ne s'ennuie jamais s'est retrouvé un copain à distance...

Artémis attend le retour de sa soeur, et une copine qui vient passer le week-end... Elle est un peu nostalgique...

Une longue journée s'annonce. Il va faire chaud dans le jardin. Mais je n'ai rien de prévu, ni sortie, ni visite. De plus la brocante bloque les rues pas loin de chez moi, je n'ai pas vraiment envie de prendre la voiture.
Le matin tandis qu'Artémis est encore au lit, en bougeant la souris je vois un document word ouvert, un poème, je lis trois lignes et je comprends qu'elle parle de la maison de campagne
Je ferme vite de peur d'en lire plus, de me faire lyncher...

Je la comprends : j'y pense aussi beaucoup quand le soleil revient. Un week-end prolongé, j'y serais allée. J'entends le vent dans les feuilles, je ferme les yeux et j'y suis. J'en rêve souvent.

Artémis émerge vers midi. Nous mangeons, je finis un livre au soleil. Artémis se fait bronzer, refuse de m'accompagner faire un tour à la brocante...

Vers 20 heures je me dis que je vais prendre la voiture et y aller. Dans une heure j'y suis. J'aimais bien ces soirs où on arrivait vers 21 h, il faisait encore beau, et cette impression d'avoir changé d'univers en pleine campagne...
Puis je pense à autre chose. Et vers 20 h 30 nous mangeons dehors Artémis et moi. J'essaye de la faire parler, pas facile. Je lui dis : "tu veux qu'on aille à la campagne"
- maintenant ?
- oui....
Elle me pose des questions :
- on pourra rentrer ?
- non pas la nuit, mais si on y va dimanche, on pourra.
- tu connais le propriétaire ?
- oui bien sûr, je l'ai vu plusieurs fois et je l'ai vu chez le notaire aussi.

Je lui pose des questions à mon tour :
- ça ne te fait pas peur ? Tu ne vas pas pleurer ? Tu sais qu'il y a une maison neuve dans le champ ?
- j'en rêve toutes les nuits,  j'y serais allée de toutes façon !
- comment ? 
- en stop. Je veux être toute seule.
Je frémis à cette idée. "tu iras avec moi et tu ne seras pas seule".

Je lui demande encore si elle ne préfère pas un autre jour.
- non tu l'as dit on le fait !

Elle se prépare pendant que je débarrasse la table. Elle me dit où elle veut se garer. Je dis qu'il fera nuit c'est mieux, je n'ai pas envie de croiser mes anciens voisins qui se demanderont ce que je fais là et voudront m'offrir un café. C'est un pèlerinage pas des retrouvailles. Artémis me demande pourquoi je veux y aller.
- je veux exorciser mes démons. Je n'en rêve pas toutes les nuits mais très souvent.

Je lui demande si on n'est pas folles. Elle dit non. Au prix de l'essence, c'est sûr je suis folle. Mais Artémis n'est pas gênée d'avoir une mère folle.

Nous partons. J'ai peur de me dégonfler. Je lui dis que si je me dégonfle, je la laisserais au carrefour. Mais je ne pense pas. J'ai peur pour Artémis. Je lui dis "je ne t'en voudrais pas si tu renonces au dernier moment".

En route Athéna appelle sa soeur. Vous allez où ?
- En Normandie
J'entends Artémis, pas Athéna : "ben à ton avis il y a quoi en Normandie. Des vaches ! Oui tu as raison on va traire les vaches ! Tu es blonde ou quoi ? Tu veux que je t'achète un cerveau... Ah ! Ça y est tu trouves ! Comment ça elle existe plus ! Elle n'a pas été rasée, banane ! Oui on sait qu'elle n'est plus à nous !"

Quelques kilomètres avant je pleure... Mais ça passe. La nuit est tombée depuis peu. C'est mieux. Nous arrivons au ralenti. Nous passons devant la nouvelle maison, banale comme les autres. Puis la "notre". Je vois qu'elle n'a pas changé, qu'elle est même plus jolie qu'avant.

Je me gare un peu plus loin dans les bois. Artémis descend vite, pour être seule avant que j'arrive. Elle me dit que le voisin a un détecteur de présence, que je dois passer là pour éviter que la lumière ne se déclenche. J'avais oublié, pas Artémis qui se baladait le soir avec ses cousins.

Je prends mon temps. Il fait nuit. D'ici je ne vois pas les maisons neuves, je ne vois que la voisine de droite qui a toujours existé et la mienne. J'avance. Artémis est accroché au portail. Ça me gêne même si la maison parait vide, aucune lumière même au travers des volets. Tous les arbres sont là. Le merisier, les sapins, le cerisier. Les barrières ont été repeintes, le bas de la maison refait, elle est plus jolie. Il y a un trottoir en pavé, sur lequel est ma fille. Bonne idée, en plus c'est joli. Je prends des photos sans flash. Bien sûr le jardin est rétréci.

La maison de gauche, celle qui me faisait si peur ? Elle est banale, quelconque. Elle n'a rien à faire dans mes souvenirs, et il n'y a plus rien de reconnaissable dans le terrain sur lequel elle a été construit : plus un seul arbre. Derrière cela n'a pas changé, mais on ne peut pas le voir. Je m'attendais à tellement pire, je m'attendais à avoir tellement mal que je suis soulagée.

Je dis plusieurs fois à Artémis de s'éloigner. Si une voiture passe. Elle s'éloigne du portail et cueille des feuilles du buis, lui aussi toujours là. Je me rappelle que le propriétaire avait même gardé les meubles de ma grand mère. Puis nous partons. Artémis râle un peu parce que j'ai parlé, et je l'ai gênée.

Dans la voiture, je tourne la tête plusieurs fois vers elle. Elle ne pleure pas. Elle me dit qu'elle est contente. Moi aussi. Quelques kilomètres plus loin je ne pense même plus à ce qu'on a fait.

J'avais toujours pensé le faire. Mais pas comme ça, pas sur un coup de tête. Mais je pense que j'ai du attendre inconsciemment le temps qu'il fallait. Et j'ai fait quelque chose d'important pour Artémis...

Posté par louisianne à 12:22 - État d'âme - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 09 avril

Dualité

Il y a deux filles en moi
L'une qui chante la joie
Il y a deux filles en moi
L'autre qui pleure tout bas

L'une dit j'ai de la chance
Et pour lui j'ai tant d'amour
Que mon cœur aura confiance
attendant son retour

L'autre dit demain peut-être
Il ne me reviendra pas
La maison sera déserte
La vie s'arrêtera

Une vieille chanson de Sylvie Vartan, dont personne ne se souvient... Moi j'y pense souvent, parce que j'ai souvent l'impression qu'il y a deux filles, deux Louisianne en moi.

Louisianne qui a des regrets, qui se dit qu'elle a du passer à côté du bonheur. Louisianne qui se dit qu'elle ne trouvera jamais l'âme soeur et qu'elle n'aura jamais la maison de ses rêves. Louisianne qui se demande où sont passés ses rêves d'enfant. Louisianne ne sera jamais riche, et si elle regarde bien, se dit que tout est moyen (pour ne pas dire petit) dans sa vie. Boulot moyen, ambitions moyennes, physique moyen, talents moyens,  diplômes moyens, compte en banque moyen aussi !

Cette Louisianne là, je la rencontre dans certaines situations. Être entourée de couples dans un dîner, revoir une amie qu'on a connu très jeune et qui semble tout avoir : belle maison, beaux enfants qui réussissent, mari gentil etc...  Entendre des gens parler voyage quand mon portefeuille me cloue au sol. Rêver d'un nouvel objet inutile et inabordable et le voir chez sa soeur.

Et l'autre Louisianne qui se dit qu'elle a une chance incroyable. Des chances qu'on oublie comme vivre dans un pays où il fait bon vivre, et être en bonne santé.
Pouvoir voir le ciel bleu et entendre les oiseaux chanter.
Un ex-mari crétin sans doute, mais qui n'a pas été un salaud lors du divorce. Une maison petite, mais un grand cœur. Louisianne  a eu la chance d'avoir une enfance heureuse, et des tas de bons souvenirs. Une famille unie, même si rien n'est parfait comme dans toutes les familles. Louisianne n'a peut-être pas trouvé l'âme soeur, mais elle a vécu de belles histoires qu'elle n'échangerait pas, et pense avoir laissé de bons souvenirs à ses ex ! Elle a peut-être un boulot moyen mais n'a jamais eu de gros problèmes et a toujours été appréciée. Elle est heureuse de s'en sortir pas trop mal, même seule avec deux filles.
Et puis la chance la plus incroyable c'est d'avoir deux filles aussi formidables.  Ces sont les fous rires et le partage... 

Cette Louisianne là je la rencontre dans beaucoup de situations. 
Les autres sont en couple, mais qui est-ce qui s'amuse le plus l'été ?
Quand Camomille me dit que ses fils aînés ne lui racontent rien de leur vie... Et que je pense à mes filles.
Quand Athéna me plaque sur le canapé pour me chatouiller sous prétexte de m'arracher le journal que je lis et que je pleure de rire.
Quand Athéna et Artémis se mettent à deux pour me faire une coiffure complètement déjantée.
Quand on discute pendant une heure pour savoir ce qu'on ferait si on gagnait au loto, et même on arrive à se chamailler !

Dualité, ambivalence, il y a aussi tous ces événements qui me font dire si souvent :

- d'un côté je suis contente parce que... mais de l'autre je ne le suis pas parce que...

 

Posté par louisianne à 11:20 - État d'âme - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 21 décembre

La magie de Noël

Noël sous la neige, j'aimerais bien... Comme au Canada, je sais qu'il y a 40 cm de neige à Montréal, les écoles sont fermées.
J'imagine les enfants qui font de la luge et des bonshommes de neige, et rentrent vite se mettre au chaud...

sapin2Je ne sais pas si c'est la période de Noël qui me fait cet effet là, ou des circonstances autour de moi qui font que j'ai envie de mettre mon corps et mon corps au chaud, de retrouver des moments bénis, des moments tout simples que je ne savais peut-être pas apprécier en leur temps...

En ce moment je ne pense qu'à ça, je n'ai envie que de ça.

Être dans une maison avec ma maman et mes deux filles aux coeurs blessés

Une grande maison qui ressemblerait à la maison de campagne, même si elle est en ville peu importe ! Mais une maison assez grande pour qu'on ne se cogne pas dans le sapin à chaque instant, et qu'on ait pas besoin de tout ranger pour boire un verre ou mettre la table.

Il y a un tapis rouge à motifs sur le parquet, et le sapin perd ses épines. Pourquoi un tapis rouge ? Je n'ai  jamais aimé les tapis ! Parce que c'est chaleureux, souvenir d'enfance sans doute !

Vacances scolaires, nous ne faisons rien. De temps en temps, nous allons dehors, le sol gelé craque sous nos bottes, ou nous nous enfonçons dans la neige, nous faisons un rapide tour du jardin pour regarder les arbres gelés et dénudés, et les joues froides nous rentrons bien vite dans la maison.

Je prépare un chocolat chaud. Nous regardons des dessins animés de Noël à la télé, le Noël de Mickey ou des téléfilms où Noël est partout. Mes filles ne regardent pas vraiment, soit sur leur PC, soit à faire autre chose, mais elles sont dans la même pièce tout de même, se joignent à leur mère et grand mère pour boire un chocolat, manger des brioches et éplucher des clémentines sans jeter les écorces oranges... Mais c'est joli toutes ces couleurs, chocolat chaud, tasses blanches, clémentines...

Et puis le soir de Noël arrive. Et je prépare une belle table en écoutant un CD de chants de Noël.  Mes filles râlent un peu pour le plaisir, mais je sais qu'au fond d'elles, elles aiment les traditions. D'ailleurs c'est Athéna qui a voulu faire le réveillon du 24 à la maison cette année plutôt que d'être invitée !

Quand j'insiste pour mettre "vraiment" des chaussures sous le sapin, et qu'il y ait "vraiment" une de nous qui se dévoue pour faire le père Noël, pendant que ma maman est à la messe, elles se moquent de moi en me disant que plus personne n'y croit ! Mais je sais qu'au fond elles y tiennent quand même et n'oublieront pas d'allumer le sapin et de mettre Tino Rossi et son petit papa Noël !

Je n'ai pas de vacances à part le 24, et pas de tapis rouge... Je ne pourrais probablement pas regarder de dessins animés, ni croire que cela suffit à faire retrouver leur âme d'enfant à mes filles aux coeurs blessés... Mais je n'arrête pas d'en rêver de ce cocon !

Ma maison est petite et on se cogne dans le sapin... Malgré tout nous passerons le réveillon, Ma maman, Athéna, Martin, Artémis et moi... Et j'espère avoir au coeur la magie de Noël

Posté par louisianne à 14:56 - État d'âme - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 13 novembre

Artémis

oreille_ane_by_louisianneTu me dis que tu déprimes, que tu n'aimes pas ta vie...
Que tu n'es heureuse que quand tu sors, quand tu vas danser avec tes copines, que tu n'es heureuse que le week-end.

Tu as 17 ans, tu es la plus belle. Quand je te vois rire et te préparer le vendredi soir avec tes copines, te maquiller, essayer mille fringues. Quand je te vois danser la tecktonik, souple et féline, quelle chance tu n'as jamais eu de problèmes de poids !

J'ai du mal à y croire, et pourtant j'ai été ado aussi, je sais qu'on peut rire, s'amuser et se sentir mal à l'intérieur. Tu me dis que tu veux essayer les antidépresseurs, que les psys ne servent à rien, qu'ils n'ont pas de baguette magique.

Je te réponds que tu n'es pas dépressive, tu es anxieuse, pessimiste, avec des périodes noires et des périodes bleues. Je te connais, dès que tu es fatiguée ou malade, tu vois tout en noir. Mais tu réponds que je n'y connais rien.

Tu dis que tu es consciente de ta chance, que tu sais que tes copines n'ont pas une mère aussi cool, n'ont pas une armoire aussi pleine. Mais tu m'en veux de t'avoir inscrite dans un lycée privé, méchante mère qui veut que sa fille travaille, méchante mère qui sait très bien qu'il faut te surveiller, t'encadrer. Je ne te dis pas que si je veux que tu travailles, c'est parce que je m'inquiète pour ton avenir, mais que je n'ai jamais voulu faire de mes filles des bêtes à concours, je veux juste qu'elles soient bien dans leur peau.

Je te dis que la vie ne peut pas être une fête perpétuelle, que l'été n'aurait aucun intérêt sans l'hiver, que les vacances n'auraient plus de charme si on ne travaillait pas. Je te dis qu'il y a sûrement des choses que tu aimes dans ton quotidien, des choses plus simples, moins trépidantes que tes week-ends.

Je ne te dis pas que ta déprime me fait mal, parce que je fais tout pour tu sois heureuse. Ta déprime me fait mal parce que je me demande si j'ai fait quelque chose de travers...
Culpabilité de la mère qui élève seule ses enfants et se demande ce que peut faire le manque de père, même si leur père, elles le voient.

Parfois je me dis que j'échangerais bien tes soucis contre le miens, ta place contre la mienne ! Et pourtant moi aussi je me demande maintenant comment j'ai pu autant me torturer l'âme quand j'étais jeune pour des broutilles, alors que si j'avais connu l'avenir, j'aurais su qu'il n'était pas si mal que ça !

Je me rappelle avoir dit la même chose à mon père un jour, en vacances : je n'aime pas le jour, je n'aime que m'amuser la nuit et si il n'y avait pas ça à quoi bon vivre ?
Je lui avais fait tellement de peine, que je n'en ai jamais reparlé... J'ai grandi et trouvé d'autres plaisirs plus simples...

Je ne te dis pas que même si j'ai de bons souvenirs de ma jeunesse, elle n'a pas été si dense que la tienne, je ne suis jamais autant sortie, je n'ai pas eu autant d'amis !

Toi tu ne connais pas l'avenir, mais moi je le connais ! Tu n'as pas de problèmes pour plaire, même si tu t'inventes des complexes. Tu ne seras jamais seule car tu es généreuse, tolérante, sans une once de jalousie envers tes amis. Tu aimes ta famille, la proche (Athéna et moi) comme la plus lointaine, cousins et cousines, tu n'es pas en rébellion contre les traditions familiales comme Athéna.
Tu as du mal pour le moment à exprimer tes sentiments, tu te crois mal aimée ou pas aimée du tout, mais tu apprendras tout cela. Tu es hyper sensible donc attentive aux autres.
Tu es intéressante, car secrète, mystérieuse, tu fais partie de ces gens qui ne dévoilent pas tout au premier instant, mais qui donnent envie de les connaître mieux. La plupart des gens ne voient rien, mais ceux qui t'aiment, t'aiment pour la vie.
Tu es attachante et tu ne le sais pas. Et tu auras une belle vie, car tu as du coeur.

Posté par louisianne à 10:56 - État d'âme - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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